Dumas, Mathieu

Biographie


Né en 1753. Général et comte d’Empire. Député, il signa l’adresse des 221. Il participa aux réunions de députés. Le député Bérard, dans ses Souvenirs historiques, donna sur lui l’appréciation suivante : « [Le mercredi 28 juillet au soir] Je dînai avec le général Mathieu Dumas, qui, depuis la veille, avait assisté à toutes nos réunions avec un zèle et un courage que son état de cécité rend d’autant plus recommandables. Après dîner je me rendis chez Audry de Puyraveau, où le général Dumas voulut m’accompagner. Il avait manqué déjà de se rompre deux ou trois fois le cou en traversant deux barricades, et nous en avions peut-être vingt à franchir. A son grand désespoir, je le fis reconduire chez lui par son valet de chambre, et je continuai ma route, fort heureux d’être débarrassé d’une responsabilité que le courage même du général rendait plus pesante. »

Dans ses Mémoires, Mazas rapporte l’attitude du général Dumas, pendant la révolution : « […] Après plusieurs détours, nous parvînmes à la rue des Mathurins ; partout nous trouvions les portes et les fenêtre fermées, ce qui donnait à la ville un aspect étrange. Après avoir parcouru le tiers de la rue des Mathurins, nous nous trouvâmes en face d’un petit groupe de personnes dont la mise différait totalement de celle des hommes au milieu desquels nous marchions : je reconnus aussitôt dans ce groupe M. le capitaine Christian Dumas, avec son père le général Mathieu Dumas, et M. Bérard, son beau-père ; je fus à lui; en même temps M. d’Argout ayant reconnu M. Bérard, lui présenta M. le duc de Mortemart. A ce nom M. Bérard s’empara de M. le duc avec beaucoup de chaleur, et lui dit : “Où allez-vous ? – Chez M. Lafitte. – Chez M. Lafitte !” Et, l’entraînant, il le fit entrer dans sa maison, vis-à-vis de laquelle nous nous trouvions précisément (n° 21). A peine étions-nous entrés dans la cour, que M. Bérard dit à M. le duc : “Il ne faut pas aller chez M. Lafitte ; il y va de la sûreté de votre personne ; au reste, vous venez pour traiter d’un accommodement, eh bien ! c'est, trop tard.” Ce mot me fit frissonner il me semblait que je sentais battre sous ma main la dernière pulsation de la monarchie ; au reste, M. Bérard prononça ce terrible mot avec une douleur très-marquée ; le visage de M. le général Mathieu Dumas portait l’empreinte du chagrin ; et, quoique l’opposition dont ces deux députés faisaient partie triomphât d’une manière éclatante, cependant on voyait clairement qu’ils déploraient cette victoire. Sans doute ils prévoyaient ce qu’elle allait coûter à la patrie. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Sa médaille lui fut délivrée le 5 août 1831. Il signa, le 9 août 1830, le certificat suivant en faveur de Douillet femme Cohade, Marie, Marguerite, Flavie : « Nous nous faisons un plaisir d’attester que pendant les jours et les nuits des 27, 28, 29 et 30 juillet 1830, la dame Cohade, marchande de vins, traiteur, rue de la Ferronnerie n° 31 à Paris, pendant que son mari, chevalier de la Légion d’honneur, était allé combattre pour la liberté de la patrie, a eu le courage de conserver toujours sa boutique ouverte, alors que toutes les autres étaient fermées. Restée constamment seule avec sa domestique et pendant la durée des combats de la rue Saint-Denis, de la Halle et du marché des Innocents, elle n’avait d’autre but que d’administrer des secours aux blessés et à ceux qui enlevaient les morts, et tous trouvaient dans sa maison quelque adoucissement à leurs travaux et à leurs douleurs. Le pain, le vin étaient distribués par elle gratuitement à tous et son unique salaire était la satisfaction d’être utile à ses généreux concitoyens. Il fallait du courage pour rester ainsi en butte aux coups de l’ennemi et cela dans une rue qui formait alors le passage naturel de toutes les communications militaires et pouvait à chaque instant devenir le champ de bataille. » Chronique de juillet 1830, L. Rozet, Paris, Barrois et Duprat, deux volumes 1832, p. 11-16 ; Souvenirs historiques sur la révolution de 1830, Bérard, Paris, Perrotin, 1834, p. 92 ; Mémoires pour servir à l’histoire de la révolution de 1830, Mazas, seconde édition augmentée, chez Urbain-Canel et Adolphe Guyoy, Paris, 1833, pp. 69-70 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 277 in dossier dossier Douillet femme Cohade, Marie, Marguerite, Flavie ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet (sous le seul nom de Dumas) idem département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, Récompenses nationales, état nominatif des décorés de la médaille de Juillet mais qui ne se sont point encore présentés pour recevoir le brevet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39).

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.