Duhéront, Didier, Henri

Biographie


Né le 3 juillet 1786 (mais le 4 juillet 1786 une fois sur deux in Archives nationales F/1dIII/34 ; mais bien le 3 juillet 1786 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris (ancien) Xe arrondissement. Cordonnier-bottier. Il fut blessé par un coup de feu reçu dans le coude gauche alors qu’il se battait le 28 juillet dans la rue Saint-Honoré, en compagnie d’Aretz (voir Aretz ou Arretz, Joseph), de Very (voir ce nom), de Bellardel (voir Bellardel dit la Rose), de Souyeux J.-B. (voir Souyeux, Jean-Baptiste, François), de Souyeux J.-P. (voir Souyeux, Jean-Paul), de Reymond (voir ce nom) et de Clerc (voir ce nom). Il fut soigné à l’ambulance de la Halle aux draps et le docteur Guillemot, Pierre (voir ce nom), dans le récit qu’il transmit à la Commission des récompenses nationales, nous laisse les indications suivantes sur son compte : « Les blessés aux membres supérieurs, lorsque la plaie était simple et sans accident, sont venus matin et soir se faire soigner à l’ambulance. La guérison en a singulièrement diminué le nombre. Deux seulement réclamèrent une prolongation de soins. L’un est le sieur Duhéron, qui a reçu un coup de feu, avec ouverture de l’articulation du coude, et l’autre est le sieur Hallé Hameth (voir Aly-Hamet), dont la main droite a été mutilée par un biscayen. » Il était porteur de plusieurs certificats médicaux. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin du bureau de charité du (ancien) IXe arrondissement, membre et secrétaire adjoint de l’Académie spéciale d’accouchement, chirurgien aide-major au 3e bataillon de la IXe légion de Paris, certifie que M. Duhéront, Didier, Henri portait au coude gauche une plaie non entièrement cicatrisée au 22 décembre 1830, époque à laquelle je fus appelé par M. le préfet de la Seine à lui donner mes soins. » Signé, le 22 janvier 1831 : Hatin (voir Hatin, Félix ?), demeurant 2, rue Bossuet. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que le sieur Duhéron, Didier, Henri (sic) s’est présenté à l’ambulance de la halle aux draps, le 29 juillet, portant une blessure qu’il avait reçue la veille ; une balle a fracturé l’olécrâne gauche, ouvert l’articulation huméro-cubitale ; des symptômes inflammatoires violents affectèrent tout le bras, de vastes foyers se formèrent successivement au pourtour de l’articulation et ce n’est qu’au bout de trois mois que cessèrent tous les accidents qui, calmés, se renouvelaient promptement ; il lui est resté une ankylose vraie et une très petite ouverture fistuleuse, qui semble encore communiquer dans l’intérieur de l’articulation. » Signé, le 22 janvier 1831 : Pillon (voir Pillon, Louis, Alexandre ?), demeurant 12, rue des Mauvaises-Paroles. Marié, sa femme enceinte, déjà père de deux enfants, il reçut (sous le nom de Duhéron) un secours de cent trente francs en août puis de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Le 19 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Vicard, Louis (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, tailleur, demeurant 23, rue des Vieux-Augustins ; Colsoul, Jean, Paul (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, tailleur, demeurant 248, rue Saint-Denis. Ils certifièrent que Duhéront, Didier, Henri « a été blessé le 28 juillet dernier d’un coup de feu qu’il a reçu au coude gauche et qui l’empêche d’exercer utilement son état ». Il reçut un secours de vingt francs, le 2 août 1830, un secours de quarante francs, le 5 août 1830, un secours de quarante francs, le 16 août 1830, un secours (sous le nom de Duhéron) de trente francs, le 24 août 1830, un secours de trente francs, le 3 septembre 1830, un secours de trente francs, le 10 septembre 1830, un secours de trente francs, le 17 septembre 1830, un secours (sous le nom de Duhéron) de trente francs, le 25 septembre 1830, un secours (sous le nom de Duhéron) de trente francs, le 2 octobre 1830 (indiqué comme étant le huitième secours), un secours de trente francs, le 13 octobre 1830 (indiqué comme étant le neuvième secours), un secours de cent francs le 20 octobre 1830, un secours de cinquante francs le 29 octobre 1830, un secours de cinquante francs le 10 novembre 1830, un secours de cinquante francs le 24 novembre 1830, un secours de cent francs le 15 décembre 1830, un secours de soixante-quinze francs le 15 janvier 1831, un secours de soixante-quinze francs le 1er février, un secours de soixante-quinze francs le 15 février 1831, un secours de soixante-quinze francs le 1er mars 1831, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes 15 mars 1831, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 1er avril 1831, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 15 avril, un secours de vingt francs et quatre-vingt-cinq centimes le 2 mai 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il fut soigné entre le 12 et le 24 novembre 1830 à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Il y reçut un équipement de garde national, à savoir : une paire de souliers, un pantalon, une paire d’épaulettes, un habit d’uniforme et un bonnet de police. Son certificat de sortie, en date du 28 novembre attestait pourtant qu’il était sorti de cet établissement, complétement guéri ; le même certificat établissait qu’il souffrait d’un pied-bot, de naissance, du côté gauche. Admis dans la 3e classe des blessés, il fut pensionné de quatre cents francs et il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Sachant un peu lire et écrire, il sollicita une place de gardien au marché des Innocents. Le 11 mai 1831, la Commission des récompenses nationales lui faisait parvenir une lettre dans laquelle elle expliquait : « Il est malheureux pour vous, Monsieur, qui avez été l’objet de l’attention particulière de Commission dans la recommandation d’une place demandée par elle en votre faveur, de n’avoir pas trouvé la même indulgence dans le jury de votre arrondissement. » Duhéront, en effet, fut la cible de calomnies, tant auprès de la Commission des récompenses nationales que d’habitants de son quartier, et qui le privèrent de l’obtention de la croix de Juillet. Un jugement rendu le 23 août 1831 par la 7e chambre de police correctionnelle contre les sieurs Taillard et Maitrier lui donna raison (voir la Gazette des tribunaux du 1er septembre 1831). Avec l’appui d’un certificat délivré, le 9 septembre 1831, par Ternaux, délégué de la Commission des récompenses nationales pour le IIIe arrondissement, et reconnaissant que les mauvais renseignements qu’on avait recueillis sur le compte de Duhéront étaient la seule cause pour laquelle ce dernier n’avait pas obtenu la croix, Duhéront tenta d’être rétabli dans ses droits. Ses efforts furent vains, les travaux de la Commission étant clos. Il avait réussi à établir les deux certificats suivants qui prouvaient sa participation aux combats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, combattants et blessés des trois jours de Juillet, certifions et attestons que le citoyen Duhéront, Didier, Henri s’est battu avec nous le 28 dudit mois et qu’il a été blessé en armes, en notre présence par un coup de feu qui l’a atteint au coude du bras gauche. » Signé, le 24 juillet 1831 : Aretz (voir Aretz ou Arretz, Joseph), demeurant 9, rue Pavée ; Very (voir ce nom), demeurant 15, rue Tiquetonne ; Bellardel (voir Bellardel dit la Rose), demeurant 1, rue Oblin ; Souyeux J.-B. (voir Souyeux, Jean-Baptiste, François), demeurant 4, rue Vivienne ; Souyeux J.-P. (voir Souyeux, Jean-Paul), demeurant 31, rue du Mail ; Reymond (voir ce nom) ; Clerc (voir ce nom), marchand bottier, demeurant 4, rue Vivienne. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants et domiciliés à Paris, certifions et attestons de notre plein gré et pure volonté, que le nommé Duhéront, Didier, Henri, demeurant à Paris, rue des Prouvaires n° 30, nous est connu comme bon époux, bon citoyen, bon père, dont les mœurs et la probité sont irréprochables et qu’il mérite l’estime de tous les honnêtes gens. » Signé, le 25 juin 1831 : Woelle, demeurant 28, rue des Prouvaires ; Bauderon, demeurant 32, rue des Prouvaires ; Evrard, demeurant 26, rue des Prouvaires ; Gellalin, demeurant 32, rue des Prouvaires ; Dibel, demeurant 28, rue des Prouvaires ; Ponton, demeurant 32, rue des Prouvaires ; Bléchet, demeurant 32, rue des Prouvaires ; Jouanne (voir Jouanne, Jean-Pierre, Louis), demeurant 34, rue des Prouvaires ; Lecourt, demeurant 22, rue des Prouvaires ; Mosique, demeurant 6, passage des Prouvaires ; Ganet, demeurant 22, passage des Prouvaires ; Lesueur, demeurant 3, rue Taranne ; Régniez, demeurant 18, rue des Deux-Ecus ; Lamouroux, demeurant 14, rue des Deux-Ecus ; Behue, demeurant 8, rue Mercière ; Braud, demeurant 21, rue du Four-Saint-Honoré ; Dejoux, demeurant 19, rue du Four-Saint-Honoré ; Vaubourzeix, demeurant 19, rue du Four-Saint-Honoré. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix de Juillet. Il joignait, ou les certificats médicaux, deux autres certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Vicard (voir ce nom), chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur et de l’ordre de Juillet, certifie et atteste que le sieur Duhéront, Didier, Henri a combattu sous mes ordres, le 28 juillet 1830, où il fut blessé d’un coup de balle au bras gauche et au menton. Malgré sa blessure, il a contribué à faire des barricades. » Signé, le 9 juillet 1831 : Vicard. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir prêté mon fusil, le 28 juillet 1830, au sieur Didier, Henri Duhéront, pour aller combattre ; qu’il est revenu le bras gauche saignant et qu’il a travaillé aux barricades le même jour. » Signé, le 8 juillet 1831 : Dibel, marchand de vins, demeurant 28, rue des Prouvaires. En 1831, il était père de trois enfants, dont Clémence, Stéphanie, née le 12 février 1821 à Paris de lui et de Burnel, Nicole ; l’enfant fut légitimée par leur mariage, le 30 septembre 1830 à Paris. En 1840, il sollicita un secours mais étant pensionné comme blessé, sa demande fut refusée. Après la Révolution de Février, il tenta de nouveau mais infructueusement de faire valoir ses droits à la décoration de Juillet dont il avait été privé. Sur son dossier est indiquée (curieusement) la mention : « Il a un dossier comme blessé de février 1848. » Il demeurait 30, rue du Petit-Carreau en 1821 ; 30, rue des Prouvaires (mais deux fois sur cinq 3, rue des Prouvaires in Archives de Paris VD3 1-2 ; bien 30, rue des Prouvaires in Archives de la préfecture de police AA 386) en 1830-1831 ; 32, rue Montorgueil en 1831 ; 2, rue du Sentier en 1840 ; 79, rue Montmartre en 1848-1849. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 18 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 19 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 50 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Guillemot, Pierre ; Archives nationales état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72 ; Archives de la préfecture de police AA 386.

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