Durand
Biographie
Né vers 1806 en Lorraine. Le 20 janvier 1831, il adressa la lettre suivante au général Fabvier : « Lorrain, j’habitais Paris depuis quatre ans, quand la liberté sortant d’un long sommeil, se rua tout à coup contre le despotisme armé. Je volai à Paris et, à la tête d’une troupe, je me battis toute la journée du 28. Plusieurs hommes furent blessés ou tués à mes côtés. Une fatalité qui semble s’attacher à toutes mes actions voulut qu’alors mon sang ne coula point pour la patrie. De retour à Saint-Germain, le cœur bouillonnant encore des événements qui venaient de se dérouler à mes yeux, j’insurgeai le peuple et arborai partout le drapeau national. Et, tranquille, je me remis à mes occupations. Mais il y a à peu près un mois que j’appris que la Commission des récompenses nationales accordait à ceux qui s’étaient distingués dans ces journées les grades de sous-lieutenant ou de sous-officiers. Aussitôt je me rendis à Paris. Je fis des recherches pour découvrir quelques personnes qui s’étaient battues avec moi mais, étranger et ne connaissant nullement Paris, tout fut vain, tout fut inutile. Abattu et découragé, je revins à Saint-Germain. Depuis un mois, mes occupations me sont devenus odieuses. Je ne vois ni ne respire plus que le métier de militaire. J’ai vingt-quatre ans, c’est trop vieux pour… autrement je ne demanderais rien. Général, si je pouvais faire valoir mes titres, nul doute que j’obtiendrais le grade de sous-lieutenant dans la cavalerie. Ces titres, je n’ai pu me les procurer. Si un vieux soldat comme vous, qui s’est battu pendant sept ans pour la Grèce, croit au serment d’un homme qui servit sa patrie dans les jours de Juillet et le regarde comme valant certificat, ce serment je le fais ; et si tout ce que j’avance n’est point la vérité, je me dévoue à toute la rigueur des lois. Si j’avais été de Paris ces certificats je me les serais procurés facilement. Tout mon crime est d’avoir été étranger à la capitale. Sera-t-il un titre d’exclusion ? Général pourrais-je me flatter que ma lettre sera présentée et appuyée par vous à la Commission ? Je suis en attendant, etc. PS je suis grand. J’ai fait mes études et un cours de mathématiques. Si ma présence était nécessaire veuillez me le dire je serais de suite à Paris. » Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur une sous-lieutenance dans la cavalerie que demandait Durand : « M. Durand n’appuie sa demande d’aucune pièce qui constate la vérité des faits qu’il allègue. La Commission pense qu’il n’y a lieu d’accueillir sa demande. » Il demeurait 5, rue du Vieux-Marché à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.