Ducroux, Benoît

Biographie


Né le 19 germinal an X à Jullié (Rhône), fils posthume de Ducroux, Jean, Marie, charpentier, et de Bonnet, Huguette, son épouse. Charpentier, travaillant chez Pagé, maître charpentier 79 bis et 81, rue du Faubourg-Saint-Martin. Il combattit les 27, 28 et 29 juillet. On trouve dans son dossier une note intitulée Renseignements relatifs à la mort du sieur Ducroux, Benoît, et ainsi rédigée : « On l’a vu combattre les 27, 28 juillet. Le 29, après la retraite des troupes royales, il a été trouvé dangereusement blessé sur la place du Louvre, une balle lui avait fracturé l’épaule gauche. On le retira, presque expirant, dans une maison voisine et les plus grands soins lui furent prodigués. Le 30, ayant un peu recouvré ses forces, il fut conduit chez les sœurs de la charité, rue du Faubourg-Saint-Martin n° 107, d’où, attendu l’intensité de sa blessure qui nécessitait une amputation, il fut transporté le 1er août à l’hôpital Saint-Louis, et il y est décédé le 4 du même mois […]. Il a été transporté de chez les sœurs de la charité à l’hôpital Saint-Louis par un nommé Laurent, commissionnaire logé chez ladite dame Lathuile. MM. Lathuile fils, Dargeaud, Jean (sic), Perret, Monsol, Morin, tous logés actuellement chez Mme Lathuile, Renaud, demeurant chez Nicolardon, logeur rue des Vinaigriers, Pagé son maître charpentier, ainsi que plusieurs autres qui ont vu ses blessures et son lit de mort, témoigneront de la vérité. Si de plus amples renseignements étaient nécessaires pour éclairer la Commission, Dargeaud, Jean, compatriote de Ducroux s’empresserait de les transmettre ; il loge chez Mme Lathuiler, rue du Faubourg-Saint n° 115. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Dargaud, Jean, né vers 1810, charpentier, demeurant 115, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Latuille, Denis, Marie, Pierre (sic), né vers 1793, marchand de vin, demeurant 115, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Levet, François, Marie, né vers 1791, limonadier, demeurant 20, rue Sainte-Anne. Ils attestèrent avoir bien connu Ducroux, Benoît et savoir qu’il avait été « victime de son dévouement à la cause nationale dans les glorieuses journées de juillet 1830 ; qu’il a combattu notamment les 27 et 28 dudit mois et que le 29 il a été trouvé dangereusement blessé sur la place du Louvre ; qu’il fut transporté à l’hôpital Saint-Louis, où il est mort des suites de sa blessure le 4 août suivant ». Il était célibataire. Il laissait une mère, Bonnet, Huguette, veuve Ducroux, née le 3 mars 1774 (bien le 3 mars 1774 dans son acte de baptême parfois mais par erreur le 4 mars 1774) à Cluny (Haute-Saône) (on trouve aussi un autre acte de naissance à son nom comme née le 13 janvier 1775 aussi à Cluny, fille de Bonnet, François, manœuvre, et de Meunier, Jeanne). Infirme, indigente, le maire de Jullié lui délivra, en date du 8 février 1831, un certificat comme quoi elle avait toujours mené « une bonne vie et mœurs […] que son état est des plus malheureux, attendu qu’elle ne possède aucune fortune et que les infirmités dont elle est accablée la mettent dans l’impossibilité de pouvoir gagner sa vie, car sans les secours des personnes charitables de la commune elle ne pourrait exister ». Elle fut pensionnée de deux cents francs et il lui fut accordé (sous le nom de veuve Ducroux, née Huguest Bonnet) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 30 thermidor an VII à Mâcon. Sur l’acte de mariage, Ducroux, Jean, Marie est indiqué comme né le 5 septembre 1773 à Juillé (Rhône), fils de Ducroux, Claude, charpentier, et de Favier, Barbe, tous deux cultivateurs à Jullié ; Bonnet, Huguette est indiquée comme étant la fille de feu Bonnet, François, vigneron de son vivant, et de feue Meunier, Jeanne. Ducroux, Jean, Marie devait décéder le 4 brumaire an X à Jullié. Il logeait chez Lathuile, 115, rue du Faubourg-Saint-Martin ; sa mère, à Jullié en 1831. Son nom (B. Ducroux) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 100 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 15 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, état de blessés, registre des différents hôpitaux où ont été soignés les blessés ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Morin ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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