Delacourtie, Hippolyte
Biographie
Né le 13 août 1806 à La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), fils de Delacourtie, Joseph, Adrien. Avoué au tribunal de première instance. Il sollicita, le 14 mars 1831, la décoration de Juillet, expliquant : « Dès le mardi 27 juillet à 4 heures de l’après-midi, je faisais partie d’une assemblée tenue au National pour délibérer sur la conduite à tenir dans les circonstances graves où l’on se trouvait et dans lequel le parti de la résistance armée fut résolu. Le mercredi 28, nous avons, mon frère et moi, à la porte Saint-Martin favorisé de tous nos efforts la lutte engagée contre les troupes royales, la chute d’un grand nombre d’arbres et la construction d’une énorme barricade, tant par nos personnes que par les encouragements pécuniaires que nous avons donnés de nos propres deniers à un grand nombre de travailleurs, et par la distribution que nous avons faite de munitions à plusieurs combattants. Après l’évacuation des troupes, nous sommes allés distribuer ce qui nous restait de nos munitions au poste de la Banque placé au coin de la rue Neuve-des-Petits-Champs et occupé par plusieurs gardes nationaux. Le lendemain jeudi, n’ayant pu joindre mon frère à cause de la situation du local que j’habite, qui est en face de la rue de l’Echelle, occupée depuis trois heures du matin par la Garde royale, j’ai distribué aux patriotes combattants des munitions dont ils manquaient, malgré la fusillade que j’essuyais à chaque distribution. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier signé de Hipard (première lettre illisible), jeune demeurant 31, bd Saint-Martin, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu MM. Delacourtie frères distribuer de l’argent à divers ouvriers occupés à couper les arbres sur le boulevard Saint-Martin, dans la journée du 28 juillet. » Un deuxième, signé de Lapréee, Jacques, Antoine (voir ce nom) et de Poubelle, Jean, Nicolas (voir ce nom), ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que M. Delacourtie jeune, avoué près le tribunal civil de première instance a assisté à plusieurs réunions qui ont eu lieu à notre domicile dans les trois journées de Juillet pour conférer avec nous et plusieurs autres patriotes sur les moyens énergiques à prendre dans les circonstances graves où on se trouvait. » Un troisième, signé de Carrel, Armand (voir ce nom), ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que M. Delacourtie jeune, avoué, près le tribunal de première instance, assistait à la réunion de mardi 27 juillet au National, réunion dans laquelle fut délibéré le parti de la résistance armée. » Un quatrième, signé de Roger, demeurant 68, rue de Richelieu, qui attestait avoir vendu le 28 juillet au matin pour cinq francs de poudre au frères Delacourtie. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1830, il était officier dans la garde nationale. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, afin de faire valoir les droits de son père, Delacourtie, Joseph, Adrien (voir ce nom) : « Persuadé que ce sera faire un sensible plaisir à la Commission que de lui signaler le nom d’un citoyen qui a bien mérité de la nation dans les journées de juillet 1830, et dont la modestie a été un obstacle à ce que son nom parvînt jusqu’à elle, je me fais un devoir de signaler au patriotisme d’une Commission dont j’admire de plus en plus la belle conduite, Joseph Adrien Delacourtie, premier adjoint dans la ville de Melun (Seine-et-Marne). J’ajouterai que la ville entière est témoin des services qu’il a rendu à la cause nationale ; je me réserve, si toutefois la Commission juge à propos de m’accorder une audience, de détailler de vive voix les services qui doivent appeler son attention. » Par une lettre en date du 15 décembre 1831, le préfet de Seine-et-Marne faisait ainsi savoir au ministre de l’Intérieur, et relativement à la demande déposée par son fils Hippolyte : « M. Delacourtie père, auquel j’ai dû communiquer cette demande, l’a désavouée de la manière la plus formelle. » Il demeurait 248, rue Saint-Honoré en 1830 ; 22, rue Sainte-Anne en 1831-1835. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Almanach royal et national pour l’an 1835 présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale, Paris, chez Guyot et Scribe, 37, rue Neuve-des-Petits-Champs, 1835, p. 829 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Marne. Si son père est Delacourtie, Adrien, Joseph, Hippolyte, né à Paris le 27 septembre 1773, ancien avoué, il a un dossier in Archives nationales F/1dIV/D/6, où il demande, en 1833, la Légion d’honneur.