Dordain, Louis, François, Albert
Biographie
Né le 18 février 1802 à Cambrai (Nord). Peintre. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, pour faire valoir la conduite qu’il avait tenue pendant la dernière révolution, mais qui nous donne quelques rares indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il écrit en effet : « […] Combattant de juillet 1830, il me serait presque impossible maintenant de retrouver ceux qui combattirent à mes côtés à cette époque. Moins heureux que tant d’autres, je n’ai rien réclamé. Citoyen obscur mais fermement attaché aux principes républicains, désintéressé avant tout […]. » Sa demande était apostillée de très nombreuses signatures : Casot, Pierre ; Sage, demeurant 6, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Cartil, demeurant 10, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Regimbal, demeurant 5, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Biaury, demeurant 12, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Merieb illisible, demeurant 52, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Verdron ou Verdran illisible, demeurant 9, rue Saint-Denis ; Chéron, demeurant 6-8, rue Saint-Denis ; Deserour ; Danveau, demeurant 8, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Cordant, demeurant 7, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Horin illisible, demeurant 10, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Delmas, demeurant 5, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Roucour, demeurant 2, rue Saint-Denis ; Petitbled, demeurant 7, rue Saint-Denis ; Ricoux, demeurant 50, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Thébault, demeurant 48, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Leroy, demeurant 46, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Parissot, demeurant 12, rue Saint-Denis ; Morisot, demeurant 42, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Labriet, demeurant 44, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie ; Chéron, Louis, demeurant 14, rue Saint-Denis ; ...ensonvae..., demeurant 10, rue Saint-Denis ; Secrétain, sous-lieutenant, demeurant 2, rue Saint-Denis ; Mousse, capitaine à la 1re compagnie du 4e bataillon de la IVe légion ; Dugrais illisible, Garna..., demeurant 8, rue Bertin-Poirées ; Morel, Charles ou Merel, Charles, marchand épicier, garde national, chasseur à la IVe légion, demeurant 9, rue Saint-Germain-l’Auxerrois . Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Lambert, marchand de vins, rue Traînée n° 3, certifie que le nommé Dordain, Louis a combattu à la barricade du Château d’eau, place du Palais-Royal, le 24 février, et qu’il s’est conduit d’une manière remarquable. » Signé, le 27 août 1848 : Lambert. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le citoyen Louis, Dordain, ouvrier peintre, demeurant rue Maubuée n° 29, le 24 février, à l’attaque du Château d’eau, place du Palais-Royal et que, malgré une blessure qu’il avait à la tête, il a constamment combattu avec ardeur et n’a quitté la place qu’après le combat. » Signé, le 26 août 1848 : Roller ou Rollez, demeurant 15, place du Vieux-Marché-Saint-Martin ; Cousin, A., demeurant 48, rue Saint-Martin. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitant la rue Saint-Denis près la place du Châtelet, attestons que le citoyen Dordain, Louis, François, ouvrier peintre, a coopéré puissamment, par l’énergie qu’il a déployée, au triomphe de la liberté, qu’il a, un des premiers, mis la main à l’érection de ladite barricade, qu’attaquée à l’improviste, il a riposté au feu et a protégé les travailleurs, presque seul et toujours à découvert ; et qu’après le combat il est resté six jours et six nuits sans prendre un instant de repos, pour maintenir l’ordre et que, sans ordre de l’autorité, il a constamment fait preuve de zèle et de dévouement. » Signé, le 7 mars 1848 : Gilquin, demeurant 10, rue Saint-Denis ; Bourrassel, chef de la barricade ; Corinet, demeurant 2, rue Saint-Denis ; Duverger, limonadier, demeurant 3, rue Saint-Denis ; Langle, limonadier ; Caron, A., limonadier, demeurant 1, rue Saint-Denis. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était veuf et sans enfant en 1848. Il demeurait 29, rue Maubuée en 1848. Archives de la préfecture de police AA 385.