Diguet, Victor

Biographie


Né vers 1809 à Tournay (Calvados). Cuisinier chez Guet. Il était porteur du certificat suivant : « Les soussignés attestent qu’il est à leur parfaite connaissance que M. Diguet, Victor, […] a contribué de tout son pouvoir au succès des journées des 27, 28 et 29 juillet, par son dévouement et le courage qu’il a montré et particulièrement en faisant rendre les armes à quatre gardes royaux qui tiraient sur le peuple, dans une maison rue Saint-Honoré n° 263, et n’a pas craint d’exposer ses jours en les conduisant à l’ambulance place du Carrousel. Issu d’une famille honorable, il nous paraît mériter aussi par ses qualités morales et physiques toute la bienveillance du gouvernement afin de faciliter son avancement dans la carrière des armes, qu’il va embrasser. » Signé : Parly fils, demeurant 19, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; Châlot, demeurant 3, rue de la Parcheminerie ; Thierÿ, Pierre, « blessé place du Palais-Royal » ; Chosneret illisible, demeurant 263, rue Saint-Honoré ; Guigne, demeurant 36, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; et plusieurs noms sans adresse : Provot (sans doute demeurant 263, rue Saint-Honoré comme plus bas) ; Brisson ; Joutel, Germain, « compagnon d’armes de Saint-Cloud » ; Cailliat. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Par une lettre en date du 8 octobre 1831, il expliquait qu’il avait été présenté, en décembre 1830, au général Fabvier, pour obtenir de l’avancement dans la carrière des armes, qu’il voulait embrasser ; le général lui avait fait une lettre de recommandation pour le maire du (ancien) IVe arrondissement, pour le porter sur la liste des sous-lieutenants, ce qui lui fut promis par le maire. Quelques mois plus tard, sans nouvelle, Diguet était retourné voir le maire, qui l’avait envoyé voir son adjoint, qui l’avait envoyé voir le secrétaire de la Commission des récompenses nationales pour l’(ancien) IVe arrondissement, qui lui avait donné l’assurance qu’il pouvait être tranquille et que son affaire avançait. Ne voyant pas son nom sur la liste des sous-lieutenants nommés sur proposition de la Commission des récompenses nationales, quand elle parut, il était allé se plaindre à Delannoy, qui lui avait dit que puisque tout espoir était perdu pour une sous-lieutenance, il allait faire tout son possible pour qu’il obtînt la croix de Juillet ; non compris non plus sur les listes de décorés de la croix, il était retourné voir Delanoy mais celui-ci n’était plus à Paris ; il n’avait obtenu ni grade ni croix, du fait de négligences successives. Il joignait à sa demande ce nouveau certificat : « Les soussignés attestent qu’il est à leur parfaite connaissance que M. Victor Diguet, âgé de vingt et un ans, demeurant rue Neuve-des-Mathurins n° 56, a contribué de tout son pouvoir au succès des mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, par son dévouement et le courage qu’il a montré lors des événements. Le 27, il était sans arme rue Saint-Honoré. Le 28, il était armé d’un fusil de munitions qu’on lui avait prêté et a combattu avec, étant placé au bout du pont des Arts, en face l’Institut. Le 29, il était armé d’une carabine, prise à Saint-Thomas-d’Aquin et a combattu, toute la journée, avec particulièrement à la prise du Louvre. S’étant ensuite dirigé vers le quartier du Palais-Royal, là, il a fait rendre les armes à quatre gardes royaux, dans une maison rue Saint-Honoré n° 263, au 6e et les a conduits place du Carrousel, au lieu d’ambulance qui était formé ces jours. » Signé, le 14 septembre 1831 : Guigne, demeurant 36, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; Joutet, Germain, « combattant de Juillet » ; Provot, demeurant 263, rue Saint-Honoré ; Léon, demeurant 36, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; Butté, demeurant 19, rue Saint-Thomas-du-Louvre ; une signature qui peut être Desertine ou Desortine « combattant de Juillet » ; Gourlet illisible, « combattant de Juillet » ; Chalot, « combattant de Juillet », demeurant 3, rue de la Parcheminerie ; Thomeret ; Thierÿ, Pierre, « blessé » ; Cailliat illisible, « combattant de Juillet » ; Changey, demeurant rue du Petit-Vaugirard ; Trousselat illisible. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme dans une position sociale heureuse. Il demeurait hôtel de Bourgogne et de Lyon, rue du Bouloi (ou peut-être aussi 263, rue Saint-Honoré) en 1830 ; 56, rue Neuve-des-Mathurins en 1831. Archives de Paris VK3 43 ; Archives de la préfecture de police AA 385.

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