Delmas, Antoine

Biographie


Né le 27 janvier 1811 à Saint-Flour (Cantal), fils de Delmas, Claude, journalier, et de Portefaix, Jeanne, son épouse. Ouvrier imprimeur. Il combattit les 27 et 28 juillet, rentrant chacun des deux soirs chez sa mère ; le 29 juillet, il quitta ce même domicile mais ne reparut pas. Un certificat de notoriété établit qu’il fut tué d’un coup de feu à l’attaque du Louvre, le 29 juillet, où il fut vu au nombre des combattants par plusieurs personnes. Son décès fut déclaré par jugement du 19 mai du tribunal de première instance de Paris et transmis le 9 juin suivant à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le certificat suivant fut établi qui constatait les circonstances de son décès : « Nous, soussignés, habitants de la rue Neuve-Saint-Laurent, quartier du Temple, (ancien) VIe arrondissement, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Derma (sic), Antoine (sic), âgé de dix-neuf ans, fils de la dame Portefaix, Marguerite, épouse du sieur Grossetête, imprimeur, rue Neuve-Saint-Laurent n° 11, est sorti de chez ses parents les 27, 28 et 29 juillet pour voler à la défense de la patrie ; qu’il avait pris une part très active aux glorieuses journées des 27 et 28 juillet, qu’il était rentré chez ses parents les deux jours ci-dessus et que le 29 étant retourné sur le champ de bataille il n’a pas reparu. D’après les renseignements qui ont été recueillis, il est malheureusement trop prouvé qu’il a été tué le 29 à l’attaque du Louvre, plusieurs personnes l’ayant vu au milieu des combattants. » Signé, le 12 août 1830 : Despots ; Robergie ; Vincent, marchand de vins, demeurant 7, rue Sainte-Elisabeth ; Villebœuf ; Chabourlin, mécanicien, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Lalandre, décorateur-peintre, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Martin illisible, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Réliacq, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Saidray illisible, imprimeur en toiles, demeurant 10, rue Neuve-Sainte-Elisabeth ; Billard, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Bigot, demeurant 21, rue de Beaujolais ; Daroust illisible, demeurant hôtel Colbert ; Baur, demeurant rotonde du Temple ; Dupont, demeurant 5, rue Neuve-Saint-Laurent ; Bordier-Maret, ingénieur lampiste, demeurant rue Sainte-Elisabeth ; Hebert, lampiste, demeurant 18, rue Neuve-Sainte-Elisabeth ; Braud, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent. Le 18 octobre 1830, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Chabourlin, Joseph, mécanicien, demeurant 10, rue Neuve-Saint-Laurent ; Vincent, Jean-François, marchand de vins, demeurant 7, rue Sainte-Elisabeth ; Cortade, Jacques, marchand mercier, demeurant 18, rue Neuve-Saint-Laurent ; Robergie, Louis, tenant maison meublée, demeurant 13, rue Neuve-Saint-Laurent. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Delmas, Antoine et savoir que pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier il a pris les armes pour la défense commune, que les deux premiers jours il rentra chez sa mère, mais que, étant parti le 29 juillet au matin, il ne reparut plus et qu’il a été impossible d’avoir aucune de ses nouvelles depuis ce jour et que tout porte à croire qu’il aurait été tué à l’attaque du Louvre, où il a été vu par plusieurs personnes au nombre des combattants ». Le 8 avril 1831, devant le commissaire de police du quartier Saint-Martin-des-Champs, comparurent : Fabre, Antoine, imprimeur, demeurant 27, rue de la Calandre ; Hérault, Edme, François, ouvrier compositeur d’imprimerie, demeurant 15, rue du Fouarre. Fabre déclara : « J’ai pris part aux combats qui se sont livrés dans Paris le jeudi 29 juillet 1830. Je me suis trouvé ce jour-là à l’attaque du Louvre, défendu par les Suisses et à la suite d’une décharge faite par nos adversaires, du côté du pont des Arts, j’ai vu tomber, non loin de moi et atteint par un coup de feu, le nommé Delma, ouvrier imprimeur, âgé de dix-neuf ans, l’un de mes amis, dont le beau-père, le sieur Grossetête, demeure rue Neuve-Saint-Laurent n° 11. Le mouvement qui se faisait alors sur ce point (il était 10 heures du matin) m’a forcé de m’éloigner et de cet instant j’ai cessé de voir le nommé Delma, qui bien certainement aura été tué, ainsi que je viens de vous le dire. » Hérault déclara : « Je me suis trouvé le vendredi 30 juillet dernier dans la matinée dans le jardin du Louvre, au moment même où on y a apporté dans des voitures, pour être inhumées, une grande partie des victimes des jours précédents. En prêtant attention, j’ai bien reconnu dans le nombre de ceux qui l’on descendait dans la fosse le nommé Antoine Delma, ouvrier imprimeur que je connaissais, beau-fils du sieur Grossetête, demeurant rue Neuve-Saint-Laurent n° 11. J’ai su plus tard qu’il avait succombé à l’attaque du Louvre. » Il laissait une mère, Portefais, Marguerite (mais Portefaix, Marguerite in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet), née le 27 mars 1788 (bien le 27 mars 1788 dans son acte de baptême) à Vibrezac (Cantal), veuve de Delmas, Claude, mariée en secondes noces en 1826 avec Grossetête, imprimeur, indigente. Elle reçut trente francs en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel, un secours de vingt francs (Remis pour elle à la dame Picard), le 4 septembre 1830, un secours de cinquante francs, le 27 septembre 1830, un secours de trente francs, le 15 octobre 1830, un autre secours, définitif, de trente francs, le 8 novembre 1830, un secours de quarante-cinq francs, le 2 juillet 1831, un secours de vingt francs, le 9 août 1831, un secours de vingt francs, le 5 septembre 1831, un secours de vingt francs, le 3 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 4 mars 1831, devant le maire du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Cortade, Jacques, marchand mercier, demeurant 18, rue Neuve-Saint-Laurent ; Despods, Lucien, tabletier, demeurant 11, rue Neuve-Saint-Laurent. Ils attestèrent que Portefais, Marguerite n’avait « aucune fortune particulière et qu’elle n’existe que du faible produit de son état de fruitière-regrattière ». Elle présenta le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que Marguerite Delmas, demeurant rue Neuve-Saint-Laurent n° 11, est atteinte d’une ophtalmie chronique, qui a déterminé la chute des cils des paupières inférieures et dont la persistance s’oppose à ce qu’elle puisse se livrer à aucun travail assidu. » Signé, le 4 mars 1831 : Lemaistre, Florian (voir ce nom), demeurant 3, rue Neuve-Saint-Laurent. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordée (sous le nom de veuve Delmas, née Marguerite Porte-Faix) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cinquante francs. Les parents s’étaient mariés le 21 février 1810 à Alleuze (Cantal). Sur l’acte de mariage Delmas, Claude est indiqué comme né le 6 juin 1784 fils de feu Delmas, Jean décédé le 20 février 1810 et de feue Mazade, Catherine illisible, décédée le 12 nivôse an IX à Saint-Flour ; Portefaix, Marguerite (sic) est indiquée comme née le 28 mars 1780 (sic) fille de feu Portefaix, François et de Bousquet, Françoise, cultivateurs, et comme étant journalière. Delmas, Claude devait décéder 2 janvier 1819 à Saint-Flour. Portefaix, Marguerite devait se remarier, en février 1826 à la mairie du (ancien) Xe arrondissement avec Grossetête. Il demeurait chez sa mère, 11, rue Neuve-Saint-Laurent ; sa mère, même adresse en 1831. Le nom de Delmas (A. Delmas) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel (sous le nom de Darma, Antoine) ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 116 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Répertoire alphabétique des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des ascendants ; Archives nationales F/1dIII/33, lettre en date du 15 juin 1831 du parquet du tribunal de première instance de Paris et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Delmas, Antoine) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81 (sous le nom de Delmas, Antoine), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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