David, Pierre dit Alexandre
Biographie
Né le 30 mars 1807 à Montfort-l’Amaury (Seine-et-Oise). Charretier. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « S’est fait remarquer par son courage au pont d’Arcole et à la Grève. Marchait au premier rang à l’attaque de la caserne de Babylone, fut à Rambouillet. David est cité parmi les combattants comme l’un des braves les plus courageux. Soutien d’un père âgé et infirme, n’a fait aucune demande pécuniaire, préférant une récompense honorifique. » Il reçut un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 14 décembre 1830, à six voix pour la croix, zéro voix pour la médaille et zéro voix pour une mention. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, attendu sa « position désespérée », père d’un enfant de deux ans, il sollicita un secours. En 1836, les renseignements de police précisaient à son sujet : « Rarement occupé et sa position n’est pas heureuse. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1837 : « Il n’y a rien de mal à dire sur sa moralité et ses opinions politiques. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837. En 1839, ouvrier sur les ports aux vins, il était père de trois enfants et sa femme, brodeuse, était enceinte. Il reçut un secours de trente francs en 1840. En 1841, les renseignements recueillis sur lui notaient : « David se trouve dans une position nécessiteuse. Cela tient à sa mauvaise conduite à son défaut d’ordre. Toujours en orgie, le produit de son travail est souvent mangé d’avance. Sa femme ne vaut pas mieux que lui. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1846, il avait six enfants au-dessous de douze ans et « la cherté du pain et des autres denrées, le manque de travaux et les maladies successives qu’éprouve sa famille le réduisent à l’impossibilité de vivre et de soutenir sa famille, livrée à toutes les privations de la plus désolante indigence ». Il reçut un secours de quarante francs en 1846, de vingt-cinq francs en 1847, de quarante francs en 1848. En 1851, il était « représenté comme un honnête homme » et reçut deux secours de soixante-quinze francs. En 1852 : « Ce ménage […] pourrait fort bien subvenir à ses besoins si le sieur David n’était quelque peu enclin à l’ivrognerie. Du reste, on le représente comme un assez brave homme, complétement inoffensif en politique. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1852 et en 1853, de soixante francs en 1854. En 1855, David précisait dans ses sollicitations : « Depuis 1830, je n’ai pris aucune part ni directe ni indirecte dans les événements qui se sont succédé ni fut appelé dans aucune administration judiciairement. Ma moralité est irréprochable dans toutes les époques de ma vie. » Il reçut un secours de quarante francs en 1855. En 1856, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier sur le port aux vins, il gagne deux francs cinquante par jour lorsqu’il travaille, mais son ouvrage n’est pas régulier. Ses journées, l’une dans l’autre, lui reviennent à un franc cinquante. Il a une hernie qui le gêne beaucoup pour travailler. Il est père de six enfants, dont deux sont mariés et les quatre autres à sa charge. Il a cent trente francs de loyer et doit un terme à son propriétaire. Sa femme ne gagne rien, les soins de son ménage […] l’empêchent de faire autre chose. Les renseignements obtenus sur la conduite de David sont en sa faveur. » Il reçut un secours de quarante francs en 1856. En 1857, il paraissait « dévoué au gouvernement de Sa Majesté » et reçut un secours de quarante francs. En 1859, la même administration renseignait : « Il a six enfants, dont deux sont mariés et les autres gagnent leur vie, excepté le plus jeune qui est encore en apprentissage. Le sieur David dit que des voleurs se sont introduits chez lui, il y a deux ans, en se servant d’une fausse clé, auraient pris une partie de leur linge et le peu d’argent qu’il possédait. On donne le sieur David comme travailleur et honnête homme et n’étant pas ivrogne. On dit qu’il a eu bien du mal à élever ses enfants et actuellement, quoiqu’étant moins gêné, il n’est cependant pas très heureux. Leur intérieur n’annonce pas l’aisance, la perte qu’il a éprouvée par les voleurs se fait encore sentir dans son intérieur. » Il reçut un secours de trente francs en 1859, de la même somme chaque année entre 1862 et 1868. Il mourut le 3 janvier 1869 ; sa veuve toucha, cette année-là, un secours de trente francs. Il demeurait 33, rue Saint-Victor en 1831-1836 (31, rue Saint-Victor en 1830 in Archives nationales F/1dIII/37 ; 5, rue de Seine-Saint-Victor en 1831 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3, deux fois in Archives de Paris VK3 33 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris, VD6 672 n° 1 et n Archives de Paris VK3 34) ; 1, rue de la Parcheminerie en 1837 ; 24, rue des Boulangers-Saint-Victor en 1839-1841 ; 12, rue Saint-Victor en 1846 ; 118, rue Saint-Victor en 1850-1851 ; 42, place Maubert, un petit logement au loyer annuel de quatre-vingt-dix francs, en 1851-1853 (mais 44, place Maubert in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 202-204 ; mais bien 42, place Maubert in AA 369, minutes 254-256) ; 44 même place en 1856-1859 ; 5 bis, rue des Lyonnais de 1861 à 1864 ; 41, rue de Lourcine de 1865 à 1868. Ce n’est sans doute pas le même que celui de Maitron. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 14 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date de 1851, d’accorder à des décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 11.390 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852.