Dupuis, Jean, Victor
Biographie
Né vers 1812. Peintre en bâtiment. Agé de dix-sept ans et demi, il fut blessé, place de la Bourse, par des lanciers de la garde royale. Le certificat suivant attestait la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, docteur en médecine, médecin du 5e dispensaire, déclare que j’ai donné mes soins au nommé Dupuis, âgé de dix-huit ans, pour les blessures qu’il a reçues le 27, 28 juillet 1830, en se battant contre un détachement des lanciers de l’ex-garde royale. » Signé, le 18 septembre 1830 : Paulin, médecin, demeurant 4, rue du Vieux-Colombier. Le certificat suivant attestait sa participation aux combats : « Nous, soussignés, attestons qu’il est à notre connaissance que nous avons vu Jean, Victor Dupuis, âgé de dix-sept ans et demi, fils de la veuve Dupuis, que nous l’avons vu se battre les armes à la main avec nous, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet et qu’il fut blessé et qu’il reçut deux coups de sabre, dont l’un à la lèvre supérieure et l’autre à la jambe droite, puisque la cicatrice existe encore à la lèvre supérieure. » Signé, le 16 août 1830 : Lefoulon, demeurant dans le quartier de la Monnaie ; Boulet, demeurant dans le quartier de la Monnaie. Soutien de sa mère, il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut (sous le seul nom de Dupuis) un total de dix francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Soldat au 67e de ligne, il fut proposé pour un grade de sous-officier, en raison de sa conduite en juillet. Soldat en Algérie, à la 1re compagnie du 2e bataillon du 67e de ligne, il devait mourir le 21 mai 1837, de fièvres, à l’hôpital de Bougie. En 1844, sa mère, veuve Dupuis, née Marquillon, Eulalie, Elisabeth, dans une « triste position », sollicita un secours. Bauge, principal locataire du 24, rue Neuve-Saint-Guillemain, lui délivra un certificat comme quoi elle était « très honnête », infirme et méritait « la bienveillance des personnes charitables ». La police recueillit sur son compte les renseignements suivants : « […] Elle ne peut payer [son loyer, N.D.A] à cause de sa profonde misère. Elle est infirme et ne peut travailler. Cette femme est favorablement représentée sous tous les rapports. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1845. Elle reçut un secours de quarante francs en 1846. En 1847, âgée de soixante-six ans, malade et obligée de garder le lit, elle sollicitait un secours, précisant qu’elle recevait habituellement tous les ans depuis 1830 un secours de quarante francs et qu’elle en était privée depuis dix-huit mois. En 1849, plongée dans la misère, elle sollicitait un secours. En 1850, la police rapportait sur son compte : « […] Elle est en retard de deux termes. En raison de son grand âge, elle ne peut plus travailler et est réduite à vivre de la charité. Elle est réellement méritante. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1850, à titre de mère d’un blessé de Juillet et décédé. En 1851, ne pouvant se déplacer qu’avec l’aide de béquilles, se trouvant « dans une position épouvantable », elle sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1852, les renseignements de police rapportaient sur son compte : « […] Cette pauvre femme, âgée de soixante et onze ans, est réduite à vivre de charité et incapable de subvenir à ses besoins. Elle est hydropique et depuis six mois elle ne peut plus marcher. La veuve Dupuis mérite à tous égards le secours qu’elle sollicite. » Elle mourut en 1852, sans avoir pu toucher les quarante francs de secours qui lui avaient été alloués, comme mère d’un combattant de Juillet, décédé soldat en Algérie. Il demeurait 3, rue de l’Egout dans le faubourg Saint-Germain (13, rue de l’Egout mais sans doute par erreur in F/1dIII/36) en septembre 1830 ; sa mère, 24, rue Neuve-Saint-Guillemain, un logement au loyer annuel de cent francs, en 1837-1844 ; 24, rue Neuve-Saint-Guillemain ou 18, rue Princesse en août 1847 ; 67, rue du Four, un loyer de cent vingt francs par an, en 1848-1850 ; 67, rue du Cherche-Midi en 1851-1852. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, état de présentation à des emplois de sous-officiers dans l’armée ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/15/4240; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 80, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220.