Duruy, Marie, Charles
Biographie
Né le 30 novembre 1797 à Paris. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Ce père de famille, employé du gouvernement, revêtit l’uniforme de la garde nationale dès le 28 au matin et a excité les habitants à faire de même. Il coopéra au désarmement de la caserne Mouffetard. Il fit partie du rassemblement à la mairie et à celui des Gobelins pour l’organisation des postes de la garde nationale et la réception des poudres. Le 29, il coopéra au désarmement de la caserne de l’Estrapade, prit ensuite le commandement des citoyens au poste de Sainte-Pélagie, où il a forcé les prisonniers malfaiteurs à rentrer dans l’ordre. C’est en vertu de son pouvoir de commandant qu’il a signé la sommation au directeur de l’établissement de mettre en liberté six à huit prisonniers pour délits politiques dont Magallon et Cardonne faisaient partie. » Cuvillon, Jean-Baptiste, Philémon adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, qui donne des indications sur la participation de Duruy à la révolution de Juillet : « Je partis le 27, sous le commandement de M. Maës, comme simple volontaire et me trouvai jusqu’au 28 dans la nuit partout où les dangers les plus éminents pouvaient satisfaire le courage du chef sous les ordres de qui je m’étais rangé, ce qui est constaté par un certificat de ce commandant, en date du 7 de ce mois. Le 29, je vis de nouveaux dangers, qui n’étaient pas moins glorieux et aussitôt je me joignis à quelques hommes que commandait le lieutenant Duruy. Nous nous emparâmes du poste de Sainte-Pélagie. A peine l’occupions-nous que les détenus pour vol et autres faits de cette nature se révoltèrent. Quoiqu’en fort petit nombre, nous employâmes la force pour réprimer cette révolte, qui fut dès lors entièrement dissipée. Je restai à ce poste pendant soixante heures et ne demandai de permission de m’absenter que pour le temps absolument nécessaire au pansement des malheureuses victimes de la cause sacrée, ce qu’affirme un certificat du lieutenant Duruy, en date du 22 août. A peine avais-je pris quelques heures de repos que le lieutenant Duruy vint me demander pour le suivre au poste de la poudrière, et qui n’était plus gardé que par quelques hommes. Aussitôt je le suivis et restai à ce poste trente heures. M. Chaumont, élève de l’Ecole polytechnique, commandant en chef de ce poste, a bien voulu mettre dans son rapport du 1er au 2 août une note particulière sur le zèle et l’activité que j’ai déployés dans son service, comme le dit ce même certificat du lieutenant Duruy en date du 22. Le lendemain 3 août, vers les 2 heures de l’après-midi, M. Maës, commandant, me dit que je pouvais encore être utile à la nation en formant une ambulance et en me dirigeant sur Rambouillet. Aussitôt je me joignis à M. de Sainte-Marie, médecin. Après nous être procuré tout ce qui pouvait compléter une ambulance, nous fûmes suivis de plusieurs chirurgiens de nos amis et nous eûmes la douleur de devoir exercer notre art sur un assez grand nombre de malheureux blessés par imprudence. » Duruy, ajouta, comme capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion, l’apostille suivante à la lettre de Cuvillon : « La conduite de M. Cuvillon, dont j’ai été témoin oculaire, mérite les plus grands éloges. Je me plais à lui rendre cette justice qu’il s’est toujours montré un des plus zélés pour la cause nationale. » De la même manière, il joignit le certificat suivant : « Je, soussigné, lieutenant dans la XIIe légion de la garde nationale, commandant le poste de Sainte-Pélagie, certifie que […] Cuvillon, chirurgien attaché à l’hôpital de la Pitié, a été un des premiers à s’emparer des postes de Sainte-Pélagie et à repousser par la force la révolte exercée par les détenus pour vols et autres faits de cette nature, quoique dans ce moment nous ne fussions que très peu d’hommes à ce poste ; qu’enfin pendant les soixante heures que j’ai commandé, M. Cuvillon ne m’a demandé permission de s’absenter que pour le temps absolument nécessaire pour aller panser les malheureuses victimes de la cause nationale. Je certifie de plus que c’est ce même M. Cuvillon de qui M. Chaumont, élève de l’Ecole polytechnique, a parlé dans son rapport du 1er au 2, puisque ce jeune homme, après avoir été relevé de Sainte-Pélagie, a été faire le service au poste de la Poudrière, où je commandais, conjointement avec le susdit élève et où il est resté trente heures. » Dans la relation qu’il fit de sa propre participation aux combats de Juillet, Lecuyer, Claude, Léonard laissait les informations suivantes sur Duruy : [après la victoire, le 29 juillet] J’oubliais de dire que quoique épuisé de fatigue à la suite de ces deux jours de combat, je n’ai pris que le temps de changer de linge et suis allé monter la garde à Sainte-Pélagie, où je suis resté trois jours consécutifs sous les ordres de M. Duruy (voir Duruy, Marie, Charles), aujourd’hui capitaine des voltigeurs du 4e bataillon la XIIe légion […]. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 983 et le seul nom de Duruy) dans la liste des demandes de récompenses honorifiques posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 13 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 13 janvier 1831, à neuf voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, il était capitaine des voltigeurs de la garde nationale au 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, il signé en cette qualité, un certificat en faveur de Caron, Pierre, Nicolas, pour attester que ce dernier s’était « toujours montré très exact et zélé dans son service » et qu’il jouissait « de toute l’estime de ses chefs et de l’amitié de ses camarades ». Il signa deux certificats en faveur de Duruy, Melchior, Arcel. Le premier, le 15 octobre 1830 et ainsi rédigé, comme « capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion » : « Je, soussigné, capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale de Paris, certifie que M. Duruy, Melchior, Arcel, artiste tapissier aux Gobelins, se trouvant avec moi le 29 juillet 1830 à midi, lorsque, à la tête d’une poignée de gardes nationaux, j’allai m’emparer du poste de Sainte-Pélagie, s’offrit, seul avec un de ses camarades, à accompagner à la caserne de Lourcine le détachement du 15e léger qui se trouvait de service audit poste de Sainte-Pélagie ; que par sa fermeté il imposa à la multitude qui se montrait très exaspérée contre les soldats et qu’arrivé à la caserne les armes les armes furent mises en faisceaux et par lui distribuées aux ouvriers. » Le second, le 20 octobre 1830 et ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la 1re compagnie des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion, certifie que M. Duruy, Melchior, Arcel, artiste tapissier employé aux Gobelins, a été un des premiers à me suivre, le 29 juillet lorsque j’allai pour prendre le commandement du poste de Sainte-Pélagie et qu’il nous servit courageusement pour réprimer la révolte qu’exerçaient les détenus pour vols ; de plus, il est resté dans ce poste soixante heures, sans prendre aucun repos. Je certifie en outre qu’à peine ledit M. Duruy avait-il pris quelques instants de repos qu’il nous suivit au poste de la poudrière, où il est resté trente heures. Pendant tout le temps qu’il a été sous nos ordres, il n’a cessé de montrer le plus grand zèle et la plus grande activité pour le bien et la cause nationale. Comme chef d’atelier à la manufacture des Gobelins, je sais de plus que le 28, ledit sieur Duruy a été de garde aux Gobelins pour la conservation d’une partie de la poudre provenant de la poudrière que par ses soins et ceux de quelques-uns de ses amis, il était parvenu à faire déposer dans cet établissement. » Il appuya, en 1832, la demande de Langlumé, Charles, Quentin, Joseph (voir ce nom), qui sollicitait la croix de Juillet, rappelant sa participation aux combats et présentant sa compagnie de vétérans comme ayant, les 5 et 6 juin 1832, « résisté avec tant de courage aux factieux républicains ». Il demeurait à la Manufacture des Gobelins en 1830-1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de récompenses honorifiques ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 13 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem mention pour Nottelet en date du 10 février 1831, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Cuvillon, Jean-Baptiste, Philémon ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lecuyer, Claude, Léonard ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Langlumé, Charles, Quentin, Joseph ; Archives nationales F/15/ 3784 secours à divers titres in dossier Caron, Pierre, Nicolas ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Duruy, Melchior, Arcel.