Despommiers Desbaunes (par erreur parfois seulement Desbaunes), Louis-François

Biographie


Né le 3 décembre 1781 (dans son dossier à la Légion dhonneur, qui contient son acte de baptême) (parfois mais par erreur vers 1766) à Chéroy (Yonne), fils de Despommiers Desbaunes, Pierre, Louis, chef de fruiterie de Monsieur, et de Guilliot, Louise, Victoire, son épouse. Entré au 9e régiment de dragons, le 18 vendémiaire an XI, nommé brigadier le 25 juin 1807, réformé pour cause de blessure le 10 juin 1808 ; il participa aux campagnes d’Austerlitz en l’an XIV, de Prusse en 1806, de Pologne en 1807 ; il entra sans doute au ministère de l’Intérieur puis aux gardes d’Artois le 7 juillet 1814, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 19 janvier 1815, fait sous-lieutenant de cavalerie le 27 février 1815, accompagna la maison du roi jusqu’aux frontières de la Belgique le 20 mars 1815, fait lieutenant de la garde nationale mobile au 4e bataillon de l’Yonne le 15 mai 1815, participa à la bataille de Waterloo en juin 1815, fait sous-lieutenant dans la légion du département de l’Aisne le 6 janvier 1816, mis en demi-solde. Il participa sans doute aussi à la bataille de Wagram et y fut grièvement blessé. Il fut, selon son avocat dans le Complot des patriotes, dans lequel il fut compromis, un de ceux qui se montrèrent au 20 mars, les plus ardents contre l’usurpation, mais un rapport de police dit au contraire qu’il « s’est conduit de manière odieuse, le 20 mars 1815 ». Son corps ayant été licencié à Béthune, il fut reproché à Desbaunes d’avoir abandonné la cause du roi et rejoint l’Empereur. Il connaissait la femme Picard pour avoir été élevé dans le même pays qu’elle, et c’est par elle qu’il fut initié au complot. S’il participa à celui-ci, c’est par « pure curiosité », dira-t-il, et après avoir manifesté bien des réticences. Il fit le reproche que la proclamation n’était pas assez explicite sur la personne qu’on voulait porter sur le trône, demanda plusieurs fois des explications sur la conspiration et eut à ce sujet des entrevues avec Pleignier et Carbonneau. Perquisitionné, on trouva à son domicile, trente-quatre cartes de l’association et trois exemplaires de la proclamation (un dans son lit et un dans chacune de ses bottes) et une chanson outrageante pour le roi et pour la famille royale. Il avait montré les cartes et la proclamation à un ancien militaire, Deverneuil, et celui-ci, après lui avoir demandé de lui en fournir d’autres et de lui obtenir des explications sur le plan et le but de la conspiration, le livra ensuite à la police. Au procès, la femme Picard tenta d’intercéder en sa faveur : « Si j’osais vous prier d’avoir égard aussi à la malheureuse position où se trouve M. Desbaunes ! C’est moi, messieurs, qui suis la cause qu’il se trouve dans de pareils malheurs. Il appartient à une honnête famille, à laquelle j’ai eu de grandes obligations dans mon enfance. Son père m’a rendu de grands services ; et aujourd’hui, pour récompense de ces services, il s’est trouvé que c’est moi qui vais être la cause que son père sera privé de recevoir ses embrassements. Non, messieurs, je vous en supplie, que la faute retombe sur moi seule : rendez à un malheureux père un fils qu’il ne cessa de chérir. Par ce moyen, messieurs, moi seule je subirai la faute que j’ai commise, et je n’aurai pas la honte, quand j’irai dans son pays, comme j’y vais très souvent, de recevoir des reproches de son malheureux père. » Condamné à la déportation, pour impression ou distribution d’écrit contenant des provocations directes au renversement du gouvernement et non-révélation dans les vingt-quatre heures de complot, le 7 juillet 1816, il eut une bonne conduite en prison et fut gracié, le 25 août 1818. Une note, en date du 14 novembre 1818, nous apprend qu’il habitait toujours 4, place du Palais-de-Justice et aussi : « Despommiers doit, au moyen de 80.000 francs que lui donne son père, entreprendre le commerce des bois [...]. Pendant vingt jours que nous avons surveillé le sieur Despommiers, nous ne l’avons vu que s’occuper de ses affaires d’intérêts. Il voyait tous les jours sa mère, qui demeure à la place du Palais-Royal, et son frère qui a passé quelques jours à Paris où son commerce de bois l’oblige à venir souvent. » Le 11 août 1819, à l’occasion de la fête du roi, il lui fut fait grâce du restant de la peine de la surveillance à laquelle il était assujetti. En 1819, sur la recommandation du général Lafayette, il fut réintégré sur les contrôles de la Légion d’honneur. Il participa à la Révolution de 1830, décrivant ainsi sa participation : « Ancien officier, je me rendis en armes le 28 juillet à la place de Grève, où je me joignis aux citoyens, avec lesquels je combattis jusqu’au soir. Le 29 juillet, à la tête d’un peloton d’environ trente hommes, je me trouvai à l’attaque du Louvre, à celle des Tuileries et dans la rue Saint-Honoré, où je perdis plusieurs de ceux qui s’étaient placés sous mes ordres. » Il était porteur du certificat suivant signé par Planque, Jean-Baptiste, Joseph (voir ce nom), demeurant 23, quai de la Cité : « Je, soussigné, certifie avoir vu M. Despommiers Desbaunes le 28 juillet à la place de Grève et le 29 à l’attaque du Louvre, des Tuileries et dans la rue Saint-Honoré où nous étions ensemble, que plusieurs citoyens sont tombés morts à ses côtés et que moi-même atteint d’une balle près de la rue de Rohan qui me traversa le cou, je suis tombé dans ses bras et qu’il a partagé les dangers qui nous environnaient de toute part. » Signé le 30 août 1830. Jarijon, Léonard, maçon, demeurant 32, rue de la Mortellerie chez Jomeau, Jacques, logeur, certifia l’avoir vu le 28 juillet à la Grève et le 29 au Louvre, les armes à la main. Sexe, Jean-Baptiste, Joseph (voir ce nom), demeurant 6, rue Chapon, lui délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, atteste avoir vu M. Despommiers Desbaunes le 29 juillet dernier conduisant un peloton d’environ trente hommes à l’attaque du Louvre. Je le perdis de vue dans les Tuileries mais je le revis rue Saint-Honoré près de la rue de Rohan, à l’instant où je venais de recevoir sept blessures. J’ai été témoin que ce citoyen faisait tous ses efforts pour réunir les hommes qui s’étaient mis sous son commandement partout où le danger existait. » Signé le 31 août 1830. Il sollicita d’être réintégré sur le cadre des officiers de l’armée et rentrer en activité. Rutich illisible, demeurant 10, quai de l’Ecole le recommanda auprès de Delannoy, membre de la Commission des récompenses nationales (Rutich expliquait : J’ai l’honneur de vous rappeler que votre camarade Zeiller est mon ami, que mon père est son parrain et que je suis collègue et ami de M. Berryer [à l’Intérieur]). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante de R. Leymarie (qui annote beaucoup de dossiers mais souvent avec malveillance) : « Les détails de M. Despommiers Desbaunes sont tous inexacts. M. Desbaunes n’a pas droit à une récompense honorifique, malgré toutes les belles attestations qu’il possède. » Par contre une autre apostille « Très bon » est aussi sur le dossier. Il sollicita le grade de lieutenant. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il signa le certificat suivant en faveur de Darbo fils, François : « Je, soussigné, certifie que M. Darbo fils a montré dans les mémorables journées des 28, 29 et 30 juillet 1830, un dévouement digne des amis de nos libertés ; qu’il a participé à la prise de l’Hôtel de ville et le 29 à celle du Louvre et des Tuileries et qu’il s’est porté sur d’autres points où le danger existait et particulièrement dans la rue Saint-Honoré, puis celle de Rohan, où je le vis moi-même faire tous ses efforts pour repousser nos ennemis. » Peu après la révolution, il était lieutenant au 24e régiment de ligne. Il mourut le 1er janvier 1860 à Saint-Pierre-lès-Nemours (Seine-et-Marne). Il demeurait en garni, 4, place du Palais-de-Justice en 1815-1816 ; à Chéroy en 1819 ; 10, quai de l’Ecole en 1830. Procès de la conspiration des Patriotes, chez Patris, Paris, 1816 ; le Moniteur universel, 7 juillet 1816 ; le Journal des débats, 20 août 1818 ; Archives de la Préfecture de police AA 335 p. 4, 33 et 267 ; La Prison politique en France, J.-C. Vimont, Anthropos, 1993 ; LEpopée des régicides. Passions et Drames. 1814-1848, Louessard, l’Insomniaque, Paris, 2000 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Darbo fils, François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F 7 6635, arrestation du 13 mai 1815 ; Archives nationales F 7 6816, BB 21-222 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/2194/69.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.