Delangle, Claude, Alphonse

Biographie


Né le 6 avril 1797 à Varzy Nièvre), fils d’un entrepreneur de maçonnerie. Il suivit ses études aux collèges de Varzy puis de Bourges jusqu’en 1813. Professeur dans l’Indre, puis maître d’études, puis professeur de classe élémentaire, puis inspecteur à l’institution Sainte-Barbe à Paris. Il fit connaissance des Dupin dont il resta l’ami sa vie durant. Tout en continuant l’enseignement, il suivit les cours de droit et devint avocat. La Gazette des tribunaux signala ainsi sa participation aux combats de Juillet (sans doute tout à fait modeste) : « Il faut aussi, aux noms des avocats qui ont pris les armes pour la cause de la liberté, ajouter ceux de MM. […] Delangle […]. » Il mourut le 26 décembre 1869 à Paris. Il était alors procureur général à la Cour de cassation depuis le 5 août 1840. Nous empruntons à la brochure M. le procureur général Delangle de H. Eloy, les passages suivants extraits de la brochure qu’il consacra à Delangle, à la mort de celui-ci et ainsi rédigés : « […] Pendant plusieurs mois il s’était vainement roidi contre les attaques réitérées d’un mal terrible. Cette grande intelligence protestait par une admirable énergie contre les défaillances de la vieillesse, et cachait le dépérissement des forces physiques sous le masque impénétrable du plus ferme stoïcisme. […] Il défend Castille dans l’affaire des quatre sergents de La Rochelle, et son talent se dévoile au point que l’avocat général de Marchangy lui adresse les félicitations écrites les plus flatteuses. Il devint l’hôte assidu des Dupin, et déploya, dans les premières affaires qui lui furent confiées, de telles qualités d’homme pratique servi par une brillante élocution, que son cabinet prit rapidement une grande importance, et que, dès 1831, ses confrères le nommaient membre du Conseil de l’ordre, pour le choisir bientôt comme bâtonnier, de 1836 à 1838. Les anciens du palais rappellent encore au jeune barreau l’éclatant succès qu’il obtint en 1833 dans la plaidoirie pour le compte de Perregaux, pair de France contre la Banque de France et M. Laffitte. […] Son Commentaire sur les sociétés commerciales, publié en 1843, l’avait justement signalé comme juriste consulte et comme écrivain ; les principes qu’il y avaient exposés sur le droit, les avantages, la puissance de l’association, le désignaient comme un économiste sagace, dont le Sénat devait plus tard apprécier la science exacte et pratique. Divers articles de droit insérés dans la Gazette des tribunaux, une monographie sur La Cour de cassation, avaient contribué à augmenter la notoriété de son nom. Le sentiment unanime du barreau et de la magistrature l’appelait donc au poste de procureur général près la Cour de Paris, qu’une ordonnance royale du 22 mars 1847 lui donna, en remplacement de M. Hébert. C’est en cette qualité qu’assisté de M. l’avocat général Glandaz, il dirigea l’instruction ouverte contre l’ancien ministre Teste et contre Despans-Cubières, Parmentier et Pellapra, gravement compromis dans la concession des mines de sel gemme de Gouhenans. » Nous empruntons au Dictionnaire des parlementaires français la notice qui lui est consacrée, et ainsi rédigée : « Avocat général à la Cour de cassation, de 1840 à 1846, il fit vers la même époque diverses tentatives, d’abord infructueuses, pour entrer à la Chambre des députés, et échoua dans l’arrondissement de Château-Chinon (Nièvre), le 26 décembre 1840, avec 75 voix contre 84 à M. Pelletier-Dulas, élu (il s’agissait de remplacer M. de la Ferté-Meun, démissionnaire) ; le 4 avril 1841, après annulation de cette élection, avec 91 voix contre 110 à M. Benoist d’Azy, élu, et enfin le 9 juillet 1842, avec 78 voix contre 132 au député sortant, réélu. […] Il avait été, le 1er août 1846, élu député du 4e collège de la Nièvre (Cosne), par 143 voix sur 284 votants et 312 inscrits, contre M. Grangier de la Marinière, 125 voix :sa promotion dans la magistrature l’obligea à solliciter le renouvellement de son mandat législatif ; il l’obtint le 16 avril 1847. Son rôle parlementaire fut modeste : il se borna à voter avec les conservateurs. […] La république de 1848 révoqua M. Delangle (25 février) de ses fonctions de procureur général ; il reprit alors sa place au barreau, et adhéra bientôt avec empressement à la politique de L.-N. Bonaparte. Président (1850) de la commission départementale et municipale du département de la Seine et de la Ville de Paris, président au Conseil d’Etat (1852) de la section de l’intérieur, de l’Instruction publique et des Cultes, il fut nommé la même année procureur général à la Cour de cassation, et bientôt (30 décembre) premier président de la Cour de Paris ; le lendemain il fut appelé au Sénat. Il y soutint de tout son pouvoir les institutions impériales. En 1858, comme le général Espinasse venait de quitter le ministère de l’intérieur, M. Delangle prit ce portefeuille, et le garda pendant onze mois. Il eut ensuite les sceaux du 5 mai 1859 au 22 juin 1863 diverses modifications du Code pénal et la loi sur les flagrants délits marquèrent la dernière année de son passage au ministère de la Justice. Quatre mois après, le 18 octobre, et plusieurs fois depuis cette époque, il fut nommé vice-président du Sénat, où il prit d’ailleurs fréquemment la parole, soit au sujet de pétitions relatives à des matières économiques, soit sur des questions juridiques telles que la contrainte par corps, contre laquelle il se prononça dans la séance du 16 juillet 1867. Grand croix de la Légion d’honneur, membre du Conseil supérieur de l’Instruction publique, et, depuis le 5 mars 1859, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, M. Delangle fut rappelé par un décret du 14 novembre 1865 au poste de procureur général à la Cour de cassation, où à deux reprises, il remplaça M. Dupin. Ce fut lui qui prononça le réquisitoire sur la demande en révision du procès Lesurques. Député, administrateur, membre du Sénat, M. Delangle se montra, dans ces diverses situations, le représentant fidèle et distingué du parti autoritaire. » Delangle avait eu un fils, né vers 1830 et qui mourut le 25 octobre 1847, et une fille qui épousa Gaudin, député au Corps législatif de 1869 à 1870. La Gazette des tribunaux, 2 et 3 août 1830 ; M. le procureur général Delangle de H. Eloy, Lyon, Imprimerie du salut public, 1870 ; Dictionnaire des parlementaires français, CAY-FES, Robert, Bourloton et Cougny, Paris, Bourloton éditeur, 1891, pp. 307-308.

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