Delacour, Joseph, Claude
Biographie
Né vers 1798 à Paris, fils de Delacour, Alexis et de Derbecourt, Marie, Anne, son épouse. Journalier employé dans une fabrique de coton. Il partit avec un peloton, le 28 juillet, de Vaugirard pour se rendre à Paris. Le même jour, posté place de Grève, le long du quai de Gesvres près du pont d’Arcole, il fut atteint d’un coup de feu reçu à la tête, qui le mit hors de combat. Transporté à l’Hôtel-Dieu, il y mourut des suites de sa blessure, le 31 juillet. Les patrons qui l’employaient, Michelez père et fils aîné, dont la boutique était au 159, rue de Sèvres, précisèrent à son sujet : « A travaillé un grand nombre d’années dans nos ateliers et […] s’est toujours très bien comporté. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux et aussi par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement puisqu’une partie de son dossier s’y trouve et que sa mère y est pensionnée. Le 16 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Michelez, Charles, Joseph, fabricant de coton, demeurant 159, rue de Sèvres ; Michelez, Paul, Emile, Constant, fabricant de coton, demeurant 159, rue de Sèvres ; Gelot, Charles, marchand tailleur, demeurant 137, rue de Sèvres. Ils attestèrent que Delacour, Joseph, Claude « a été blessé d’une balle à la tête en combattant près du pont d’Arcole sur la place de Grève le 28 juillet 1830 et qu’il est mort le 30 du même mois (sic) à l’Hôtel-Dieu par suite de cette blessure ». Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du canton de Sceaux, comparurent : Vidal, Pierre, né vers 1794, conducteur de bestiaux, demeurant 25, rue Blomet à Vaugirard ; Paillard, Pierre, Louis, né vers 1765, charcutier, demeurant rue de Voltaire à Sceaux ; Jeanjean, Louis, né vers 1784, nourrisseur de bestiaux, demeurant à la tour de Crouÿ à Fontenay-aux-Roses. Ils attestèrent que Delacour, Joseph, Claude « qui avait éprouvé comme tout bon Français la juste indignation que devait faire naître l’apparition des fatales ordonnances du 25 juillet dernier, est parti le mercredi matin 28 juillet de Vaugirard pour se rendre à Paris et se réuni aux braves dont une partie avait déjà versé son sang pour la liberté ; que ledit Delacour faisait partie d’un peloton qui s’est porté à la place de Grève ; que dans la chaleur de l’action et le long du quai de Gèvres près le pont d’Arcole, il a été atteint à la tête d’un coup de feu qui l’a mis hors de combat ; qu’il a été de suite transporté à l’Hôtel-Dieu, où il est décédé le 31 juillet par suite de cette blessure. Ajoute le sieur Vidal, l’un des comparants, qu’il a vu combattre à ses côtés ledit Delacour et qu’il l’a vu atteint du coup fatal qui lui a donné la mort ». Il laissait une mère, Derbecourt, Marie, Anne, Joseph, veuve Delacour, née le 9 octobre 1768 à Cateau (Nord), infirme et presque indigente, fileuse de coton, qui reçut un secours de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le 15 mars 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Michelez, Charles, Joseph, fabricant de coton, demeurant 159, rue de Sèvres ; Michelez, Paul, Emile, Constant, fabricant de coton, demeurant 159, rue de Sèvres ; Gelot, Charles, marchand tailleur, demeurant 137, rue de Sèvres. Ils attestèrent que Derbecourt, Marie, Anne, Joseph, veuve Delacour était « dans un état nécessiteux et ne peut presque plus suffire à ses besoins et que son fils l’assistait des produits de son travail ». Elle produisit un certificat médical comme quoi elle était atteinte de « surdité complète ou à peu près » et d’une exomphale (hernie ombilicale) qui lui occasionnait de fréquentes coliques accompagnées de douleurs vives dans les reins ; « cet état d’infirmités l’empêche de se livrer à un travail long et assidu et lui ôte tous les moyens de subvenir à ses pressants besoins ». Son patron, Michelez aussi, qui l’employait depuis trente ans précisait sur son compte : « […] S’est toujours comportée en honnête femme, mais […] son état de vieillesse, de surdité et d’infirmité l’empêche de subvenir entièrement à ses besoins. […] Son fils […] quoique marié et chargé de deux enfants en bas âge avait encore recueilli sa mère près de lui, pour subvenir à une partie de ses besoins. » Elle fut pensionnée (sous le nom de Delacourt dans les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) de trois cents francs, puis reçut (sous le nom de veuve Delacour, née Marie, Anne, Joséphine Derbecourt) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 30 octobre 1787 à Cateau. Sur l’acte de mariage, Delacour, Alexis est indiqué comme âgé de vingt-quatre ans, fils de Delacourt, François (sic), commis de gaze en soie et de Demaret, Marie, Magdelaine, et comme étant lui-même ouvrier de gaze ; Derbecourt, Marie, Anne est indiquée comme âgée de dix-neuf ans, fille de feu Derbecourt, Charles, maître cordonnier, et de Cartigny, Catherine (mais Cartignie, Catherine dans l’acte de naissance de Derbecourt, Marie, Anne, Joseph). Delacour laissait une veuve, Langlois, Marie, Anne, Angélique, née le 12 messidor an X (bien le 12 messidor an X dans son acte de naissance ; parfois le 4 messidor an X ou encore le 11 messidor an X) (1er juillet 1802) à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) (elle-même fille de Langlois, Louis, Jacques, garçon boucher, et de Petit, Marie, Angélique), ouvrière en coton, qui reçut (sous le nom de Delacourt) un secours de deux cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et deux enfants, Jules, César, Joseph, né le 26 juin 1826 (par erreur le 28 juin 1826 une fois in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Vaugirard, et François, Louis, né le 4 décembre 1828 (par erreur le 5 décembre 1828 une fois in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) aussi à Vaugirard, qui furent aussi pensionnés et à qui fut aussi accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Derbecourt, Jean, Joseph, Aimé, passementier, subrogé-tuteur, demeurant 7, rue Bailly au marché Saint-Martin en 1831. En 1833, trois cents francs furent accordés à Jules, César, Joseph pour ses frais de trousseau. En 1838 et en 1839, les deux enfants étaient élèves dans la pension Maniette à Vaugirard. Delacour, Joseph, Claude demeurait 15, rue de l’Ecole à Vaugirard ; sa veuve, même adresse en 1831 ; sa mère, 137, rue de Sèvres à Vaugirard en 1831. Le nom de Delacourt (J.-C. Delacourt) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 274 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 39, 43, 81 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement, p. 108, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins, auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux, p. 113 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement (sous le nom de Lacourt) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels ; Archives de Paris VK3 38, état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1840, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1841, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1843, idem état nominatif des orphelins de Juillet inscrits sur les listes de l’arrondissement de Sceaux au 1er juillet 1844 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (où l’ascendante Derbecourt, veuve Delacour, est portée par erreur) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux), Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins des victimes Juillet non pourvus de subrogés tuteurs à la date du 30 septembre 1831 ; année 1833, arrondissement de Sceaux, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 arrondissement de Sceaux ; année 1839 arrondissement de Sceaux) ; Archives nationales F/1dIII/52 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Delacourt, Joseph, Claude), aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants et liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance, ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet ; Archives nationales F/15/2557 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81 (sous le nom de Delacourt, Joseph, Claude), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.