Dumas, Pierre
Biographie
Né vers 1801 à Grenoble (Isère). Gantier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le seul nom de Dumas sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel, et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Sa médaille lui fut délivrée le 11 octobre 1831. Il obtint, en 1831, cinquante francs alloués pour l’habillement des gardes nationaux à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet. En 1834, il sollicita le versement de cette somme et l’habillement « vu la pénurie de notre état, qui laisse notre classe dans une souffrance difficile à décrire », et ayant le temps de monter la garde. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Est décoré de la médaille. Pendant les trois jours, il s’est battu sur plusieurs points. Il est marié, père d’un enfant de sept ans, qui est actuellement malade. Il n’a pas d’autres ressources que les faibles produits de son travail comme ouvrier gantier ; sa position est très gênée, sa conduite est régulière. » Il obtint cent cinquante francs. Le 20 février 1836 à 6 heures et demie du matin, au cimetière des Hospices, on procéda à l’exhumation du corps des suppliciés Morey et Pepin pour qu’ils fussent réinhumés au cimetière du Montparnasse. Le cercueil de Morey fut déposé dans une fosse temporaire dépendante du carré dit 4e carré, fosse n° 16 ; celui de Pepin au 4e carré fosse n° 15. Le procès-verbal constatait la présence des témoins suivants : Renaudin, Jean-Baptiste, Henri, fabricant de couleurs, demeurant 20, petite rue de Reuilly, neveu de Morey ; Magnier, Prosper, garçon épicier chez Pepin, demeurant 1, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Gambin, Joseph, Théodore, imprimeur, demeurant 37, rue Saint-Merri ; Fremont, Victor, peintre en décors, demeurant 8, rue Lesdiguières ; Calmus, Jean, ébéniste, demeurant 26, rue de Charenton ; Amillac, Auguste, ébéniste, demeurant 2, rue Jean-Beausire ; Dumas, Pierre, gantier, demeurant 10, rue de Tracy ; Fouignet, Antoine, propriétaire, demeurant 11, rue de l’Ouest ; Grouvelle, Laure, rentière, demeurant 2, rue des Beaux-Arts ; Saint-Aubert, Louis, lithographe, demeurant rue du Four-Saint-Germain ; Bietre, Edmond, Louis, propriétaire, demeurant 161, rue Saint-Dominique ; Moret, Arsène (voir sans doute Moret, Arsène, François ?), serrurier, demeurant 6, rue du Jardin-du-Roi. En 1837, sans travail, accidenté au bras gauche, il présenta une demande de secours ; sa demande était apostillée par Véron, maire de la commune de Montmartre. En septembre 1838, le préfet de police faisait savoir que Dumas ne demeurait plus depuis le début de l’année 18, rue de la Chanvrerie, qu’on ne connaissait pas sa nouvelle adresse et qu’en conséquence aucun renseignement ne pouvait être donné sur son compte. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa la lettre suivante à la Commission afin d’obtenir un secours immédiat et une récompenses honorifique : « J’ai combattu en 1830, on m’a donné la croix de Juillet. Plus tard, quand un roi parjure travaillait à anéantir la liberté en France, j’ai conspiré sans relâche contre la royauté. J’ai fait partie de la Société des droits de l’homme, de la Société de l’éducation du peuple, de celle des Familles. J’ai pris le fusil à la caserne Poissonnière, le 24 avril, et payé de ma personne. Père de famille, ouvrier sans ouvrage, je crois avoir droit à une récompense nationale. Je vous la demande et espère l’obtenir de votre justice. » Il signait sa lettre : Dumas, ex-secrétaire de 34 des gantiers... Sa demande fut rejetée. En octobre 1849, il était transporté à Belle-Ile, comme ayant pris part à l’insurrection de juin 1848, il sollicitait un secours. Il avait été arrêté le 23 juin 1848, avait fait l’objet d’une décision de transportation en date du 15 août suivant, été incarcéré au ponton de la Didon à Brest puis détenu à Belle-Ile à partir du 20 février 1849 jusqu’au 15 décembre 1849, date où il fut gracié. Il demeurait à Montmartre en 1831 ; chez M. Dessassard, colonel de la garde nationale à Niort (Deux-Sèvres) en 1831 ; 2, rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur en 1834 ; 10, rue de Tracy en 1835 ; 18, rue de la Chanvrerie en 1837 ; 19, rue Bellefond en 1848 mais parti on ne sait où en août 1848 sur la lettre que lui avait envoyée la Commission et qui lui fut renvoyée. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) ; Archives nationales F/1dIII/54 (sous le seul nom de Dumas) ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pichon (sous le seul nom de Dumas) ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves (sous le seul nom de Dumas) ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 387 (sous le seul nom de Dumas) ; Archives de la préfecture de police AA 423 Affaires diverses 1835. Pepin ; Base de données de Farcy, liste des inculpés de juin 1848, université de Bourgogne. Est-ce lui qui est désigné sous le seul nom de Dumas dans la 1re classe des blessés de l’arrondissement de Saint-Denis ?