Decoux, François
Biographie
Chirurgien de marine. Il arbora le premier drapeau tricolore dans la ville de Brest. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour récapituler ses mérites à la décoration : « En 1827, ce fut moi qui eus l’honneur d’être chargé par mes condisciples des écoles de Médecine et de Droit de porter le drapeau, en réjouissance du rejet de la loi d’amour contre la liberté de la presse. Malgré les nombreux obstacles de la gendarmerie étayée de tout ce que la police Franchet put enfanter de plus odieux, je me présentai à la tête de cinq mille étudiants chez le brave général Lafayette, Benjamin Constant, etc. La même année, aux troubles suscités par l’injustice de l’élection de M. Récamier, j’eus le bonheur de délivrer cent cinquante jeunes gens enfermés dans la cour du Collège de France, en terrassant un gendarme et un agent de police préposés à la garde de la grille. Un coup de baïonnette ne suffit pas à modérer mon zèle, je me rendis à la préfecture de police pour réclamer nos prisonniers de la journée et je ne dus ma propre délivrance qu’à la politique de notre professeur, qui, par ce moyen sans doute espérait de réconcilier ses élèves. Enfin, dans nos derniers débats, j’arborais, le premier, le drapeau tricolore au port de Brest, où j’étais chirurgien de la Marine (voir le Constitutionnel du 8 août 1830, article Brest, supplément). Huit jours après la conquête de nos libertés, la corvette dont j’étais le chirurgien reçut ordre d’appareiller pour les Antilles où elle devait porter de l’argent et des nouvelles. Il me répugnait d’être courrier lorsque la patrie pouvait alors réclamer des soldats ; je demandai mon débarquement. MM. Les membres du conseil de santé, indignés sans doute de mon action du 30 juillet, jugèrent à propos de l’accompagner de mon licenciement. Depuis ce jour, je suis au sein d’une famille nombreuse, dont je suis l’unique appui. » Il avait servi en 1828 dans la frégate l’Amazone et s’était illustré lors de l’échouage du Curaçao. Il sollicita un emploi dans l’armée de terre. Les faits s’étant passés à Brest, la Commission des récompenses nationales de la préfecture de Haute-Vienne se jugea incompétente. Il demeurait à Château-Ponsac (Haute-Vienne) en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Haute-Vienne.