Durand, Claude, Ferdinand

Biographie


Né le 20 avril 1785 à Beauvais (Oise). Limonadier, il tenait le grand café du Pont-Neuf, au coin du 2, rue de la Monnaie. Il fut blessé, le 28 juillet, d’un coup de feu à la jambe droite, rue Saint-Germain-l’Auxerrois et place des Trois-Maries. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier était ainsi rédigé : « […] A dans les mémorables journées des 27 et 28 juillet fait constamment distribuer des vivres et des rafraîchissements et qu’il portait des secours de toute nature aux blessés et que le 28 à 6 heures du soir au moment où il portait ces secours, il fut lui-même atteint d’une balle qui lui a traversé la jambe droite. Il a été transporté chez lui et pansé de suite par le chirurgien major du 15e léger, stationné au bas du Pont-Neuf. Ce généreux citoyen, père de quatre enfants, avait aussi le 27 fait une forte résistance aux agents et aux commissaires de police qui voulaient lui faire retirer les journaux de son café. » Signé : Gontier, B., demeurant 9, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Vignot, J.-B., demeurant 9, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Durieux, marchand de vins, demeurant rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Maccavois, avoué, demeurant 11, rue de la Monnaie ; Lévêque, coiffeur, demeurant 5, rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois ; Pasteur, marchand bijoutier, demeurant rue de la Monnaie ; Gaubert, marchand de nouveautés, demeurant rue de la Monnaie ; Gillet, marchand d’eau-de-vie, demeurant 6, place des Trois-Maries ; Geinnebault, chandelier, demeurant 91, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Renou, demeurant 6, rue de Béthisy ; Bastient, capitaine en retraite ; Picault, marchand chapelier, demeurant 5, place des Trois-Maries ; Flane, marchand mercier, demeurant 21, rue de la Monnaie ; Etollard jeune, grainetier, demeurant place des Trois-Maries ; Butté, demeurant 6, rue de la Monnaie ; Perrez, boulanger, demeurant rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Meunier, serrurier, demeurant 88, rue Saint-Germain-l’Auxerrois ; Besson, marchand orfèvre, demeurant 8, rue de la Monnaie ; Bersange, fruitier, demeurant 88, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Le deuxième certificat était signé par Fleury, médecin ordinaire de Durand, qui témoigna des circonstances dans lesquelles son patient avait été blessé : « Le 28 juillet, à 7 heures du soir, j’ai été mandé rue de la Monnaie, n° 2, chez M. Durand, propriétaire, pour lui porter mes soins, étant d’ailleurs son médecin ordinaire depuis dix ans. J’ai trouvé M. Durand couché, ayant un bandage roulé autour de la jambe droite et l’appareil teint de son sang. Une saignée de bras venait d’être pratiquée. Voici les détails qui me furent données sur cet événement : M. Durand, ancien militaire (réformé après des blessures graves), ne put voir sans émotion, sans entraînement, la terrible glorieuse lutte qui s’était engagée sous ses fenêtres et malgré les craintes et les larmes de sa famille, malgré les feux croisés des combattants, il se jeta parmi eux, où indistinctement il distribua des secours et des vivres à ses concitoyens et aux troupes de la ligne qui stationnaient au bas du Pont-Neuf, côté de la rue du Roule. C’est au milieu de l’accomplissement de ce devoir qu’il reçut à la jambe droite un coup de feu que les témoins attribuent aux Suisses qui alors opéraient leur retraite sur le Louvre. Transporté chez lui le sieur Durand y fut à l’instant même pansé par le chirurgien-major du 15e de ligne, qui avait été témoin et son régiment de cet acte de dévouement et de courage. Après cinq mois de souffrance et de danger, M. Durand peut à peine aujourd’hui se livrer à quelques exercices et le membre a conservé une raideur, une contracture qui font craindre pour une ankylose du pied sur la jambe et qui empêcherait ou limiterait les mouvements de la marche. » Le docteur Treilles, le docteur Fournier-Deschamp, professeur d’anatomie, Richerand, chef de l’hôpital Saint-Louis et Lisfranc, chirurgien en chef de l’hôpital de La Pitié, certifièrent aussi la nature de la blessure. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du IVe arrondissement (sous le seul nom de Durand sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 24 octobre 1831. Il demeurait 2, rue de la Monnaie en 1830 in Archives de Paris VD6 3 et surtout dans les certificats in Archives de Paris VD6 277 ; 90, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831, boulevard de la Madeleine au coin de la rue Royale en 1831 sur le registre de la mairie in Archives de Paris Vbis1K4 2 et in Archives nationales F/1dIII/35 A. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 51 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIIe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 3e classe.

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