Dominique, Charles

Biographie


Né vers 1790 à Blois (Loir-et-Cher). Cordonnier. Il s’illustra au Louvre et à la caserne de Suisses de la rue de Babylone. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Il est de mon devoir et d’après la demande du sieur Dominique, Jean, Charles (sic) de certifier qu’il a été aux trois jours de Juillet et qu’il a contribué de tout son pouvoir au soutien de nos droits et de notre liberté. » Signé, le 12 juillet 1831 : Renaudin (voir Renaudin, Jean-François, Pierre), demeurant 8, rue des Canettes ; Favre, demeurant 9, rue Sainte-Marguerite. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune et sans place. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 23 mars 1848, à la Commission la lettre suivante : « Le citoyen Dominique, Charles se rappelle à vos souvenirs, comme ayant fait partie de la Société des droits de l’homme, section du 21 janvier, présidée par les citoyens Cavaignac, Guinard, Lhéritier, Hubin de Guerre. En juillet, j’ai assisté à la prise de Babylone, les armes que j’ai chez moi ont été prises dans la caserne des gardes de chasse, rue de Vaugirard. Aux affaires de juin [1832, N.D.A.], même section du 21 janvier, aux affaires d’avril [1834, N.D.A.] rue Saint-Hyacinthe même section. Au banquet de Duhamel, une perquisition très prolongée a été faite chez moi dans la nuit par le commissaire de police du (ancien) Xe. Le citoyen Jourdain a été mon juge d’instruction, la citoyenne Vigne, ma propriétaire, ayant répondu pour moi, j’ai été quitte pour remettre ordre au désordre qu’il avait fait. Je pense, citoyens, que vous trouverez mon nom dans vos souvenirs. Soyez bien persuadés, citoyens, que si je me rappelle à votre mémoire c’est moins pour une récompense que pour l’utilité que je puis être encore à la cause que nous avons tant désirée et qui s’est accomplie d’une manière si inattendue qu’il est peu de républicains qui ne croient rêver. Je serai heureux citoyens si vous m’offrez encore le moyen de participer comme vous à la conservation d’une voie accomplie, je le recevrai avec plaisir et je me croirai heureux de me retrouver avec de vieilles connaissances, comme le citoyen Martin Bernard. » Il joignait à sa lettre le certificat suivant : « Nous, soussignés, membres de la Société des droits de l’homme, section du 21 janvier, présidée par les citoyens Godefroy Cavaignac, Guinard, Lhéritier et Ubin de Guerre, certifions qu’en ladite année, en avril, étant rue Saint-Hyacinthe, en armes chargées et munis chacun de quatre paquets de cartouches, nous avions parmi nous, commandés par les citoyens plus haut dénommés, le citoyen Dominique, Charles, qui nous est particulièrement connu, a coopéré à tous nos travaux et partagé tous nos périls dans les combats que nous avons livrés contre les citoyens de la XIe légion de la garde nationale et que notamment ledit Dominique a fait descendre un bourgeois de sa voiture et la fit servir à la barricade que nous formions rue susdite Saint-Hyacinthe. » Signé, le 12 octobre 1848 : Delaruelle (voir Delaruelle, Jean-Jacques Rousseau) décoré de Juillet, ex-sergent dans le (ancien) Xe arrondissement, demeurant 6, rue du Gindre, qui ajoutait que Dominique avait été « exact à son poste » ; Judeaux ou Judeau, sous-chef de la section du 21 janvier de la Société des droits de l’homme, lieutenant à la 1er compagnie de la XIe légion ; Deboux illisible, ancien chef de la section du 21 janvier, demeurant 5, rue de Poissy ; Moreau, chef de section, demeurant 32, place Maubert ; Rebour, ancien sous-chef de la section du 21 janvier de la Société des droits de l’homme, demeurant 3, rue de Poissy ; ...lophe, faisant les fonctions de président de la section du 21 janvier de la Société des droits de l’homme, demeurant 8, place Saint-Sulpice. Les officiers Pillon capitaine, Harouel sergent de grenadiers, Marmard chef de bataillon, Feugneu illisible sous-lieutenant attestaient que « depuis le 22 février dernier le citoyen Dominique a fait avec un zèle digne d’éloges le service de la garde nationale dans les rangs de la 2e compagnie du 3e bataillon de la IXe légion de la garde nationale ». Il fut recommandé par la Commission pour un secours une fois donné. Il était marié en 1848. Il demeurait 60, rue Neuve-de-Seine en 1831 ; 19, rue de la Calandre en 1848. Archives de la préfecture de police AA 385.

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