Deconinck, Isabelle, Caroline, épouse Gœusse

Biographie


Née le 28 février 1777 à Rexpœde, fille de Deconinck, François, Louis, Cornil et de Devos, Marie, Françoise, son épouse. Bonnetière. Juste arrivée à Paris le 28 juillet, elle se rendait depuis la rue des Marais jusqu’à son domicile du boulevard Saint-Martin, en compagnie de sa fille Amélie, lorsque, en traversant le boulevard, en face du château d’eau, elle fut prise dans les combats entre la troupe et des combattants et reçut un coup de feu dans la poitrine, qui la tua aussitôt. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Youf, Sébastien, marchand de meubles, demeurant 43, bd Saint-Martin ; Kesse, Louis, Joseph, épicier, demeurant 46, rue Meslay ; Blanquet, marchand fruitier, demeurant 46, rue Meslay. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Deconinck, Isabelle, Caroline, épouse Gœusse « ce dernier absent de Paris depuis plusieurs années sans avoir donné aucune nouvelle de son existence ; qu’il est à leur connaissance que ladite dame Gœusse a été le 28 juillet dernier frappée d’une balle qui l’a tuée en traversant le boulevard Saint-Martin en face du château d’eau. Ladite dame Gœusse laisse trois (sic) enfants dont un en bas âge ». Elle avait épousé Kesteloot, François, Louis, Jacques, cordonnier, militaire au 67e régiment à Mayence, mort à l’hôpital de Mayence selon le jugement du tribunal civil de Dunkerque, en date du 13 novembre 1815. Elle avait ensuite, le 9 juillet 1817, à Bergues (Nord) épousé Gœusse, Louis, Placide, commissionnaire dans cette ville mais, en 1830, ce dernier était « absent depuis plusieurs années, sans avoir donné aucune nouvelle de son existence » ; dans le dossier in Archives de Paris VD6 352 n° 1, il est dit « fusilier dans une des compagnies sédentaires de Lille (Nord), […] mort d’un coup de sang, étant en faction en 1832 ». Sur le dernier acte de mariage, Gœusse, Louis, Placide est indiqué comme né le 4 octobre 1785 à Bergues, fils de Gœusse, Antoine, Joseph, maçon, et de Verlomme, Anne, Marie, comme étant commissionnaire journalier, et comme étant veuf de Lanset, Marie, Anne, Geneviève, décédée le 16 août 1816 ; Deconinck, Isabelle, Caroline est indiquée comme étant veuve de Kesteloot, François, Louis, Jacques, décédé militaire à Mayence, comme étant bonnetière. Elle laissait deux filles, Kesteloot, Emilie ou Marie, Amédée, Constance, née vers 1811, ouvrière en couture, trop âgée pour être pensionnée, et Gœusse, Marie, Thérèse, Sophie, née le 14 octobre 1818 à Bergues. Le 15 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Salle, Jean-Baptiste, perruquier, demeurant 50, rue Meslay ; Blanquet, Jacques, Nicolas, marchand fruitier, demeurant 46, rue Meslay. Ils attestèrent que Kesteloot, Emilie « ouvrière en couture, dont la mère a été tuée dans les journées de Juillet, n’a aucune fortune particulière et qu’elle ne subsiste que du faible produit de son travail ». Kesteloot, Emilie ou Marie, Amédée, Constance devint le soutien de sa jeune sœur. Elle reçut un secours de cent francs en août, un secours de soixante francs (sous le nom de Caistelot) en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle reçut un secours de cinquante francs, le 10 septembre 1830, un secours de cinquante francs, le 8 novembre 1830, un secours (sous le nom de Kesteloot) de vingt-cinq francs, le 27 décembre 1830, un secours (sous le nom de Kesteloot) de cinquante francs, le 10 janvier 1831, un secours (sous le nom de Kesteloot) de quarante francs, le 14 février 1831, un secours (sous le nom de Kesteloot) de trente francs, le 28 février 1831, un secours (sous le nom de Kesteloot) de quarante francs, le 28 mars 1831, un secours (sous le nom de Kesteloot) de trente francs, le 25 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs (Pour l’orpheline Gausse, Marie, Thérèse à Bergue, Nord, est-il annoté en face de son nom), le 22 juillet 1831, un secours de cent francs, le 6 septembre 1831 (pour l’orpheline Goesse ; Remis à M. Kesteloot, rue Meslay, n° 48, son tuteur provisoire, pour acompte sur les deux cent cinquante francs auxquels l’enfant a droit étant à la charge de l’Etat, est-il précisé en face de son nom), un secours de cent vingt-cinq francs (comme tutrice de sa jeune sœur), le 15 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (et pourtant un total de deux cent soixante-cinq francs du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 in Archives nationales F/1dIII/35 B, avec l’annotation suivante : Cette somme n’a-t-elle pas été payée par acompte sur la pension de l’orpheline Goeusse, seule ayant droit ? et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.). Le conseil de famille de l’orpheline était composé de Keteloot, Adolphe, Auguste, demeurant 48, rue Meslay, et de Verhiepe, Jean-Jacques, Joseph (voir ce nom), graveur, subrogé-tuteur, demeurant 53, rue de la Roquette en 1831. En 1835, quand, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, la Ville de Paris voulut doter et marier seize jeunes filles, choisies parmi les familles les plus méritantes (douze pour la Ville de Paris et quatre pour les arrondissements ruraux), Marie, Amélie, fut l’une des candidates ; elle devait épouser Verhiepe, Jean-Jacques, Joseph (le subrogé-tuteur de sa sœur), lui-même blessé le 29 juillet dans la construction d’une barricade, rue Saint-Honoré. Sa candidature était appuyée par son oncle, Léger, Jean-Louis, officier en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre du Mérite militaire d’Espagne, caporal à la 1re compagnie du 2e bataillon de la IXe légion de la garde nationale, demeurant 137, rue Saint-Antoine, qui se flattait d’avoir reçu plusieurs blessures « l’année dernière au mois d’avril en marchant contre les anarchistes [en avril 1834, lors du soulèvement en faveur des insurgés de Lyon, N.D.A.] ». Il plaidait, dans ces termes, la candidature de sa nièce : « Déjà trois fois ma malheureuse nièce s’est présentée pour être dotée, sans avoir pu être comprise. Elle n’a pour toute recommandation et pour toute protection que son Veil oncle [par alliance, N.D.A.] et une conduite exempte du plus léger reproche. Elle possède par toutes ces bonnes qualités l’estime des honnêtes gens. Le jeune homme qui la recherche depuis trois ans est un très bon sujet, très bien établi, graveur sur bois de son état ; il occupe dans son atelier douze à quinze ouvriers. Il est porteur de certificats des premiers fabricants de papiers peints et d’indiennes de Paris, il a été lui-même blessé en juillet 1830 mais sa positon aisée en travaillant l’a mis hors de besoin ; il a laissé l’indemnité qu’il pouvait espérer à ceux qui en avait besoin. Mlle Kesteloot, depuis qu’elle a perdu sa mère, a eu l’index de la main droite écrasé, ce qui l’a empêché de se livrer à son état de couturière. Son âge fera que l’on prendra en considération ma demande car déjà elle a atteint sa vingt-cinquième année. » La candidature ne fut cependant retenue, sans doute à cause des renseignements controversés obtenus par la mairie sur Marie, Amélie : « Les renseignements recueillis sur la demoiselle Kesteloot, rue Bichat 17 bis et rue Notre-Dame-de-Nazareth n° 10, la représentent comme étant d’une bonne moralité. Dans cette dernière rue, elle avait prévenu qu’on viendrait prendre des informations sur son compte. Il paraît certain, néanmoins, que cette demoiselle qui habitait en premier lieu la rue Saint-Louis au Marais, y a eu des relations d’intimité assez publiques avec un nommé Benjamin, ouvrier ébéniste en pianos, des œuvres duquel elle est accouchée d’un enfant mâle, rue Meslay n° 48, quelques mois avant la révolution [le 8 novembre 1829, acte de naissance de Benjamin, déclaré par Foupault, Victoire, Eugénie, femme Gueron, sage-femme, demeurant 1, rue Saint-Claude ; témoins Blanquet, fruitier, demeurant 46, rue Meslay, et Perrotin, concierge, demeurant 48, rue Meslay, N.D.A.]. Sa mère, guidée par le portier de cette maison, a porté cet enfant à l’hospice de la Bourbe. Très peu de temps après la mort de sa mère, la demoiselle Kesteloot recevait d’une manière trop ostensible deux militaires, qu’elle faisait passer pour ses cousins. Elle avait aussi des intimités avec un graveur sur bois pour les planches des teinturiers. On prétend qu’en quittant la rue Meslay, elle est allée vivre maritalement avec lui rue de la Roquette. Elle en a eu deux enfants, dont un est mort. Elle portait, dit-on, le nom de ce graveur. » Ces renseignements furent, en tout cas, la cause de la lettre suivante, adressée au maire du (ancien) VIe arrondissement par Verhiepe, le 29 juin 1835 : « Monsieur le maire, J’ai appris par M. Léger les renseignements que vous avez eus sur le compte de Mlle Kesteloot. Je ne m’en suis pas tenu à ce que M. Léger m’a dit, mon honneur se trouve trop compromis. J’ai été moi-même chez plusieurs de ses ancienne connaissances. Je savais en effet que Mlle Kesteloot avait eu un enfant mais je ne savais pas que cet enfant a été placé, elle non plus ne le savait pas j’en ai la certitude. Le malheur est très grand sans doute mais une demoiselle jeune à Paris sans expérience, il est facile d’en abuser. Si c’est, monsieur le maire, le motif pour lequel nous ne puissions pas être mariés sur mon honneur je veux qu’il soit réparé de suite en retirant cet enfant d’où il est. Je paierai tout ce qu’il faudra et le reconnaîtrai pour le mien. Voilà ce que ma conscience dit de faire pour Mlle Kesteloot. A présent, monsieur le maire, si vous savez qu’elle a commis une autre faute qu’avec moi, je l’abandonnerai complétement non pas sans un profond chagrin, je sous l’assure. Mais pour vous faire voir que je ne veux pas son malheur je vous joints cinq cents francs, dont trois cents francs en argent et deux cents francs en effets de commerce, le tout pour les grands soins que Mlle Kesteloot m’a prodigués pendant ma longue maladie du choléra que je fis dans la rue de la Roquette. Voici les noms de mes plus proches parents : M. Bellynck, commissaire-priseur, M. Bellynck, rentier à Bergues et à Dunkerque, M. Biron, adjudant de place à Dunkerque. Jugez, monsieur le maire, si, avec de tels parents, je puis (illisible) une femme de mauvaise conduite. » Deconinck demeurait à Bergues en 1817 ; 48, rue Meslay en 1830 ; ses filles, 48, rue Meslay en 1831 (mais 18, rue Meslay in Archives nationales F/1dIII/35 B) ; 17 bis, rue Bichat chez Robert en 1831-1834 ; 10, rue Notre-Dame-de-Nazareth en 1834-1835. Premier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel (par erreur sous le nom de Castelot) ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 29 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 32 (sous le nom de Kestloot demoiselle Emilie) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 64 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 352 n° 1, 1835, candidats qui se présentent pour être dotés à l’occasion des fêtes de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 34-35 (où sur les listes Marie-Thérèse, Sophie est indiquée comme confiée à sa tante) ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des enfants au-dessus de sept ans des citoyens tués en juillet 1830, idem Liste nominative des orphelines, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (orphelins au-dessus de sept ans), idem V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; année 1833, VIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés) ; Archives nationales F/1dIII/57 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins (sous le nom de Gousse, Marie-Thérèse, Sophie) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés.

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