Daubin, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 30 janvier 1788 à Carrière-Saint-Denis (Seine-et-Oise). Marbrier. Le Constitutionnel du 12 août 1830 retraçait ainsi sa participation aux combats de Juillet : « M. Daubin, marbrier, rue de Varennes, […] le 28, repoussa un peloton de la garde royale et tua de sa main un voltigeur, et, le 29, après avoir préservé le ministère de l’Intérieur du pillage, se fit rendre les armes qui s’y trouvaient, les distribua aux citoyens et marcha avec eux à la caserne de Babylone. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il apostilla un certificat médical, délivré le 17 août 1830 par le docteur Masson, demeurant 27, rue de Bourgogne, en faveur de Lefort, Jean-François, pour constater les blessures que ce dernier avait reçues aux deux pieds par une même balle, le 29 juillet à la prise de la caserne des Suisses, rue de Babylone, ajoutant « Certifié véritable comme présent à l’action et qu’il battait la charge près de moi ». Il comparut, le 30 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester savoir que la blessure reçue par Poinsard, Charles au pied droit provenait « d’un coup de feu dont il a été atteint à l’affaire de la caserne Babylone, le 29 juillet 1830 ». Il signa, le 1er août 1830 et comme « sergent à la 1re compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale », le certificat suivant en faveur de Monin, Alexandre : « Nous, soussignés, certifions que M. Monin, toiseur-vérificateur, rue Malar n° 6 (Gros Caillou), s’est montré partout où il y avait du danger dans les journées des 28 et 29 juillet 1830, notamment à la prise de la caserne de Babylone, où il est entré un des premiers après être resté constamment depuis le commencement de l’affaire jusqu’à la fin près de la pièce de canon à l’entrée de la rue Traverse à découvert et faisant feu sur les Suisses. » Il signa, le 10 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Servot, Edme, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Servot, sapeur-pompier, demeurant rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, s’est conduit d’une manière distinguée à la prise de la caserne de Babylone. Il a aidé à servir la pièce de canon qui était commandée par M. Joubert (voir Jaubert, Pierre, Maurice, Ferdinand), élève de l’Ecole polytechnique. M. Servot a failli être tué, il a reçu une balle à son casque, il mérite une récompense nationale. » Il apostilla la lettre adressée, le 23 novembre 1830, par Spiquel, au préfet de police, pour obtenir un emploi dans les éclairages en récompense de sa conduite en juillet. Une dépêche rapportait à son sujet qu’il demandait « en récompense de sa belle conduite et de ses services en juillet, que le ministre lui fasse donner un emploi de sa profession. ». Sa médaille lui fut délivrée le 22 juin 1831 et son brevet le 17 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. En 1832, il était sergent des voltigeurs de la Xe légion de la garde nationale. Il demeurait 36, rue de Varennes (35, rue de Varennes sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien 36, rue de Varennes in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/82) en 1830-1836. Le Constitutionnel, 12 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Lefort, Jean-François ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poinsard, Charles ; Archives nationales F/1dIII/82 lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Monin, Alexandre ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossiers Servot, Edme et Spiquel.