Duchatellier, Armand, René

Biographie


Né vers 1802 à Quimper (Finistère). Propriétaire. Il proclama la déchéance du gouvernement dès le 27 juillet à 14 heures, participa au désarmement des postes de la rue Charles X et organisa la défense de Montmartre. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il adressa, le 8 mai 1831, la lettre suivante (quil signe du nom de Maufras Duchatellier, Armand, René) : « […] L’un des premiers à se mêler aux patriotes, dès le mardi à 2 heures de l’après-midi, il proclamait, vis-à-vis le Théâtre-Français, la déchéance de l’ancien gouvernement. Le mercredi à 9 heures du matin, il s’était armé d’un bâton dans le faubourg Poissonnière lorsqu’une troupe de patriotes se présentèrent pour enlever les postes de la rue Charles X et de la caserne Poissonnière. Les soldats étaient sortis de leur corps de garde et l’un des patriotes en armes commandait déjà le feu. Je me jetais entre les combattants et, arrivant sur le sergent du poste, je le sommais de remettre et ses armes et ses cartouches. Les patriotes s’approchèrent et le poste fut enlevé. La même opération s’opéra par la troupe dont je faisais partie pour le poste de la rue Cadet et celui de l’Opéra. A 10 heures environ, j’étais de retour à Montmartre, commune à laquelle j’appartiens et où j’avais laissé ma femme et mon enfant. Le maire étant absent, je me rendis immédiatement chez M. l’adjoint Belhomme (voir Belhomme, Jean, François), pour le prier, et le sommer au besoin, de faire armer la commune au plus tôt ; les troupes de la garde, si elles étaient repoussées, devant songer à prendre position sur les buttes. M. Belhomme m’ayant donné une première défaite, je réitérais ma démarche, sans qu’il voulût, cette fois plus que la première, disposer des agents de la commune pour organiser la défense. Je me retirai et nous nous armâmes, mes amis et moi, pour faire toutes les dispositions convenables à une bonne défense. N’ayant rien à ajouter aux faits ci-dessus, puis-je solliciter la décoration de Juillet ? Ma conscience et la manière dont j’ai rempli mon devoir m’enhardissent à demander au moins la médaille, et je le fais avec d’autant plus de confiance que le sieur Belhomme, sus-désigné, est porté au Moniteur pour la décoration. Outre le refus que j’ai signalé et que j’atteste, il n’a cependant quitté l’écharpe blanche que le 29 juillet, à la sollicitation itérative des hommes qui s’étaient armés de leur propre mouvement […]. » Suivait l’apostille suivante : « Les soussignés se font un plaisir d’attester les faits ci-dessus relatifs à M. Belhomme pour être à leur parfaite connaissance. » Signé : Vallée, demeurant 30, rue du Chemin-Neuf à Montmartre ; Dubosc ou Duboscq (prénommé sans doute Richard) ; George ; Tourlaque. Le député du Finistère, Le Bastard de Kerguiffinec, député du Finistère, attestait la sincérité de son exposé, parce que connaissant les principes de Duchatellier et ce dernier comme « un des citoyens les plus dévoués à la révolution de Juillet ». Le 17 août suivant, il faisait parvenir une nouvelle lettre à la Commission, alors qu’il avait déjà assisté à deux réunions de cette Commission mais était reparti à Quimper : « M. Maufras Duchatellier, Armand, René vous a fait remettre par M. Le Bastard, son parent, député du Finistère, une demande pour la décoration de Juillet. Vous avez pensé, dans l’intérêt de cette demande, que la production de nouveaux titres serait utile. M. Duchatellier n’a peut-être pas, en effet, fait ressortir suffisamment, dans le certificat qu’il a produit, les circonstances qui appuient sa pétition. Il a plutôt établi le méfait du sieur Belhomme, si inconcevablement décoré de Juillet, qu’il n’a constaté de fait la part active et décisive qu’il avait pris à l’armement et à la défense de Montmartre. M. Duchatellier avait pensé que MM. les commissaires apprécieraient eux-mêmes ce fait, à la simple lecture de sa demande et du certificat, qui, en établissant le refus de concours fait par l’adjoint de Montmartre, établissait aussi et par déduction que lui, M. Duchatellier, avait provoqué et décidé l’armement que le fonctionnaire Belhomme refusait si opiniâtrement. MM. les commissaires, si ces explications ne leur suffisent pas, pourraient prendre et trouver dans la commune de Montmartre, près des hommes habitant la rue du Chemin-Neuf particulièrement, tous les renseignements qui pourraient éclairer leur religion. En s’en remettant au discernement et à la justice de MM. les commissaires, M. Duchatellier n’hésite pas à leur faire observer que, salarié et employé au ministère de l’Intérieur sous la férule de Peyronnet au moment des événements, il sut oser et se décider à livrer aux mêmes hasards et son emploi et sa tête. Quant au fait relatif à l’enlèvement du poste de la rue Charles X et de tous ceux occupés dans la rue Faubourg-Poissonnière, Cadet, il ne peut, comme il l’a déjà dit, que s’en remettre aux renseignements que MM. les commissaires voudront bien prendre. MM. les commissaires, en dernière analyse et se rappelant sans doute que le mercredi vingt pièces d’artillerie passèrent dans la plaine de Saint-Denis, en longeant Montmartre, apprécieront quel poste nous était confié et de quelle utilité eussent pu être nos mesures de défense. M. Duchatellier, éloigné de Paris, attendra tout de la justice et de la bienveillance qu’il invoque. » Duchatellier demeurait 3, rue du Chemin-Neuf à Montmartre en juillet 1830 ; à Quimper en 1831. Archives de la préfecture de police AA 386. Sans doute dagit-il de De Maufras du Chatellier, Armand, René, historien breton ? sil est parent du député breton Lebastard

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