Dumoulin, Pierre, Hyacinthe
Biographie
Né à Saint-Pierre-la-Rivière (Orne). Ancien négociant. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il adressa la lettre suivante à la Commission et qui retraçait sa participation aux combats : « […] Un voyage qu’il a fait en Amérique, et pour lequel il est parti en septembre 1830, ne lui a pas permis de faire valoir plus tôt ses droits à cette décoration. L’exposant, qui, à l’époque de la révolution de 1830, demeurait rue des Bons-Enfants n° 28, fut un des premiers à seconder de toute son énergie l’opposition universelle qui se manifesta le 27 juillet. Le 28, armé d’un fusil double, il combattit toute la journée tant dans la rue Saint-Denis qu’aux environs du Palais-Royal. Le 29, il continua de combattre sur différents points et notamment à l’attaque du Palais-Royal, où un de ses amis, le brave Picot, fut tué à ses côtés (voir Piquot, Etienne, François). Lors de cette attaque, les assaillants combattaient en s’abritant le long des maisons mais les gardes royaux ayant fait signe qu’ils allaient rendre le poste qu’ils défendaient, le peuple s’avança en foule et encombra la rue, l’exposant était au premier rang. Tout à coup, les gardes royaux, à un signal qu’ils reçoivent d’un de leurs bataillons qui débouchait sur la place du Palais-Royal, font une décharge meurtrière sur la multitude qui s’avançait trop confiante et qui recula avec précipitation et désordre. L’exposant, emporté par la chaleur du combat, ne s’aperçoit pas d’abord de cette retraite et qu’il reste seul. Un garde royal fait quelques pas sur lui, lui lâche son coup de feu, le manque et court en jurant pour le percer de sa baïonnette. Mais l’exposant l’attend de pied ferme, le tue d’une double décharge, lui enlève son bonnet à poil et va rejoindre avec ce trophée les autres combattants ralliés dans la rue Saint-Honoré. Le 30, étant de garde à la Chambre des députés, il eut l’honneur d’accompagner le général Fabvier lorsqu’il alla prendre possession des Invalides. L’exposant croit devoir ajouter qu’il avait armé son domestique, qui combattit courageusement et qui, en récompense, a été admis dans la garde municipale. Parmi le grand nombre de personnes dont l’exposant pourrait invoquer le témoignage, outre celles dont les signatures suivent, il regrette que l’absence de MM. Bucquet (sic) (voir Buquet, André, Edouard) et Léon Roy (voir Roy, Léon), qui tous deux ont été décorés, ne lui permette pas d’avoir leur attestation […]. » Suivaient plusieurs apostilles. La première, ainsi rédigée : « Nous, soussignés, certifions avoir vu M. Dumoulin combattre dans les journées de Juillet. » Signé, le 8 décembre 1831 : Letourneur ; Nouevel illisible, notaire. La deuxième, ainsi rédigée : « Je déclare et certifie avoir rencontré plusieurs fois M. Dumoulin dans les journées de Juillet avec les armes. » Signé, le 9 décembre 1831 : Fould, premier clerc. La troisième, ainsi rédigée : « Je déclare et certifie avoir vu combattre M. Dumoulin place du Palais-Royal, le 29 juillet. » Signé : Ragneau, sergent dans la garde nationale. La quatrième, ainsi rédigée : « Je déclare et certifie avoir vu combattre M. Dumoulin place du Palais-Royal et rue Saint-Denis, le 28, 29 juillet. » Signé : Uriquène, L., garde national. La cinquième, ainsi rédigée : « Je, soussigné, déclare avoir vu M. Dumoulin prendre part à l’attaque du Palais-Royal et s’y conduire avec bravoure. » Signé : Lavaud ou Lavaut illisible, premier clerc et avoué. Il signa, le 28 décembre 1831, le certificat suivant en faveur de Pezant, Louis, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens patentés de la ville de Paris, certifions que le sieur Pezant, Louis a combattu pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 et qu’il a été blessé à la main gauche et à la tête et qu’il s’est toujours conduit en homme d’honneur. » Il demeurait 28, rue des Bons-Enfants (sans doute l’adresse de l’hôtel de Nantes ?) en juillet 1830 ; 19, rue de la Harpe en 1831. Archives de la préfecture de police AA 387. Archives de la préfecture de police AA 387 ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Pezant, Louis.