Doreau, François
Biographie
Né vers 1804 à Briolles-le-Chantre (Vienne). Maçon-fumiste. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe gauche. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la décoration de Juillet et un emploi au Timbre. Il était porteur de trois certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que je me suis présenté ce jourd’hui, 29 du présent chez le sieur Doreau, demeurant rue des Batailles n° 2, étant spécialement chargé de faire le recensement des personnes blessées dans les trois journées de Juillet, pour inscrire ledit sieur Doreau, qui avait reçu plusieurs blessures, entre autres une au genou gauche d’une balle qui lui ôtait la faculté de marcher. Il n’a pas voulu que je l’inscrive sur ma liste croyant que c’était par humanité, m’alléguant qu’il serait bientôt en état de travailler et qu’il ne voulait recevoir aucune humanité de qui que ce soit. » Signé, le 29 juillet 1830 : George. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir vu le nommé François Doreau, dans les journées glorieuses du 28 et 29 juillet 1830, montrer le plus grand zèle à former les barricades ; qu’il s’est mis à la tête des travailleurs pour barricader les rue Saint-Pierre et des Batailles, malgré les balles qui sifflaient autour de lui ; que, pendant cet acte de courage, il a été blessé d’une balle au genou et qu’après avoir perdu dans ce travail une partie de ses outils, quoique blessé, il a saisi un fusil et pris part au combat qui s’est engagé dans la rue de Chaillot avec les troupes royales, qu’il a fait des prisonniers, qu’il a accueillis généreusement et revêtus de ses habits. A ces titres, le sieur François Doreau a des droits à la bienveillance de la Commission et est digne des récompenses qu’elle est chargée de distribuer. » Signé le 20 juin 1831 : Cail, demeurant 7, rue des Batailles. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Doreau s’est trouvé les 28 et 29 aux attaques qui se sont faites par les troupes royales dans les quartiers de Chaillot. Je suis témoin que le susnommé s’est toujours conduit avec bravoure et illisible. Si les récompenses nationales doivent être données à ceux qui l’ont mérité, je trouverais que ledit sieur Doreau est un de ceux qui ne doivent pas rester en arrière. » Signé le 25 juin 1831 : Cail, demeurant à Chaillot. On trouve aussi dans son dossier cette note recueillie sur son compte : « Le réclamant Rousseau déclare que le sieur Doreau n’a nullement pris part aux affaires de juillet 1830. En outre le dit Doreau se plaît à proclamer partout que notre commission est une société secrète et politique. » Signé : Rousseau, Charles, Amédée, demeurant 7, rue de Chaillot. Il était père de deux enfants en 1848. Il demeurait 2, rue des Batailles à Chaillot en 1831. Archives de la préfecture de police AA 385.