Duheron dit Morillon, Louis, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 24 mars 1784 à Paris. Ancien chasseur de la Garde impériale, ayant onze ou dix-huit années de service, devenu ouvrier sur les ports ou ouvrier de rivière. Il reçut, après la révolution, un total de deux cent quarante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Duheron, Jean-Baptiste sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur). Il y prêta son serment de décoré de la croix de Juillet, le 16 mai 1831, reçut sa croix le 21 juin 1831. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En juillet 1833, pour la revue que le roi devait faire de la garde nationale, à l’occasion de l’anniversaire de la révolution de Juillet il fit partie, pour le (ancien) Xe arrondissement des dix décorés de Juillet choisis par le maire de cet arrondissement parmi ceux qui ne faisaient pas partie de la garde nationale, pour assister à la cérémonie, sur une estrade réservée en face de celle du roi (voir la liste à Harpin, Jean-Baptiste). Cette même année, il reçut, à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet (sur les listes de la mairie, il était toujours ouvrier sur les ports). En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné. En 1835, veuf, ayant trois enfants à sa charge, « sa conduite et son dévouement au gouvernement de Sa Majesté [ayant] toujours été purs et sincères » il sollicita une pension comme décoré et blessé de Juillet. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] A trois enfants, dont un seul est à sa charge ; il exerce la profession d’ouvrier sur les ports. Le prix de ses journées de travail est son unique ressource ; sa position n’est pas heureuse. Il se conduit bien. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1836, ayant perdu un doigt dans son travail, chez Teste, fournisseur de bois de chauffage pour la couronne, sans ouvrage depuis dix-huit mois, il sollicita d’être compris sur la liste des décorés de Juillet qui devaient recevoir un secours à l’occasion des fêtes anniversaires, et un emploi comme homme de peine ou gardien dans l’un des châteaux de la couronne. Il présenta le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions bien connaître le sieur Duheron dit Morillon, Jean-Baptiste, Louis, ouvrier des ports, demeurant quai d’Orsay n° 17, au Gros-Caillou, pour un parfait honnête homme et sur le compte duquel il ne nous est jamais parvenu aucune plainte. Certifions en outre qu’il a combattu dans les journées de juillet 1830, où il a déployé du courage et un dévouement éprouvé, et qu’il n’a reçu aucune indemnité. En outre, certifions de même qu’il est père de trois demoiselles et veuf et qu’il est le seul soutien de ses trois enfants. » Signé, le 27 juin 1836 : Freville, propriétaire, demeurant 17, quai d’Orsay ; Despreaux, propriétaire, demeurant 17, quai d’Orsay. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier sur les ports. Son travail est son unique ressource et il se trouve dans une position extrêmement gênée. Le loyer qu’il occupe quai d’Orsay n° 17, au Gros-Caillou, n’est que du prix de soixante francs par an. Cependant il doit plusieurs termes de loyer. On donne de bons renseignements sur la moralité de cet homme. Il y a un an, il s’est coupé un doigt en travaillant. » En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. En 1838, le préfet de police donnait les renseignements suivants sur son compte : « […] Veuf depuis neuf ans et père de trois enfants dont deux sont encore à sa charge. Il travaille comme ouvrier sur les ports mais il est une grande partie de l’année sans ouvrage ; sa position est très malheureuse. […] C’est un ancien militaire, dont on fait l’éloge sous tous les rapports. » Il reçut, cette année-là, un secours de quarante francs. Le 19 juillet 1839, alité depuis longtemps par suite de ses infirmités, sans ressources, il sollicita un secours mais devait mourir le 11 août suivant. En 1842, la plus jeune, Louise, Alexandrine, née vers 1829, vivait avec sa tante, la veuve Hardy, née vers 1798, blanchisseuse, 53, quai d’Orsay, restée seule avec trois enfants suite à l’épidémie de choléra, mais qui s’occupait selon l’administration de la jeune orpheline depuis une dizaine d’années. Les renseignements de police présentaient la veuve Hardy comme n’ayant d’autres ressources que son état de blanchisseuse et jouissant d’une « bonne réputation sous tous les rapports ». En 1842, la veuve Hardy reçut un secours de cinquante francs. En juillet 1845, la fille, Louise, épouse Lahannier, sollicita un secours. La police recueillit sur son compte les renseignements suivants : « […] Agée de vingt-trois ans, née à Paris, […] est ouvrière à la manufacture des tabacs, où elle gagne un franc par jour. Son mari est homme de peine et gagne deux francs. Ce ménage jouit d’une bonne réputation. » En 1845, sa sœur, Alexandrine, vivait chez elle depuis qu’elle s’était séparée de sa tante, Hardy, et sollicita, elle aussi, un secours. Louise obtint quarante francs de secours en 1846. En 1845, les renseignements recueillis sur Alexandrine rapportaient : « […] Agée de dix-sept ans […] demeure chez sa sœur, la dame Lahannier, rue Malar 13 bis. Elle est blanchisseuse et son gain suffit à peine à ses besoins. Elle est bien famée sous tous les rapports. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1844, un secours de quarante francs en 1845, un secours de quarante francs en 1847. En 1848, Alexandrine sollicita un secours, accusant sa sœur, Louise, femme Guerre (!!! Plus haut épouse Lahannier ?), d’avoir touché un secours qui lui revenait. Alexandrine reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1849, la police rapportait sur son compte qu’elle n’avait pour vivre que son métier de blanchisseuse et une rente de quarante francs, ajoutant qu’on avait recueilli de « très bons renseignements » sur son compte. Elle reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre d’orpheline de Juillet. En 1850, Alexandrine, sans appui, sans ressource et manquant souvent d’ouvrage, sollicita un secours et reçut quarante francs. Elle reçut deux secours de quarante francs en 1851. En 1852, Alexandrine, Louise, malade et sans travail, sollicitait un secours. La police fit sur son compte le rapport suivant : « La demoiselle Duhéron, Alexandrine, âgée de vingt-cinq ans, demeure chez les époux Ricard, rue d’Austerlitz n° 48, au Gros-Caillou et paye cinq francs par trimestre pour son loyer. Cette jeune fille a appris l’état de blanchisseuse chez la dame Lecomte, rue Jean-Jacques-Rousseau n° 14, et elle n’a quitté cette maison que par suite d’une grave maladie qui l’a tenue longtemps alitée. Depuis son rétablissement, elle ne fait plus que quelques journées et la majeure partie du temps elle est sans travail. Devenue orpheline dès son enfance, elle a été confiée aux soins d’une parente qui touchait en son nom les secours qui lui étaient accordés et s’en appropriait la totalité sans en employer la moindre partie en faveur de sa pupille. Aujourd’hui la demoiselle Duhéron est seule. Elle se tient éloignée de ses deux sœurs, qui tiennent une mauvaise conduite, et personne ne lui vient en aide, bien qu’elle soit pour ainsi dire sans ressources. Cette jeune personne est généralement représentée comme un excellent sujet et vraiment digne d’intérêt. » Elle reçut, pour 1852, un secours de quarante francs, au titre d’orpheline de Juillet. En 1853, elle reçut un secours de quarante francs. En 1854, Alexandrine sollicita un secours. En 1855, « son travail ne pouvant suffire à ses besoins, surtout ayant éprouvé une longue maladie qui lui a nécessité beaucoup de frais », Louise fit une deuxième demande de secours. Le ministère de l’Intérieur, ayant estimée sa conduite, mauvaise, lui refusa un secours. En 1855, Alexandrine, « journalière, sans fortune et sans aucune ressource, étant depuis six semaines atteinte d’une inflammation d’intestin », ne pouvant travailler et dans le plus pressant besoin, sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1856, la police rapportait sur son compte, qu’elle n’avait pas connu sa mère, qu’elle était depuis deux ans fille de semaine chez Mme Ricard, 23, rue de la Comète, où elle était logée et nourrie et recevait quatre francs par semaine ; elle avait été malade pendant six semaines, n’était pas parfaitement rétablie et avait été « soignée chez sa patronne, qui n’a que des éloges à faire sur sa conduite et sa moralité ». Elle reçut un secours de quarante francs en 1856. En 1857, Alexandrine sollicita un secours. Vers 1850, Duhéron, femme Guerre, demeurant 163, rue Saiint-Dominique, sollicita un secours auprès de l’administration, comme orpheline de Juillet. Primitivement classé aux Archives nationales dans le dossier F/1dIII/60, il fut, par la suite et par erreur, intégré au dossier de Duhéron, Didier, Henri ; Archives nationales F/1dIII/54, alors qu’il s’agit de Duhéron, Jean-Baptiste. Il demeurait 17, quai d’Orsay en 1818-1837 ; 21, rue Royale-Saint-Martin, chez M. Habert, en 1839 ; sa fille, Louise, épouse Lahannier, 13 bis, rue Malar en 1845 ; Alexandrine, 287, rue Saint-Dominique puis 86, rue de Grenelle-Saint-Honoré en 1848 ; Alexandrine, 164, rue Saint-Dominique ou 16, rue Malar en 1849 ; Alexandrine, 118, rue Saint-Dominique en 1850 ; Alexandrine, 112, rue Saint-Dominique en 1851 ; Alexandrine, Louise, 48, rue d’Austerlitz, chez Mme Ricard, en 1852 ; Alexandrine, 175, rue Saint-Dominique-Saint-Germain en 1854 ; Louise, 134, rue Saint-Dominique en 1855 ; Alexandrine, 23, rue de la Comète, chez Mme Ricard, en 1854-1856 ; Alexandrine, 175, rue Saint-Dominique-Saint-Germain en 1857 (où la police la déclarait inconnue à cette adresse). Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Xe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 84 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833, idem 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833, idem année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, idem année 1836 (la lettre est signée Ducheron dit Morillon, Jean-Baptiste, Louis, mais lui ne sait pas signer), année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, idem année 1837 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Xe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155 ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Etat de répartition de secours imputables sue le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852.