Decaignon, Erasme
Biographie
Né le 26 novembre 1794 à La Ferté-Macé (Orne). Docteur en médecine, reçu à la faculté en 1819, pour une thèse sur l’empyème. Il s’illustra sur le pont des Arts et rue du Cherche-Midi au désarmement du poste de la Manutention. Il ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le sieur De Caignon, Erasme, docteur en médecine, demeurant rue du Four-Saint-Germain n° 79, s’est conduit en brave et bon citoyen les 27, 28 et 29 juillet dernier (1830). Le 27, ne pouvant avoir de fusil, a offert au nommé Chinardet (décoré) de lui en vendre un à quelque prix que ce soit, ce qu’il a refusé. Le 28 juillet, il s’est rendu au poste de la Manutention pour désarmer le poste, où il faillit être tué. Il a formé les barricades avec plusieurs de nous dans les environs du quartier avec un zèle et une activité admirable et digne du plus grand éloge. Le 29, il s’est rendu, armé, au pont des Arts. Voyant que sa présence était plus nécessaire pour soigner les blessés qui étaient dans une cruelle position et dans un danger imminent, au péril de sa vie, il les a transportés à la Charité. Et chaque fois qu’il en venait chercher il était exposé de nouveau à se faire tuer par les Suisses qui faisaient un feu nourri de ce côté-là. Nous ne pourrons pas assez parler de l’éloge que mérite M. le docteur De Caignon pour la conduite courageuse qu’il a tenue, au péril de sa vie. C’est aussi sous ces rapports que ses concitoyens l’ont nommé capitaine de la garde nationale, pour lui témoigner leur reconnaissance. » Signé, le 25 juin 1831 : Têtefort (voir Têtefort, Amable), boulanger, demeurant 80, rue du Four-Saint-Germain ; Lebas, boucher ; Camus ; Vogel, E. (voir ce nom), marchand de quignons, demeurant 78, rue du Four-Saint-Germain. Suivait l’apostille suivante : « Je, soussigné, déclare avoir connaissance des faits susmentionnés et que dans toutes les circonstances difficiles j’ai toujours vu M. Decaignon, Erasme (sic) se comporter en vrai patriote et que c’est avec le plus grand plaisir que ses concitoyens le verront porter la décoration des combattants de Juillet, qu’il a si bien méritée et qu’il saura toujours faire respecter. » Signé, le 24 septembre 1831 : Courcier, A. (voir Courcier, Amédée, Toussaint), décoré de la médaille de Juillet. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné Billette, Jean-Baptiste (voir ce nom), décoré de Juillet, capitaine de voltigeurs XIe légion de la garde nationale de Paris, demeurant rue du Four n° 64, certifie avoir vu, le 29 juillet 1830, M. Erasme De Caignon, docteur en médecine, demeurant à Paris, rue du Four-Saint-Germain n° 79, donner des secours aux blessés sur le pont des Arts et les transporter à l’hospice de la Charité. Je certifie en outre que son zèle, son exactitude et son patriotisme ont toujours été les mêmes partout où j’ai eu occasion de me trouver avec lui. » Signé, le 27 septembre 1831 : Billette, Jean-Baptiste. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Buquet (prénom illisible J ?), demeurant à Paris, rue du Four-Saint-Germain n° 51, certifie avoir vu dans les trois jours de juillet 1830, M. Decaignon, Erasme (sic), demeurant même rue n° 79, se porter sur la Manutention, rue du Cherche-Midi, pour désarmer le poste, et au pont des Arts, pour soigner et transporter des blessés à la Charité et que, dans ce dernier endroit, il était exposé au feu des Suisses. » Signé, le 24 septembre 1831 : Buquet père ; Buquet fils. Il demeurait 79, rue du Four-Saint-Germain en 1831. Archives de la préfecture de police AA 383.