Dupuis, Jean, Louis, Gabriel
Biographie
Né le 8 avril 1777 à Chars (Seine-et-Oise), fils de Dupuis, Michel, cultivateur, et de Auger, Marianne, Elisabeth, Monique. Ancien militaire, devenu charretier. Il fut blessé d’un coup de baïonnette à la cuisse, le 28 juillet sur le pont Notre-Dame, ou sur le quai aux Fleurs d’un coup de baïonnette qui lui traversa la hanche gauche, il fut conduit à l’hospice de la Charité. Marié, sa femme infirme, père de deux enfants, il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, certifie avoir soigné Dupuis, Jean, Louis, Gabriel, âgé de cinquante-six ans, blessé du 28 juillet, avant son entrée à l’hôpital et depuis sa sortie, qui a eu lieu le 1er janvier de cette année. Sa plaie n’est cicatrisée que depuis environ trois semaines ; des incisions profondes et très longues nécessitées par les accidents qui ont suivi cette blessure, jointes à la lésion de l’os et des muscles ainsi que de l’aponévrose illisible et du périoste ont occasionné l’adhérence de la peau à l’os et aux parties qui le touchent immédiatement, d’où résulte une cicatrice refondée sur laquelle il s’opère un tiraillement douloureux, qui rend la marche difficile, le fait boiter ; que les illisible de flexion et d’extension du tronc sur le bassin et de la cuisse ; enfin qu’il y a faiblesse de cette partie et qu’il ne peut développer toute la force nécessaire pour reprendre le travail de peine, celui de palefrenier, auquel il se livrait pour gagner sa vie. » Signé, le 18 février 1831 : Duplan. Le 27 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Leraux, Pierre, Joseph, marchand de vin, demeurant 22, rue de Verneuil ; Dessuslamarre, Nicolas, François, propriétaire, demeurant 17, rue de Beaune ; Dessuslamarre, Jacques, Auguste, charcutier, demeurant 17, rue de Beaune. Ils attestèrent que Dupuis, Jean, Louis, Gabriel avait « été blessé le 28 juillet en combattant sur le pont Notre-Dame ». Admis dans la 4e classe des blessés, il fut pensionné de cinq cents francs (sous les seuls prénoms de Louis, Gabriel sur les listes du Bulletin des lois) (mais de trois cents francs in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831). Il lui fut accordé (sous le nom de Dupuis, Jean-Louis, Gabriel) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il fut sans doute finalement admis dans la 5e classe des blessés. Il était inscrit au bureau des indigents en 1831. « Omis par sa trop longue absence pour la décoration de Juillet, que ses confrères ont obtenue, […] même pas habillé [du costume de garde national, N.D.A.] comme les autres blessés », il ne sollicita la décoration qu’en 1834 ; il rappelait, dans sa demande, que son frère, Dupuis, Ambroise, avait été professeur des princes et princesses d’Orléans. Il lui fut répondu que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’elle seule avait eu le pouvoir de juger les titres des combattants à une récompense honorifique. En 1835, il demanda le renvoi de deux pièces qu’il avait jointes à sa demande. Ces pièces lui furent renvoyées. En 1835, il était sergent-major dans la garde nationale. En 1845, sergent-major aux Invalides, 2e division, il sollicita un secours. La police précisa que « les renseignements recueillis sur sa conduite et sa moralité lui sont favorables ». En 1846, ayant à charge son épouse âgée de soixante-quatorze ans et paralysée, il sollicita des secours. La police, cette année-là, donna comme renseignement sur l’épouse qu’elle était atteinte de paralysie et se trouvait à la campagne chez un de ses enfants, ajoutant : « On ne lui connaît pas de fortune mais on croit que sa famille pourvoit à ses besoins. Elle est bien considérée. » Il reçut, en 1847, un secours de quarante francs. En 1849, la police recueillait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et père de quatre enfants, a demeuré rue du Dragon n° 28 mais il a été admis depuis un grand nombre d’années à l’hôtel des Invalides. Sa femme, âgée de soixante-dix-huit ans, habite rue du Dragon n° 28 et n’a d’autres ressources pour vivre que ce que son mari peut lui envoyer de l’hôtel. Il jouit d’une bonne réputation. » Il mourut le 7 octobre 1851 à l’hôtel des Invalides. En 1852, sa veuve, âgée de quatre-vingts ans, paralysée, entièrement à la charge de ses enfants, sollicita un secours et reçut cent francs. Un de ses fils, Gabriel, était garçon de bureau au ministère de la Justice et demeurait 13, rue du Vieux-Colombier en 1851. En 1853, son chef de bureau acceptait d’appuyer la demande de secours qu’avait présentée la mère, en raison de la conduite « excellente » de son fils. La mère reçut deux secours de soixante francs en 1853. L’épouse se nommait De Lannaz ou de Launay ou Delaunay, Marie, Catherine, Prudence, le 14 ventôse an IV à Neaufle-le-Vieux (Eure) ; sur l’acte de mariage, Launay, Marie, Catherine, Prudence est indiqué comme la fille de Launay, Nicolas, Jean et de Lefebre, Marie, Françoise. Il demeurait 17, rue de Beaune en 1830-1831 ; 14, rue de Verneuil en 1831 ; 4, rue Taranne dans le faubourg Saint-Germain en 1834-1835 ; son épouse, 4, rue Malar au Gros-Caillou en 1845 ; son épouse, 79, rue des Saint-Pères ou 1, rue Taranne en 1846 ; sa femme, 28, rue du Dragon en 1849 ; sa veuve, 13, rue du Vieux-Colombier en 1851 ; sa veuve, chez M. Charpentier son gendre, tuilier, à Marines (Seine-et-Oise) en 1852-1853. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 51 (sous le nom de Dupuis, Louis, Gabriel) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65 (sous le seul nom de Dupuis), liste nominative des blessés de la IVe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1 mairie du (ancien) Xe arrondissement, feuille volante et Etat nominatif des blessés (4e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 10 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août (sous le nom de Dupuis, Louis, Gabriel) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 4e classe ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris (sous le seul nom de Dupuis) ; Archives nationales F/9/1155 (sous le nom de Dupuis, Gabriel) ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Fayte (sous le nom de Dupuis, Gabriel) ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Dupuis, Louis, Gabriel), idem Proposition d’autoriser sur le crédit ouvert au chapitre 6 du budget de 1852, l’ordonnancement d’une somme de 520 francs pour être répartie, à titre de secours, entre six personnes domiciliées dans divers départements, minutes 222, en date du 18 mai 1852, idem Proposition d’accorder à vingt-six décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 257-259, en date du 12 janvier 1853 (sous le nom de veuve Dupuis).