Delaunay, Charles, Constant

Biographie


Né le 17 février 1800 (mais le 17 février 1801 in Archives de la préfecture de police AA 383 dans une lettre quil signe) à Cambrai (Nord). Perruquier. Il fut blessé par un coup de baïonnette reçu dans le bras droit. Il reçut (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant), après la révolution, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Delanoy, Charles, Constant sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il reçut, à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive et (sous le nom de Delaunoy, Charles, Constant), à titre de blessé de la 1re classe, une autre indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il délivra en faveur de Vincent, Laurent, le 8 septembre 1831 quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que Vincent, Laurent, à l’époque demeurant rue Charlot, n° 20, lequel s’est distingué d’une manière édifiante et avec enthousiasme pour la cause de la liberté dans les trois journées mémorables de juillet 1830 et d’une manière très distinguée où le 27 (lire sans doute le 28, N.D.A.) il s’est transporté armé d’un fusil à la place de Grève, où il a resté depuis 11 heures du matin jusqu’à la nuit, en combattant, où il était embusqué dans la rue du Mouton, où une barricade était formée, où les Suisses étaient d’un côté et lui avec les autres combattants de l’autre, où il a quitté cette place avec ses camarades aux cris de quelques personnes qui sont venues dire que la garde royale venait par la rue Saint-Antoine. Il était du nombre de ceux qui les ont repoussés avec courage à ce moment. C’était le 28 à 7 heures du soir. Il combattait aussi le 29 aux Tuileries et au Louvre, où il combattit pendant toute la journée avec un courage héroïque. Il a aussi bien combattu ailleurs et est allé jusqu’à Rambouillet, où partout il s’est comporté d’une manière distinguée et édifiante, que le tout mérite confirmation que nous attestons sincère et véritable. » Il signa bien Delannoy décoré de la croix de Juillet et ajoutait : « Je certifie que M. Vincent, Laurent était avec moi à l’Hôtel de ville et qu’il a combattu avec acharnement et s’est bien distingué. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, qui rappelait sa participation à la révolution de Juillet et donnait le récit de la conduite qu’il avait tenue pendant celle de Février. Une lettre, en date du 15 mars 1848 (et signée du nom de Delannoy) était ainsi rédigée : « […] Dans les journées de Février, de glorieuse mémoire, il s’est porté partout où il présumait sa présence utile pour entretenir l’amour sacré de la patrie ; que, notamment dans la nuit du 23 au 24 février, il a concouru à établir les barricades qui sillonnaient la rue Saint-Martin, animant du geste et de la voix et prêchant l’exemple, les citoyens qu’il arma, notamment ceux de la barricade Saint-Mery, avec les armes qu’il se fit délivrer par les boutiquiers. Il resta plus particulièrement à la barricade construite près du sieur Détouche, bijoutier, rue Saint-Martin, 158 et 160. Dans ces périlleuses journées, il eut le bonheur de n’être point blessé, d’être utile à bon nombre de compatriotes, de sauver même la vie à quelques-uns. Ses deux frères l’ont accompagné ; l’un d’eux n’est plus reparu, sans doute il aura payé de sa vie sa dette à la patrie, mais il n’a pas été reconnu ; l’autre, dangereusement blessé, est demeuré à l’ambulance des bonnes sœurs de charité de Sainte-Marie, d’où malheureusement, d’après le dire des médecins, il ne sortira que pour être conduit au champ du repos. Le soussigné, sans travaux depuis longtemps, père de trois jeunes enfants à sa charge, étant dans un état plus que voisin de l’indigence, sollicite de votre bienveillance, monsieur le président, d’être inscrit au nombre des citoyens qui ont bien mérité de la patrie, afin d’obtenir un allégement à sa misère […]. » Il joignait à sa lettre deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé à en-tête de l’établissement Detouche, C., horlogerie, bijouterie, joaillerie, 158-150, rue Saint-Martin : « Je, soussigné, certifie que le sieur Charles, Constant Delannoy (sic), coiffeur, demeurant rue des Arcis n° 19, est resté pendant trois jours et quatre nuits à la défense des barricades du quartier ; qu’il a contribué à faire obtenir des munitions aux citoyens ; qu’il s’est comporté honnêtement et loyalement pendant ce temps, où il nous a aidés à maintenir le bon ordre et respecter la propriété. » Signé, le 14 mars 1848 : Detouche ; Roger ; Tissier, P., demeurant 2, rue Saint-Martin ; Annat ; Minot. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que, dans la journée du 24 février 1848, passant dans la rue Saint-Martin, vers 2 heures de l’après-midi, je fus arrêté par quelques hommes qui gardaient les barricades et qui, croyant reconnaître en moi un homme attaché à la police, voulaient me faire un mauvais parti et menaçaient de me fusiller, lorsque le citoyen Delannoy, Charles, Constant (sic), demeurant rue Aumaire 51 (sic), s’opposa énergiquement à leurs mauvais traitements et s’offrit avec quelques hommes des barricades à reconnaître mon identité, en m’accompagnant chez mes maîtres. Je déclare que c’est à l’intervention de ce courageux citoyen que je dois d’avoir échappé au danger qui me menaçait. » Signé, le 14 mars 1848 : Ballanfat, demeurant 12, bd Bonne-Nouvelle, au service de Soutron depuis 1832. Le 21 septembre 1849, il sollicitait de nouveau un secours (et signait Delannoy). Il fut proposé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le journal du Moniteur. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de décoré de la croix de Juillet. Il était veuf et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 32, rue Vieille-du-Temple en 1830 ; 19, rue des Arcis (aussi 51, rue Aumaire dans un certificat) en 1848 ; 4, rue des Vieilles-Etuves en 1849 ; 38, rue Beaubourg à une date indéterminée entre 1849 et 1853 ; 28, rue Culture-Sainte-Catherine en 1850 ; 26, rue Culture-Sainte-Catherine en 1851-1852. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de 1re classe du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 77 (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant), liste nominative des cas exceptionnels du VIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 78, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 371 n° 3, liste des décorés de la croix de juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIe arrondissement (sous le nom de Dalaunoy, Charles, Constant) ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement, p. 4-5 état des blessés non classés et de la 1re classe (sous le nom de Dalannoy, Charles, Constant) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIe arrondissement, blessés de 1re classe (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant) et cas exceptionnels (sous le nom de Delaunay, Charles, Constant) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45 (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant) ; Archives de la préfecture de police AA 383 (sous le nom de Delannoy, Charles, Constant) ; Archives de la préfecture de police AA 417 in dossier Vincent, Laurent. Sans doute faire le changement à Delannoy... Il y a in Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vauchelet, Charles, un Delaunay (qui signe Delaunaÿ), décoré de la croix de Juillet, qui apostilla, le 17 août 1831 un certificat délivré par Lepelletier, Prosper en faveur de Vauchelet et ainsi rédigé : « Je, soussigné Prosper Lepelletier (voir ce nom), marchand de vin place du Musée n° 19 à Paris, certifie avoir vu le sieur Charles Vauchelet, le 29 juillet 1830, revenant de la prise des Tuileries, armé dune carabine et escortant un élève de lEcole polytechnique blessé et qui fut déposé dans la maison n° 21. Je certifie en outre avoir vu le dénommé ci-dessus en faction à la porte de ladite maison. » De la même manière, le 25 août 1831, il signa le certificat suivant en faveur du même Vauchelet : « Les soussignés certifient que le nommé Charles Vauchelet sest trouvé avec eux le 28 juillet à la pointe Saint-Eustache, rue aux Ours, le 29 à la prise du Louvre, aux Tuileries, rue de Rohan, quaussi le dénommé ci-dessus était armé dune carabine et a combattu avec honneur et sest montré en citoyen. » Delaunay était peut-être plus sûrement du (ancien) Xe arrondissement ou du (ancien) XIIe arrondissement.

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