Daubigny, Pierre, Jean
Biographie
Né vers 1785 à Meulan (Seine-et-Oise). Ancien sergent-major des grenadiers de la Vieille Garde, de 1806 à 1827, ayant obtenu la Légion d’honneur en 1815 (mais l’a-t-il reçue ? il n’est pas dans la base leonore de la Légion d’honneurs), sans retraite, employé depuis dans la partie administrative mais n’ayant jamais eu d’emploi fixe. Il s’illustra dans la rue du Coq et au Louvre. Ses faits et actions honorables furent ainsi consignés par la mairie de l’ancien IVe arrondissement : « M. Daubigny a pris une part active aux combats des 27, 28 et 29 juillet et notamment dans cette dernière journée, à la prise du Louvre par la rue du Coq. » Il ne fut pas blessé. La demande qu’il fit devant la Commission des récompenses nationales fut oubliée ou perdue. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet et une place. Il expliquait, dans une lettre en date du 16 août 1831, qu’il était « dans la plus profonde misère », expliquait que la nécessité l’avait contraint à faire un emprunt sur une petite propriété qu’il avait héritée de son père et dont sa mère, octogénaire, était usufruitière, qu’il était sans emploi fixe, « me démunissant chaque jour de mes vêtements ou effets les plus indispensables, pour subvenir au premier besoin ». Il précisait ainsi sa position : « Depuis les affaires de juillet 1830, j’ai fait maintes demandes pour obtenir du service, et parce que j’ai quarante ans passés on les a rejetées. On me proposa d’entrer aux Vétérans de l’armée. M. le capitaine n’avait point de place vacante et voulait me recevoir comme simple vétéran. N’ayant pas démérité, ayant passé par tous les grades jusqu’à celui d’adjudant dans différents régiments où j’eus l’honneur de servir, sous-lieutenant dans les Cent-Jours, j’ai cru qu’il serait humiliant pour moi d’accepter cette offre. » Il fournit la copie du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants et marchands patentés de la rue du Coq, certifions que le sieur Daubigny, Pierre, Jean, ex-sergent-major de la vielle armée, demeurant même rue n° 11, s’est comporté d’une manière très honorable dans les journées des 27, 28 et 29 juillet et s’est mêlé parmi les braves qui ont chassé les troupes du Louvre. Certifions en outre qu’il y est entré le premier, par la rue du Coq, après en avoir fait sauter la serrure de la grille, et a aidé à faire les barricades qui ont été faites le 29 à 10 heures du soir, aussi rue du Coq, et s’est joint à la troupe qui a marché sur Rambouillet. Le zèle et le dévouement qu’il a montrés pour la patrie dans ces journées de désastre nous ont déterminé à lui offrir le présent certificat afin de lui valoir et lui servir où besoin sera. » Signé, le 2 août 1830 : Doublet de Persan, libraire ; Houdaille, libraire ; Ducret, propriétaire ; Harries, A., opticien ; Parly, Pierre (voir ce nom) ; Goudret fils, marchand pâtissier ; (les originaux de ce certificat étaient revêtus des signatures de Lameth et Jouvenal, députés). Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement, lui délivra le mot de recommandation suivant : « M. Daubigny, Pierre, Jean, demeurant rue du Coq n° 11, est porteur des certificats les plus honorables, qui attestent qu’il a fait sauter la serrure de la grille du Louvre du côté de la rue du Coq. S’il n’a pas été blessé, ce n’est pas faute de s’être exposé car son chapeau a été percé de plusieurs balles et enfin emporté par un biscayen. M. Daubigny a donc tous les droits aux récompenses réservées aux braves de Juillet. Il doit être rangé en première ligne parmi ceux qui ont bien mérité de la patrie et la Commission des récompenses nationales satisfera sans doute à la demande qu’il a faite d’un emploi ou d’un grade dans un régiment. » Signé, le 22 novembre 1830 : Viguier, Auguste. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Certificat légalisé signé de six habitants patentés de la rue du Coq, attestant qu’il s’est comporté d’une manière très honorable dans les trois journées et qu’il était un de ceux qui ont chassé les troupes du Louvre, qu’il a fait sauter la serrure de la grille pendant le plus fort de l’action et que s’il n’a pas été blessé ce n’est pas faute de s’y être exposé car son chapeau a été percé de plusieurs balles. M. Auguste Viguier, adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement, certifie ces faits et le recommande à la Commission pour être porté en première ligne pour la décoration. Son certificat est daté du 22 novembre. » Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Aucune trace. » Il avait apostillé, 27 novembre 1830, la lettre suivante envoyée par Parly, Pierre à la Commission des récompenses nationales : « Je soussigné Pierre Parly, sous-lieutenant dans la 1re compagnie 3e bataillon IVe légion, demeurant rue du Coq-Saint-Honoré n° 11. Sur l’invitation qui m’a été faite par le capitaine Fossard de relater les services que j’ai pu rendre dans les trois journées de Juillet, déclare qu’après avoir participé à la construction des barricades, savoir de celle établie rue Saint-Honoré en face la rue Croix-des-Petits-Champs et de celles rue du Coq-Saint-Honoré pour lesquelles j’ai fourni plusieurs tonneaux, je me suis empressé, ainsi qu’une de mes parentes, à porter tous les secours qui étaient en notre pouvoir tant aux blessés qu’aux combattants. Je signalerai entre autres le nommé Pierre Bachelet, lequel frappé d’une balle à l’épaule droite fut recueilli par moi et porté dans mon domicile, où je lui ai prodigué pendant dix jours chez moi tous les soins que sa position réclamait. J’ajouterais qu’après la prise du Louvre, étant venu à ma connaissance qu’un grand nombre de combattants s’y trouvaient dans la cour, accablés de fatigue et de besoin, je leur ai sur-le-champ, fait distribuer du pain et du vin à plusieurs reprises. » Il demeurait 11, rue du Coq-Saint-Honoré en 1830-1831. Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Parly, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 382 (il signe d’Aubigny).