Drouot, Jules, Napoléon
Biographie
Né le 3 mars 1812 à Paris. Musicien de bal, jouant tous les dimanches à la Belle Moissonneuse, où il gagnait sept francs par dimanche, autrement tonnelier mais sans ouvrage depuis trois mois et « dans la plus affreuse misère », il envoya une lettre à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir un emploi de fort des miramiones (??), et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet et son activité dans les combats pour la république. Il adressa en effet la lettre suivante à la Commission : « J’ai combattu le 28 juillet 1830 à la place de Grève et le 29 nous sommes partis de l’Hôtel de ville, environ deux mille ensemble pour tenir les buttes Montmartre mais arrivés rue Cadet, l’on nous a fait rentrer dans un manège et nous sommes revenus en battant les boulevards à la place de Grève. Le 30, j’ai été pour empêcher l’évasion des prisonniers de La Force. Le 5 juin, enterrement du général Lamarque, j’étais au désarmement du marché Saint-Jean. J’ai désarmé, le premier, un des voltigeurs du poste de la rue Geoffroy-Langevin. Rue Mauconseil, nous tirions de chaque côté du poste. Moi, je me suis mis en face, j’ai tiré et l’on a pris le poste aussitôt nous avons pris le poste de la halle. Le 6, à Saint-Mery, j’ai sonné le tocsin. J’étais de la Société des droits de l’homme. Au 12 et 13 avril, j’étais à la barricade rue Beaubourg. Ma section en faisait partie. Enfin en 1848 comme toujours j’ai aimé la liberté […]. » Il disait avoir déjà postulé pour cet emploi, par une pétition envoyée le 29 novembre 1847. Sa demande fut rejetée. Il était père de deux filles, âgée de quatre et trois ans en 1848, avait son père âgé de soixante et onze ans à charge, et était concubin. Il demeurait 76, rue des Noyers (mais lui écrit 6, rue des Noyers) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 386.