Délanges, Henry
Biographie
Né le 26 juillet 1805 à Paris. Ancien sous-officier, totalisant sept années de services et trois campagnes. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, le 24 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Le soussigné Délanges, Henry a l’honneur de vous soumettre le certificat numéro un constatant la conduite qu’il a tenue en juillet. Les conséquences qu’il bravait à cette époque (étant militaire en congé) ne l’arrêtèrent pas. A la suite de la révolution de Juillet, il fut rappelé et incorporé dans le 66e régiment de ligne, où sa bonne conduite lui mérita le grade de sous-officier, ainsi que l’atteste le certificat numéro 2. Entré à l’état-major de la garde nationale en 1837, il y resta jusqu’au 19 septembre 1847 et il n’en quitta que sur sa demande, ne voulant supporter aucun passe-droit et sa conduite fut exempte de reproches, ainsi que l’atteste le certificat numéro 3. Le 24 février, il entra à l’état-major de la garde nationale et s’employa à réprimer le désordre autant qu’il était en son pouvoir, ainsi que le prouve le certificat numéro 4. Croyant avoir mérité, par dix-huit ans de bons et loyaux services, par sa conduite patriotique de 1830 et 1848, de servir la république, il vient solliciter pour toute récompense une place de gardien de nuit aux marchés ou dans un monument national. » Le certificat numéro 1 était ainsi rédigé : « Les soussignés, chacun en ce qui le concerne, certifient sur l’honneur qu’il est à leur connaissance, comme en ayant été témoins, que M. Délanges, Henry, caporal au 21e régiment de ligne, en congé d’un an dans sa famille, demeurant à Paris, aux Champs-Elysées, café de la Surprise, s’est particulièrement distingué dans les trois journées de Juillet aux différentes attaques dans le quartier du Palais-Royal ; que c’est lui qui a fait commencer, le premier, l’attaque de la caserne de la Pépinière, en fournissant des cartouches aux assaillants, cartouches qu’il s’étaient procurées en embauchant des gardes royaux qui lui avaient remis leurs armes et qu’il a fait évader en leur procurant des habits bourgeois. » Signé, le 20 octobre 1830 : Thuillart, demeurant 42, rue de la Pépinière ; Chevalier (voir Chevalier, Ferréol), demeurant 40, rue de la Pépinière ; Gautier, demeurant 19, rue d’Astorg ; Follot, demeurant 15, rue de la Pépinière ; Gillard (voir Gillard, Louis), demeurant 12, rue du Bouloy ; Hamel, demeurant 16, rue du Bouloy. Le certificat numéro 2, en date du 13 février 1834, était un certificat de bonne conduite délivré par les autorités du 66e régiment d’infanterie de ligne, attestant que Delanges, Jean-Baptiste, Etienne, Henry, avait, comme sergent, toujours tenu une bonne conduite et avait servi avec honneur et probité. Le certificat numéro 3, à en-tête de l’état-major de la garde nationale, attestait que Delanges avait été « attaché en qualité de garçon de service, homme de peine, et sa femme en qualité de lingère audit état-major général depuis le 15 janvier 1837 jusqu’au 1er septembre 1847 et que pendant tout le temps de leurs services ils se sont conduits de manière à ne mériter aucun reproche. » Le certificat numéro 4 était ainsi rédigé : « Les soussignés certifient sur l’honneur qu’il est à leur connaissance, comme témoins oculaires, que le citoyen Delanges a pris une part active aux journées de Février et qu’il s’est particulièrement distingué en défendant l’entrée de la boutique du marchand de vins qui fait le coin de la rue Saint-Nicaise et de celle de Rivoli, laquelle fut envahie par une bande d’hommes ivres, qui en enfoncèrent la porte ; qu’il s’est en outre distingué à l’état-major de la garde nationale, où il a maintenu l’ordre autant qu’il a été en son pouvoir et que c’est à lui qu’est due la conservation d’une partie de la comptabilité. » Signé, le 5 mars 1848 : Sergent, demeurant 2, rue Saint-Nicaise ; Vincent, demeurant 4, rue Saint-Nicaise ; Choquet, demeurant 8, rue Saint-Nicaise ; Allaret, employé au ministère de l’Intérieur, demeurant 278, rue Saint-Honoré ; Peltier, demeurant 8, rue de Rivoli ; Lac jeune, vitrier, demeurant 1, rue Saint-Nicaise ; Brevignon, demeurant 8, rue de Rivoli au café Godet ; Fouchard, demeurant à l’état-major ; Lepine, demeurant 28, rue de Rohan ; Bes..., demeurant 8, rue de Rivoli ; Thomas ; Maur, P., demeurant 10, rue de Rivoli. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi de gardien de nuit aux halles. Il était marié en 1848. Il était sans doute parent avec Delange, Joseph, Constant, propriétaire du Café de la surprise, depuis lequel il combattit, selon ses témoignages. Il demeurait aux Champs-Elysées, café de la Surprise en 1830 ; rue du Liégat à Ivry-sur-Seine. Archives de la préfecture de police AA 383.