David, Louis, Michel

Biographie


Militaire durant six années, de 1822 à 1828, établi journalier. Il combattit, le 28 juillet, sur les barricades de la rue Saint-Denis, au coin de la rue des Lombards, où il fut atteint d’une balle en plein cœur « en plaçant un drapeau tricolore sur lesdites barricades où il avait combattu pendant trois heures ». Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Le 29 mars 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Henon, Victor, demeurant 2, rue de l’Aiguillerie ; Poncet, Adolphe, Candelat, demeurant 2, rue de l’Aiguillerie ; Loirpiot, demeurant 6, rue de l’Aiguillerie ; Jouanne, demeurant 5, rue de l’Aiguillerie ; Charpentier, demeurant 73, rue Saint-Denis. Ils firent la déposition suivante : « Nous, soussignés, constatons avoir relevé le nommé David, rue du Bac n° 38, après avoir été atteint d’une balle au cœur tirée par l’ex-garde royale du marché des Innocents, le 28 juillet 1830 sur les 3 à 4 heures, et nous l’avons déposé devant l’auberge rue de l’Aguillerie n° 3, et le lendemain 29 l’avons conduit à la halle aux draps, sur un brancard de maçon, qui servait de barricade rue Saint-Denis au coin de la rue des Lombards, où il a reçu le coup mortel en plaçant un drapeau tricolore sur lesdites barricades où il avait combattu pendant trois heures. » Il laissait une concubine, Robiquet, Marguerite, dont les droits ne purent être reconnus, cette dernière n’ayant pas fourni les pièces. Les renseignements de police précisaient au sujet de cette dernière : « La femme Robiquet a quitté le petit logement qu’elle occupait, rue de la Grande-Friperie n° 7, on ne sait où elle demeure depuis mais elle fait adresser ses lettres chez le sieur Verriès, serrurier même rue, n° 11, où elle va les retirer. Les renseignements recueillis sont favorables à sa conduite à sa moralité et pendant sa longue présence, n° 7, rue de la Grande-Friperie on assure n’avoir eu qu’à se louer d’elle sous tous les rapports. Il y avait bien en effet quatorze ans qu’elle vivait maritalement avec David. Les moyens d’existence de cette femme consistent à vendre des légumes ou fruits sur la voie publique. » David avait eu deux enfants, morts sitôt après la naissance, avec Robiquet. Sa mère, Leroux, Marie, Clotilde, Julie, née le 29 avril 1766 (bien le 29 avril 1766 dans son acte de naissance ; parfois mais par erreur le 30 avril 1766) à Rouen (Seine-Maritime) (elle-même fille de Leroux, Guillaume, Michel, compagnon cordonnier, et de Pain, Marie, Madeleine, son épouse), tondeuse de chiens, demeurant 38, rue du Bac, et dont la conduite était « paisible et régulière », fut pensionnée de trois cents francs. Il lui fut accordée (sous le nom de veuve David, née Marie, Clotilde Leroux) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. David demeurait 7, rue de la Grande-Friperie ; sa concubine, à la même adresse en 1831 ; sa mère, 38, rue du Bac en 1831. Le nom de David (L.-M. David) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Le Constitutionnel, 7 août 1830 (où par erreur il est présenté comme soldat de la ligne) ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 201 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 336 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi dun chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 201-202 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 88 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de deux demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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