Durande, Etienne, Jules

Biographie


Fils de Durande, Claude, Auguste (1764-1835), médecin puis député du Tiers-Etat de Bourgogne aux Etats généraux, maire de Dijon de 1806 à 1818, chevalier d’Empire par lettres patentes du 2 août 1811, baron d’Empire par décret impérial du 7 janvier 1814, chevalier de Saint-Michel. Il était sergent de la 2e division de l’Ecole polytechnique en juillet 1830. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, ne semble pas avoir participé aux événements de Juillet au point d’être récompensé par une quelconque distinction honorifique. Le 19 avril 1831, le commandant en second de l’Ecole polytechnique rapportait sur lui qu’il faisait partie d’une « liste nominative de ceux des élèves de l’Ecole polytechnique qui, n’ayant pas été désignés par les quatre [Baduel, Bosquet, Solignac et Gavaret, membres de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique pour chacun des élèves encore présents à l’Ecole polytechnique en 1831, N.D.A.] que vous avez entendus dernièrement, m’ont cependant déclaré avoir pris une part plus ou moins active aux événements de juillet 1830. J’ai la conviction qu’un plus grand nombre a concouru à ces événements mais que, par une modestie honorable, ils n’en veulent tirer vanité ni recevoir récompense ou même éloge. Je doute même beaucoup que tous ceux cités d’autre part se rendent, ainsi qu’ils y ont été invités devant la Commission réunie à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ». Le 21 avril 1831, il envoyait à la Commission des récompenses nationales le récit suivant de sa participation aux événements de Juillet : « Bloqué par la garde royale dans la maison de mes parents, où je m’étais retiré le 28, je n’ai pu en sortir en uniforme que le 29 entre 2 heures et demie et 3 heures. Alors, je suis allé aux Tuileries, où avec plusieurs de mes camarades j’ai cherché à maintenir l’ordre. J’y suis resté jusqu’au moment où l’on est parti pour Rambouillet. Dans cette expédition, j’ai été chargé d’aller prendre l’artillerie de Saint-Cyr avec d’autres élèves et j’ai couru quelques dangers en cherchant à détromper deux troupes de patriotes qui, à l’aube du jour, s’étaient réciproquement prises pour l’ennemi et s’étaient envoyé quelques balles. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 20 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 29, aux Tuileries après la prise, en uniforme, pour maintenir l’ordre ; commandant du poste de l’Horloge au Louvre. A été envoyé à Saint-Cyr pour commander l’artillerie. Rambouillet. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 20 avril 1831, à aucune voix pour la croix, deux voix pour la médaille et sept voix pour une mention. Il apposa sa signature, le 24 novembre 1830, à moins que ce ne soit lui qui signe…) sur le certificat suivant délivré en faveur de Candellier, Alexis : « Je, soussigné, major commandant le Louvre en vertu des ordres de S. M. Louis-Philippe Ier, certifie que le nommé Candellier, Alexis faisait partie du poste du château des Tuileries, dont j’avais le commandement pendant les journées des 29, 30, 31 juillet, 1er, 2 et 3 août, qu’il s’y est comporté avec toute la bravoure et le zèle que l’on devait attendre d’un bon citoyen et qu’il a coopéré par sa probité à la conservation de plusieurs objets précieux renfermés dans les appartements de cette résidence royale. En foi de quoi le présent certificat lui a été délivré par duplicata sur la représentation qu’il nous a faite que celui délivré antérieurement avait été retenu à la mairie du (ancien) VIIe (ou IXe illisible) arrondissement. » Il signa, le 17 août 1830, le certificat suivant en faveur de d’Eschavanes, Edouard : « Je, soussigné, ex-capitaine de la 1re compagnie du corps des étudiants, certifie que M. Jouffroy, Edouard, élève de l’Ecole normale, ex-élève de Marine, a contribué dans nos rangs aux belles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, notamment à la prise de la caserne rue de Babylone, où, seul, il a fait le service d’une pièce de canon, qu’il a fait partie du détachement envoyé sous mes ordres à l’expédition de Rambouillet et que, dans toutes ces circonstances, il a montré un zèle et un patriotisme dignes des plus grands éloges. » Il signa le certificat suivant en faveur de Cuvier, Frédéric : « Je, soussigné, atteste que M. Cuvier, fabricant de ressorts, demeurant rue du Harlay n° 19, est resté au poste des Tuileries depuis le 28 (sic) jusqu’au 1er août et qu’il s’y est toujours bien conduit. » Il signa le certificat suivant en faveur de Letellier, Louis, Joseph, quand ce dernier tenta, en 1831, de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le sieur Letellier a fait le service des Tuileries le 30, 31 juillet et 1er août, dont il s’est parfaitement acquitté. » Il était encore élève de l’Ecole en 1831. Il fut, par ordonnance royale, en date du 22 novembre 1831, admis dans l’artillerie de terre, en qualité d’élève sous-lieutenant à l’ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Il mourut en 1842 ; il avait épousé Leclercq, Clarisse, Adèle, et était père de Durande, Claude, Auguste né en 1841. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 210 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 211 (sous le nom de Duraude) ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 20 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 20 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cuvier, Frédéric ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Candellier, Alexis ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Jouffroy d’Eschavanes, Edouard ; Archives de la préfecture de police AA 398 in dossier Letellier, Louis, Joseph ; Journal militaire officiel, n° 45 bis, année 1831, p. 249 ; Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, Chaix-d’Est-Ange, tome quinzième, Evreux, chez Hérissey, 1917, p. 204.

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