Decabanne, Michel
Biographie
Né vers 1813 au Luxembourg. Serrurier. Il s’illustra à la Grève, aux Tuileries et passa la nuit au pont de Grenelle. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il était porteur de deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé (sic) : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Decabanne, Michel, serrurier, demeurant rue Royale n° 10 au Marais et, dans les mémorables journées de juillet 1830 demeurant rue Saint-Antoine n° 35, ayant, le 28 juillet à la caserne de l’Ave Maria pour avoir des armes qui étaient fusil, sabre et giberne dont la porte fermée les soldats lui ont donné par-dessous la porte, ce que le nommé Michel lui a demandé. La même journée, ayant été à la place de l’Hôtel de ville et y ayant passé tout le jour et toute la nuit sur la place et combattu contre la garde royale. Le lendemain 29, ayant été au château des Tuileries et sur les 2 heures de la même journée ayant été appelé par deux de l’Ecole polytechnique pour marcher à Grenelle sur le pont où ayant passé toute la nuit. Et le samedi à Saint-Cloud, où nous avons cloué deux pièces de canon sur le pont entre Boulogne et Saint-Cloud, étant toujours avec ces messieurs de l’Ecole polytechnique dont ne sachant point leurs noms. Après le départ de Saint-Cloud ayant poursuivi les lanciers jusqu’à la grille de l’octroi de Versailles, qui est sur l’avenue de Paris. Dont ayant entré chez le concierge de ladite grille, étant deux camarades, ayant trouvé une cassette dont était renfermé deux bouteilles de vin rouge et deux pistolets que nous avons pris après avoir cassé la cassette et ayant après blessé deux lanciers sur la grande route. » Signé le 14 septembre 1831 : Janvier, Gabriel (voir Masson, Janvier, Gabriel), qui, ne sachant écrire, fit une croix ; Lassueur, demeurant dans le quartier de l’Hôtel de ville ; Grédard, demeurant dans le quartier de l’Arsenal ; Baluay, demeurant dans le quartier Saint-Jean. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que Decabanne, Michel, demeurant rue Saint-Antoine n° 35, a fait partie du bataillon que je commandais, le 29 juillet sur la place de Grève et qu’il s’y est conduit en brave soldat. » Signé, le 31 août 1830 : Fourchault, Charles, capitaine, demeurant 4, rue Montmartre ; Vié, lieutenant, commandant un peloton, demeurant 3, rue des Quinze-Vingts ; Baluay, demeurant 35, rue Saint-Antoine. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il demeurait 35, rue Saint-Antoine en juillet 1830 ; 10, rue Royale en 1831. Archives de la préfecture de police AA 383.