Darbourg (orthographié parfois Darbour), François
Biographie
Né le 12 février 1808 à Rancourt (Ardennes). Ouvrier éperonnier ou polisseur d’acier ou bijoutier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il était le neveu de Darbourg, François, tué pendant la prise du Louvre. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Darbour), auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1840, sans travail depuis plusieurs mois, il sollicita pour la première fois des secours afin d’élever et de soutenir ses trois enfants. A cette occasion, les renseignements de police établirent sur lui qu’il était marié, qu’il avait deux enfants et que « sa conduite est régulière et il jouit d’une bonne réputation. Par suite du peu d’activités des travaux de sa profession, il se trouve dans une position peu heureuse ». Il reçut un secours de quarante francs en 1841. Il participa à la révolution de Février, puis resta alité par suite des fatigues que lui avaient occasionnées les événements. Il mourut le 1er septembre 1848. Sa veuve, Chandez, Antoinette, couturière, née vers 1808 à Landez (Puy-de-Dôme), qu’il avait épousée le 10 mai 1836 à Paris, restait avec trois enfants à élever (seuls restés vivants sur les huit qu’elle eut). Elle reçut un secours de quarante francs en 1849, de la même somme en 1850, et de cinquante francs en 1851, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. Les renseignements de police rapportaient à son sujet en 1853 : « Elle parvient difficilement à suffire par son travail à ses besoins et à ceux de ses enfants. La veuve Darbourg est une femme laborieuse, honnête et qui mérite à tous égard l’intérêt du gouvernement. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1854, puis de quarante francs chaque année entre 1855 et 1870. En 1856, les mêmes sources ajoutaient : « Il lui reste deux filles âgées de treize et huit ans. Elles ne sont pas avec leur mère. La plus jeune est chez la belle-sœur de la mère, qui paie sa nourriture, l’autre est chez sa nourrice. Pour ces deux enfants, la mère paie vingt-cinq francs par mois. Mme Darbour est une ancienne couturière. Elle a cessé de travailler parce que sa vue s’est beaucoup affaiblie. Aujourd’hui elle vend des articles de quincaillerie pour selliers. Ces articles lui sont confiés par des quincailliers. Elle retire un petit bénéfice de douze francs environ par semaine. […] Les renseignements obtenus sur son compte sont en sa faveur mais les charges que lui occasionnent ses deux enfants la mettent dans une position nécessiteuse. » En 1864, la même administration ajoutait : « […] Gagne un franc cinquante centimes par jour quand elle a de l’ouvrage, mais il lui arrive assez souvent d’être inoccupée ; d’un autre côté, une maladie des organes de la vue la condamne parfois à l’inaction. Sa position est donc des plus nécessiteuses et l’on a appris qu’elle avait dû engager dernièrement au mont-de-piété une partie de ses effets de corps. Sa conduite et sa moralité n’ont donné lieu jusqu’à présent à aucune remarque défavorable. » Darbourg demeurait 72, rue Saint-Louis au Marais en 1830-1831 ; 347, rue Saint-Denis en 1840 ; sa veuve demeurait 5, rue Saint-Sauveur (maison des sœurs) en 1849, mais y était dite inconnue à cette adresse ; 12, passage Basfour ou 11, rue Saint-Sauveur en 1849 ; 307, rue Saint-Denis en 1850-1851 ; 5 rue du Hanovre, une mansarde au loyer annuel de soixante-dix francs par an, de 1857 environ à 1868, puis cette maison démolie, 64, rue Sainte-Anne en 1868-1870. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Dabourg, François) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 80, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109 (sous le nom de veuve Darbour), idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de veuve Darbour, François), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de veuve Darbour, François).