Durand, Claude, François

Biographie


Né le 31 décembre 1810 à Châtillon-sur-Seine (mais à Coulmier-le-Sec in Archives nationales F/1dIII/33 et dans le procès-verbal de son cadavre in Archives nationales F/1dIII/54) (Côte-d’Or), fils de Durand, Denis, boucher, et de Lecourt, Gabrielle, son épouse. Garçon marchand de vin. Il combattait, le 29 juillet, sur la place du Louvre, avec Papon, François, Poirier, Jean-Julien et Lassagne, Louis. Il entra dans le Louvre avec Lassagne et fut sitôt après atteint d’un coup de feu à la tête, qui lui emporta un morceau du crâne. D’abord secouru par ses camarades, il fut ensuite transporté chez le pharmacien Trouvin, 8, galerie Colbert, et y mourut une demi-heure après, vers 17 heures. Son cadavre fut reconnu, le 17 août 1830 à la morgue par Durand, son père, boucher, demeurant 44, quai des Ormes, et par Blot, Louis, garçon marchand de vin, demeurant 20, rue de Lancry. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 2 septembre 1830, le pharmacien Trouvin délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, pharmacien de l’Ecole de Paris, y demeurant galerie Colbert n° 8, atteste avoir reçu le 29 juillet dernier un jeune homme qui m’a paru âgé de dix-huit à vingt ans, ayant un tablier de marchand de vin et blessé m’a-t-on dit à la prise des Tuileries par un coup de feu qui lui fit sauter une partie du crâne dans la région frontale. Ce jeune homme a succombé vers 5 heures de l’après-midi, une demi-heure environ après sa translation à la rotonde de la galerie Colbert, où l’on venait de l’apporter mourant. Il ne paraît pas douteux que ce soit le même individu pour lequel j’ai délivré un certificat ce même jour et qui a été remis à l’un des hommes qui l’ont transporté immédiatement à la morgue. » Le 28 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Poirer, Jean, Julien, peintre en bâtiment, demeurant 27, rue de la Mortellerie ; Lassagne, Louis, marinier, demeurant 20, rue de la Mortellerie ; Papon, François, marinier, demeurant 29, rue de la Mortellerie. Ils attestèrent avoir très bien connu Durand, Claude, François, qui avait été longtemps leur proche voisin, « que le 29 juillet dernier, il se battait avec eux sur la place du Louvre, qu’il est entré dans le Louvre avec le sieur Lassagne, l’un d’eux, que sur les 1 heure de relevée, ledit sieur Durand a été atteint d’un coup de feu à la tête, qu’ils lui ont porté tous les secours qui dépendaient d’eux, qu’ils l’ont transporté galerie Colbert chez un pharmacien n° 8, où il est décédé peu d’instants après ». Il laissait des parents : Durand, Denis, né le 25 décembre 1788 (bien le 25 décembre 1788 dans son acte de baptême, parfois mais par erreur le 26 décembre 1788) à Coulmier-le-Sec (Côte-d’Or), garçon boucher, de « bonne moralité et conduite » selon les renseignements obtenus sur lui, et Lecourt, Gabrielle (mais Lacour, Gabrielle in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet), née le 3 juin 1780 à Bellenod-sur-Seine (Côte-d’Or). Les parents s’étaient mariés le 22 janvier 1810 à Coulmier-le-Sec. Sur l’acte de mariage, Durand, Denis est indiqué comme le fils de feu Durand, Jean, boucher (décédé le 6 août 1807 à Coulmier-le-Sec) et de Guilleminot, Germaine, son épouse ; Lecourt, Gabrielle est indiquée comme la fille de feu Lecourt, François, marchand (mais laboureur dans l’acte de naissance de Lecourt, Gabrielle), (décédé le 29 germinal an VII à Bellenod-sur-Seine) et de Junot, Anne, son épouse. Le maire de la commune de Coulmier, délivra, le 14 février 1831, le certificat suivant en faveur de Durand, Denis : « Nous, maire de la commune de Coulmier-le-Sec […] certifions que le nommé Durand, Denis, résidant à Paris depuis environ vingt ans, où il paraît qu’il a toujours été garçon boucher, a été en cette commune dès l’âge de vingt ans maître boucher ; qu’alors il a exercé cette profession avec peu de succès ; qu’il est à notre connaissance qu’il a perdu sa petite fortune, qui consistait seulement en quinze ou dix-huit cents francs, mais qu’il a vendu ses propriétés pour faire honneur à ses affaires. Après quoi, il a quitté le pays pour aller travailler de son état, comme simple garçon boucher ; qu’il est marié et s’est trouvé obligé par ces circonstances à laisser sa femme, qui elle-même soigne sa mère âgée de quatre-vingt-deux ans ; que ledit Durand leur fait passer tous les ans quelques secours ; que de son mariage il a eu un fils, auquel il a fait donner une fort bonne éducation, en le mettant en pension dans ce pays ci-même pendant cinq à six ans et l’a toujours payée exactement sur le produit de ses économies ; qu’il avait lieu de fonder l’espérance de son avenir sur cet enfant, qui, à ce que nous avons appris par plusieurs lettres, a péri dans les immortelles journées de juillet dernier en combattant pour nos droits et notre liberté. » Sa patronne lui délivra, le 28 février 1831, le certificat suivant : « Je, soussignée, veuve Franôme, marchande bouchère, demeurant à Paris, quai des Ormes n° 44, certifie à tous ceux qu’il appartiendra que depuis vingt ans que le sieur Denis Durand est à mon service, en qualité d’étalier, il s’est toujours conduit avec honneur et probité. Je déclare en outre que l’affection qu’il avait pour son fils unique (victime de son dévouement en combattant pour la défense des libertés dans les glorieuses journées de Juillet) l’a porté à lui donner une éducation au-dessus de ses moyens, sur le fruit de ses strictes économies ; et que tous les trimestres il envoie également à sa femme, qui a sa mère âgée de quatre-vingt-deux ans avec elle, le produit de ses épargnes pour les aider à subvenir à leur existence. » Suivait l’apostille suivante : « Nous, soussignés, Grandchamps, horloger, quai des Ormes n° 36, et Régent, herboriste, même quai n° 50, déclarons nous joindre à Mme Francôme, pour attester les faits honorables mentionnés en son certificat, afin de constater les sentiments et la bonne conduite du sieur Durand susnommé, que nous connaissons depuis de longues années sous les rapports les plus favorables. Nous affirmons de plus qu’il est de bonnes vie et mœurs et qu’il mérite l’estime et la confiance de toutes les personnes qui le connaissent. » Le certificat suivant fut délivré, le 14 février 1831, par la mairie de Bellenod-sur-Seine à la mère de Durand, Claude, François : « Nous, soussignés, maire, adjoint et principaux habitants de la commune de Bellenod […] certifions et attestons à tous qu’il appartiendra que la nommée Gabrielle Lecourt, femme de Denis Durand, garçon boucher, demeurant à Paris, quai des Ormes n° 44, est domiciliée en la commune dudit Bellenod, âgée de cinquante et un ans, n’a aucun moyen d’existence et ayant à sa charge sa mère âgée de quatre-vingt-deux ans, n’avait qu’un fils, seul et unique enfant, nommé Claude, François Durand, qui habitait Paris depuis plusieurs années en qualité de garçon marchand de vin, seules ressources et qui faisait ses espérances pour les aider à subsister […]. » Les parents furent pensionnés de deux cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Durand, Claude, François demeurait 20, rue de Lancry ; son père, 44, quai des Ormes en 1831 ; sa mère, à Bellenod-sur-Seine en 1831. Le nom de Durand (C.-F. Durand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 51 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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