Delon, François
Biographie
Né le 3 juillet 1790 à Nemours (Seine-et-Marne). Corroyeur. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Delon, François, Baussier sur les listes du Moniteur universel). Il signa, comme « marchand corroyeur, décoré de Juillet, grenadier à la IIe légion de la garde nationale », le certificat suivant en faveur de Forestier, Denis, François : « Nous, soussigné, habitants du quartier du marché Saint-Honoré et de la rue d’Argenteuil, certifions que le sieur Denis, François Forestier, est un des braves gardes nationaux qui sortit le 28 juillet au matin, armé et en tenue, qu’il s’est rendu à la mairie d’Antin, l’un des premiers, et qu’il ne sortit de ce poste commandé par M. Felvilain, sergent, que lorsque les décharges et les feux de peloton du 5e régiment de ligne les forcèrent de se retirer. De retour chez lui, il fit des barricades et le 29 au matin il arma un imprimeur d’un fusil qu’il avait obtenu avec beaucoup de difficultés des sapeurs-pompiers de la caserne de la rue de la Paix, pour lui servir à se défendre contre les ennemis de notre liberté, vu que le sien était hors d’état de lui servir. Le même soir, il organisa dans le marché des Jacobins un poste, qu’il commanda pendant trois jours. Sa conduite fut digne d’éloges et mérite l’attention de la Commission des récompenses nationales. » Il apostilla ainsi, comme « marchand corroyeur », le certificat suivant en faveur de Vanesse, Antoine, Joseph : « Je, soussigné, avoir vu le dernier fait d’armes du nommé Antoine Valée (sic) dans la journée du 29 juillet 1830, où il a reçu la blessure qui si elle ne lui coûte pas la vie le privera de l’usage de son bras. » Ce dernier fait d’armes était ainsi relaté dans le témoignage de la participation de Vanesse aux combats : « […] Que là, à 1 heure après-midi, voyant qu’il n’y avait plus que quelques gardes royaux qui occupaient les chambres du premier étage de la mercière, rue Saint-Honoré n° 261, et qui faisaient feu sur le peuple et tuaient un grand nombre, il résolut de s’en emparer. Pour y parvenir, il s’adossa aux maisons attenantes et parvint à la boutique de la mercière, en enfonça la porte, monta au premier, où il trouva cinq gardes royaux et un lieutenant, qui faisaient feu. A l’instant, il sauta sur le lieutenant, le désarma, ainsi que les cinq gardes, jeta leurs armes dans la rue, ensuite détacha les épaulettes, le hausse-col et l’épée de l’officier. Celui-ci, se croyant perdu, lui offrit sa bourse remplie d’or, qu’il refusa, disant “Je ne suis point un voleur ; je défends ma liberté et mon pays.” Il lui promit qu’il ne lui serait fait aucun mal mais qu’il fallait qu’ils viennent avec lui à l’état-major. Mais, au moment où il donnait le bras à l’officier pour descendre, un coup de feu partit du café Pic, situé vis-à-vis au coin de la rue du Rempart, dirigé sans doute sur l’officier atteignit le malheureux Vales, lui fracassa l’épaule et la balle resta dans la poitrine. Il reçut les premiers secours de M. Filiol, médecin rue Saint-Louis-Saint-Honoré, et fut ensuite transporté Hôtel de la Louisiane, rue du Rempart-Saint-Honoré, où il reçut tous les soins que réclamait son état. De là, on le transporta rue Saint-Marc, où on lui a extrait la balle de la poitrine, et, le lendemain, il fut conduit à l’hospice Saint-Louis, où il est en ce moment. Sa femme, mère de famille, n’a que lui pour la faire subsister ainsi que son enfant âgé de cinq ans. Le sieur Valet, malgré la gravité de son mal, n’a point quitté les épaulettes non plus que le hausse-col dont il s’était emparé au moment où il fut blessé. » Il fut d’ailleurs nommé subrogé-tuteur par le conseil de famille de l’orphelin que laissait Vanesse. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 52, rue d’Argenteuil en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vanesse, Antoine, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Forestier, Denis, François.