Delaunay, Clément, Prosper
Biographie
Né vers 1798 à Alençon sic (Aube) Voir Argançon dans l’Aube ? Il adressa, le 18 octobre 1830, à la Commission des récompenses nationales le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « Le 26, indigné des fatales ordonnances, j’achetais autant de livres de poudre que je pus m’en procurer et le lendemain j’en distribuai une portion à ceux de mes voisins qui m’en demandèrent. Le 28 au soir, je donnai presque toute la poudre qui me restait aux hommes armés qui parcouraient mon quartier et je contribuais avec eux à la déroute des gardes royaux qui s’étaient établis depuis le matin sur le boulevard et la porte Saint-Denis. De retour de cette expédition, je m’occupais à construire les barricades et passais la nuit à soutenir l’enthousiasme des braves qui n’attendaient que le jour pour porter le dernier coup à la monarchie. Le lendemain 29, je quittais ma femme enceinte et mère déjà d’un enfant de huit mois et, revêtu de mon habit de garde national, je partis avec un peloton de vingt-cinq hommes pour me rendre avec eux à la Bourse, qui était alors le lieu du danger. Le général Dubourg nous conduisit ensuite à l’Hôtel de ville et je fus chargé par lui d’une commission plus périlleuse peut-être que tous les combats auxquels je pris part. Une heure après deux barils de poudre et des balles avaient été apportés, il fallait en faire la distribution et empêcher des milliers d’hommes animés par la colère et par le vin de se précipiter dessus, la pipe à la bouche. Je parvins à maintenir l’ordre... Cette opération terminée, un élève de l’Ecole polytechnique nous conduisit aux Tuileries et, après un combat meurtrier, j’eus le bonheur d’y entrer un des premiers. Enfin, de retour à l’Hôtel de ville, je fus chargé d’aller m’emparer de la direction générale des Postes. Je passais la nuit, je contribuais au départ des malles et je les escortais jusqu’à la barrière. Le samedi, je me rendis au poste de l’hôpital Saint-Louis et je plaçais moi-même le drapeau national sur la tonnelle qui domine cet asile de l’infortune, malgré les efforts de l’agent de surveillance. Telles ont été mes actions, messieurs. Jugez-les. J’ai l’honneur etc. » Sa lettre était apostillée des signatures de : Conmany illisible, demeurant 316, rue Saint-Denis ; Huttin (voir Huttin, Philippe, Jean, Nicolas), médecin, demeurant 11, rue Thévenot ; Simon, demeurant 305, rue Saint-Denis ; Roger, demeurant 36, rue du Temple ; Bresil, demeurant 324, rue Saint-Denis ; Tiphaine, demeurant 259, rue Saint-Honoré ; François, Simon (voir Simon, François), demeurant 6, rue de l’Echaudé ; Barbier, demeurant 36, rue des Lombards ; Gay fils, demeurant 309, rue Saint-Denis ; Reufflet ou Rufflet illisible, passementier, demeurant 305, rue Saint-Denis (numéro illisible) ; Pionzière illisible, demeurant 306, rue Saint-Denis ; Letellier, demeurant 303, rue Saint-Denis ; Laforest aîné (voir peut-être Laforest, Charles, Philibert ?), demeurant à l’hôpital Saint-Louis ; Douchemens illisible (voir sans doute le Douchemeul, limonadier rue Saint-Denis, dont parlait in Archives nationales F/1dIII/55, Fer, dans la lettre qu’il écrivit au roi pour obtenir quelque chose qui n’est pas précisé...) ; ...ant illisible, demeurant 310, rue Saint-Denis. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il joignait à sa demande, outre la copie sans doute de sa première lettre à la Commission des récompenses nationales, le certificat suivant : « Je, soussigné, Lafond, peintre d’histoire, ancien lieutenant de la 3e compagnie Le Gros garde national, commandant du poste de l’Hôtel de ville, certifie que M. Delaunay, marchand épicier, rue Saint-Denis n° 307, a fait son service depuis hier, qu’il a conduit les malle-poste jusqu’à la barrière Pigalle. » Signé, le 30 juillet 1830 : Lafond. Il apostilla la lettre adressée, le 3 juin 1831, à la Commission des Réclamants par Simon, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de cette Commission. Il était électeur en 1830. Il demeurait 307, rue Saint-Denis en 1831. Archives de la préfecture de police AA 383 ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Simon, François.