Dumesnil, Louis
Biographie
Né le 25 août 1790 (lui écrit le 24 août 1790) à Domfront (Orne). Ancien grenadier flanqueur de la Garde impériale sous les ordres du colonel de Salons, ayant participé aux campagnes de 1812, 1813 et 1814, devenu homme de confiance de Lecerf-Duval, hôtel du Gaillarbois, 4-6, rue Bertin-Poirée. Il se trouva, expliquait-il dans une lettre à la Commission des récompenses nationales « aux postes les plus périlleux dans les rues de la Monnaie, des Prouvaires, au marché des Innocents » et « fit partie d’un petit détachement, dit le peloton de sept, qui fit tête à une trentaine de gendarmes des chasses », nombre de Parisiens ayant été blessés ou tués à ses côtés. Il joignait à sa lettre deux certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Bouteville frères (ce dernier mot est illisible), commandant le peloton des sept, ainsi désigné par nous, moi Boutteville aîné, je certifie que j’ai armé, habillé le sieur Dumesnil, homme de confiance à l’hôtel Gaillarbois et qu’il s’est comporté dans ces circonstances en brave et loyal défenseur de la liberté, attendu qu’il a fait feu avec moi à un peloton du 3e régiment de la garde, commandé par un capitaine, au nombre de vingt-cinq hommes et qu’il s’est comporté comme nous avec sang-froid. » Signé : Boutteville frères ; Bouland illisible ; Jamault, Isidore (voir ce nom) Laurent (voir Laurent, Sébastien) ; Bauble illisible ; Lemercier, toiseur en bâtiment, demeurant 37, rue de la Tonnellerie ; Helin ; Bisseur. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, négociants et autres, habitant le quartier Saint-Germain-l’Auxerrois, attestons les faits suivants. Savoir que dans les journées glorieuses des 28 et 29 juillet dernier, le sieur Dumesnil, Louis, […] a pris les armes pour la cause de la liberté et a fait preuve de courage et de dévouement dans les rues des Prouvaires, au marché des Innocents, rues et places environnantes, qu’il a montré une bravoure, un sang-froid on ne peut plus louables et qu’il s’est en tout comporté comme un brave et loyal défenseur des libertés publiques. » Signé le 12 septembre 1830 : Lecerf Duval ; Vincent, négociant, demeurant 3, rue Bertin-Poirée ; Galliot frères ; Bréchot ; Hebert ; Boucherat illisible ; James illisible blessé ; Vuillet, Pierre, Auguste (voir ce nom). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 10 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il cosigna un certificat en faveur de Jamault, Isidore, pour attester que ce dernier, pendant les journées des 28 et 29 juillet 1830, s’était battu avec lui et avait « abandonné sa maison de commerce à la garde d’un jeune homme de seize ans et que, armé d’un fusil, il est allé se joindre aux nombreux citoyens armés ainsi que lui pour le maintien des lois, la défense des libertés publiques et le renversement de la tyrannie. Qu’il s’est particulièrement distingué par sa persévérance, son courage, son sang-froid, à la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Qu’il a été engagé au coin de la rue de Rohan, où il a couru le plus grand danger, le corps dont il faisait partie, fort d’environ deux cents hommes, ayant essuyé le feu de la garde royale et des Suisses retranchés dans les étages supérieurs des maisons de la rue Saint-Honoré. Qu’il a assisté à l’attaque du Louvre et participé à la prise des Tuileries, à laquelle il a puissamment contribuée. Enfin qu’il a déposé les armes qu’après que la victoire sur les ennemis des institutions constitutionnelles a été complète ». « Nous, soussignés, certifions à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le sieur Dupin, Antoine, […], travaillant à Maulle, y ayant entendu parler le 28 juillet des événements de Paris, s’empressa de partir de Maule pour venir à la capitale y partager l’honneur de défendre sa patrie ; qu’à son arrivée, sans armes, n’ayant pu pénétrer par le faubourg Saint-Honoré, il se rendit faubourg Saint-Germain, où l’idée lui vint d’aller au poste de la prison militaire de l’Abbaye, où il s’empara d’un fusil et courut de suite se mettre en position au bout de la rue du pont d’Arcole et contribua, par son courage, à la prise de l’Hôtel de ville ; qu’’après cette conquête, il se retira à 11 heures du soir à son hôtel pour aller annoncer son arrivée et y resta jusqu’à 3 heures du matin ; qu’il revint avec ses armes sur la place de l’Hôtel de ville et y fit enlever les corps morts et les fit transporter dans les endroits désignés ; Qu’après cette affaire, il entra dans l’Hôtel de ville, où, ayant appris qu’il y avait plusieurs sacs de balles dans un des magasins, il en prit un, le descendit sur la place et le distribua lui-même à ses frères d’armes ; qu’ensuite il retourna à l’Hôtel de ville, où s’étant aperçu que quelques malveillants étaient occupés à desceller les grilles du bâtiment neuf, place du Tourniquet-Saint-Jean, il s’y opposa vigoureusement et parvint à faire cesser cette dégradation. Que de là, il alla place de l’Odéon se joindre à plusieurs citoyens armés pour se transporter à la caserne de Babylone, où il soutint avec ses compagnons d’armes la vive attaque qui y eut lieu et en partagea le triomphe, après lequel il partit avec un détachement pour aller au château des Tuileries, dont les défenseurs de la liberté s’étaient rendus maîtres, il y pénétra un des premiers et s’opposa à la dévastation de la salle du trône, dont il éloigna les turbulents et que pour que personne n’y aborda ils montèrent la garde plusieurs ensemble à la porte de cette salle. Que l’ordre paraissant rétabli, il entendit quelques coups de fusils qui paraissaient venir de la rue de Rohan, il s’empressa d’y courir et soutint cette attaque au péril de sa vie et pensa y succomber mais où il a pareillement triomphé. Qu’enfin il a aidé à repousser l’ennemi jusqu’aux Champs-Elysées, qu’après toutes ces victoires, exténué de fatigue, il se retira à son hôtel. » Il signa, le 26 août 1830, l’apostille suivante, quand Laurent, Sébastien, sollicita de son colonel l’honneur d’être nommé porte-drapeau de la IVe légion de la garde nationale : « Les soussignés attestent que M. Sébastien Laurent, garde national, s’est conduit d’une manière très courageuse pendant les événements de notre glorieuse révolution, que nous sommes convaincus que tous les faits relatés dans sa demande sont de la plus exacte vérité. C’est pour quoi nous le recommandons particulièrement à l’attention de M. le colonel. » Il était père de deux enfants en 1830. En 1849, « dans un âge avancé et hors d’état de travailler par suite d’infirmités recueillis dans ces campagnes, se trouve présentement dans un dénuement presque complet, vivant d’une faible pension que lui fait son fils, pension qui, bien qu’insuffisante, est une lourde charge pour celui-ci, qui lui-même est sans fortune », il sollicita un secours. Le maire de Juvignty apostillait sa demande, certifiant que Dumesnil tenait « une conduite irréprochable sous tous rapports ». Il demeurait 4-6, rue Bertin-Poirée en 1830-1831 ; à Juvigny (Manche) en 1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277, idem in dossier Dupin, Antoine ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Jamault, Isidore ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Laurent, Sébastien. Dans le dossier de Dartois, Jean, Joseph, il y a un certificat de notoriété qui atteste que ce dernier a été tué par un coup de feu, signé par un certain Dumesnil, Louis, Jean-Baptiste, né vers 1790, marchand épicier 5, rue Tiquetonne. In Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Dartois, Jean, Joseph ; Archives nationales F/15/4240.