Dorcy dit Montz, Alphonse, Théodore
Biographie
Né vers 1805. Négociant. Il fut blessé le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone et mourut le 10 août suivant des suites de sa blessure. Dans ses Souvenirs, le docteur Poumiès de la Siboutie laisse le témoignage suivant sur les circonstances dans lesquelles Dorcy fut blessé et mourut des suites de sa blessure : « Je fus appelé pour donner des soins à M. Alphonse Mont, mort des suites de ses blessures le 10 août à l’âge de vingt-cinq ans. Il avait fait d’excellentes études et possédait une grande instruction. Appartenant à une famille riche, qui l’aimait tendrement, il n’avait rien à désirer. Le lundi 26, Alphonse courut au Palais-Royal, se mêla aux groupes ; le mardi, il harangua ceux qui l’entouraient et leur communiqua l’indignation dont il était animé. Le mercredi, il fut le premier qui se montra en armes ; quoique légèrement blessé, il ne quitta le champ de bataille que lorsque tout fut terminé. Le jeudi, il échappa à la surveillance de ses parents et se joignit à la colonne qui allait attaquer les Suisses à la caserne de Babylone. C’est là qu’il reçut une balle dans la cuisse. On le vit toujours au premier rang. Aussi brave qu’éloquent, il dominait la multitude par cet ascendant d’une âme fortement trempée. Dans les soins que je lui donnai, je le trouvai calme sur son état, se félicitant de sa conduite pendant ces trois journées, mais en termes simples, modestes et ne pensant qu’à son pays. C’était du véritable héroïsme. » La chronique de l’époque relatait à son sujet : « M. Alphonse Montz, ancien élève du collège Bourbon, qui s’était fait remarquer par son courage pendant les deux journées des 28 et 29 juillet, notamment à l’attaque de la caserne des Suisses de la rue de Babylone, où il fut blessé d’une balle à la cuisse, vient de succomber à cette blessure. Sa famille avertit les personnes auxquelles on n’aurait pas eu le temps de faire parvenir des lettres, que le service aura lieu aujourd’hui mercredi 11 août, à 1 heure, à l’église de l’Abbaye Saint-Germain-des-Prés. Le convoi partira de la maison de M. Massinot, son beau-père, rue du Dragon, n° 42. » Le Courrier français, 11 août 1830. Le Constitutionnel du 12 août 1830 publia l’article suivant relatif à son enterrement : « Un riche corbillard traversait aujourd’hui Paris, paré d’un drapeau, avec cette inscription aux quatre coins du drap mortuaire Victime des 28 et 29 juillet. Il était accompagné d’un détachement de la garde nationale et d’un grand concours de citoyens, parmi lesquels on remarquait une députation de la garde nationale du Havre. Ce convoi était celui de M. Alphonse Montz, mort à la suite d’une blessure qu’il avait reçue à l’attaque de la caserne, rue Babylone, où il s’était distingué par son courage. M. Ch. Lucas, avocat, son ancien camarade de collège, et témoin de sa bravoure pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, lui a adressé les derniers adieux au milieu de l’émotion générale de tous ceux qui connaissaient les bonnes qualités de cet excellent jeune homme. Les honneurs militaires lui ont été ensuite rendus par le détachement de la garde nationale. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Ses parents, riches, refusèrent la pension qui leur fut allouée et demandèrent que le nom de leur fils fût inscrit au Panthéon. Son beau-père, Massinot, signa, le 8 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Briges de, Prosper, Victor, Hyacinthe ou Hippolyte : « Je certifie que M. de Briges, artiste peintre, demeurant rue Racine n° 2, à Paris, a ramené chez moi, rue du Dragon n° 42, mon beau-fils, Alphonse Montz, blessé à la prise de la caserne de la rue de Babylone et mort le 10 août des suites de sa blessure. Je certifie de plus que M. de Briges était armé d’un fusil-arbalète. » Il demeurait 42, rue du Dragon chez ses parents en 1830. Le nom de D’Orcy-Montz (A.-T. D’Orcy-Montz) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Souvenirs d’un médecin de Paris, Dr Poumiès de la Siboutie, Plon et cie, Paris, 1910, p. 220-221 ; Le Figaro, 13 août 1830 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, état de six demandes formées uniquement pour obtenir l’inscription au Panthéon du nom d’un égal nombre de victimes de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/53 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81 (sous le nom de D’Orcy-Montz, Alphonse, Théodore), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Briges de, Prosper, Victor, Hyacinthe ou Hippolyte ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.