Duruy, Melchior, Arcel
Biographie
Né le 18 juillet 1804 à Paris. Artiste tapissier à la manufacture des Gobelins. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. On trouve en effet dans son dossier plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine de la 1re compagnie des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion, certifie que M. Duruy, Melchior, Arcel, artiste tapissier employé aux Gobelins, a été un des premiers à me suivre, le 29 juillet lorsque j’allai pour prendre le commandement du poste de Sainte-Pélagie et qu’il nous servit courageusement pour réprimer la révolte qu’exerçaient les détenus pour vols ; de plus, il est resté dans ce poste soixante heures, sans prendre aucun repos. Je certifie en outre qu’à peine ledit M. Duruy avait-il pris quelques instants de repos qu’il nous suivit au poste de la poudrière, où il est resté trente heures. Pendant tout le temps qu’il a été sous nos ordres, il n’a cessé de montrer le plus grand zèle et la plus grande activité pour le bien et la cause nationale. Comme chef d’atelier à la manufacture des Gobelins, je sais de plus que le 28, ledit sieur Duruy a été de garde aux Gobelins pour la conservation d’une partie de la poudre provenant de la poudrière que par ses soins et ceux de quelques-uns de ses amis, il était parvenu à faire déposer dans cet établissement. » Signé, le 20 octobre 1830 : Duruy (voir Duruy, Marie, Charles), capitaine des voltigeurs. Suivaient aussi les signatures de : Margarita, major de la XIIe légion ; Agier, F., illisible, colonel de la XIIe légion. Et cet autre certificat, du même Duruy, Marie, Charles : « Je, soussigné, capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale de Paris, certifie que M. Duruy, Melchior, Arcel, artiste tapissier aux Gobelins, se trouvant avec moi le 29 juillet 1830 à midi, lorsque, à la tête d’une poignée de gardes nationaux, j’allai m’emparer du poste de Sainte-Pélagie, s’offrit, seul avec un de ses camarades, à accompagner à la caserne de Lourcine le détachement du 15e léger qui se trouvait de service audit poste de Sainte-Pélagie ; que par sa fermeté il imposa à la multitude qui se montrait très exaspérée contre les soldats et qu’arrivé à la caserne les armes les armes furent mises en faisceaux et par lui distribuées aux ouvriers. » Signé, le 15 octobre 1830 : Duruy, capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la XIIe légion. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Duruy, Melchior, Arcel, m’a accompagné le 31 juillet 1830 à Bicêtre pour y apaiser la révolte des prisonniers et qu’il a montré un grand courage, en cherchant à réunir les habitants du faubourg Saint-Marceau pour cette expédition. » Signé, le 9 septembre 1831 : Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph), Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, docteur en médecine et chirurgien, certifions que M. Duruy, Melchior, Arcel, artiste tapissier employé aux Gobelins, nous a accompagnés dans l’ambulance que nous avons formée et dirigée sur Rambouillet, le 3 août, et que dans cette circonstance nous n’avons que les plus grands éloges à lui donner pour le zèle et le patriotisme qu’il n’a cessé de montrer pour la chose publique. » Signé, le 20 octobre 1830 : Carron du Villards (voir Carron du Villards, Charles, Joseph), docteur en médecine et en chirurgie ; ...uvillar illisible, chirurgien externe à La Pitié. Suivait la signature de Maës (voir Maës, Nicolas, Joseph), demeurant dans le faubourg Saint-Marceau et comme « commandant du détachement ». Aussi ce billet, qu’il joignait à sa demande et signé par des militaires désarmés de la caserne Mouffetard : « Nous venons de rendre à l’instant, en présence de deux élèves de l’Ecole polytechnique, les armes qui nous restaient. Nous vous prions d’avoir la bonté d’envoyer un poste de garde nationale à la caserne Mouffetard et de faire mettre un écriteau, ainsi que cela s’est fait à la caserne rue Tournon qui indique que nous sommes désarmés. » Il était, en 1830, garde national au 4e bataillon et Olivier, capitaine commandant du bataillon, attestait qu’il s’était « parfaitement conduit dans les journées des 20, 21 et 22 décembre 1830 [époque des troubles occasionnés par le procès des ex-ministres de Charles X, N.D.A.]. Il participa à la Révolution de Février. En témoignent deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé :n « Je, soussigné, contrôleur à la manufacture des Gobelins, certifie que M. Axel, Melchior Duruy, artiste tapissier de cet établissement, se trouvait, le 24 février, à la porte de la manufacture lorsqu’une réunion de citoyens s’est présentée pour réclamer des armes et des munitions, qu’il s’est empressé de remettre une partie de ceux des gardes nationaux logés dans l’établissement, ainsi que cinq paquets de cartouches provenant du poste abandonné par la troupe de ligne ; que dans l’après-midi du même jour il provoqua l’établissement d’un poste de citoyens pour la défense de la manufacture et concouru à sa formation. Je certifie également que le lendemain 26, sur la nouvelle qui s’était répandue d’attaque contre les Gobelins, de menaces d’incendie, il a réuni une force imposante, commandée par un élève de l’Ecole polytechnique, à laquelle la manufacture a dû d’être à l’abri de toute surprise. » Signé : Campenon, contrôleur de la manufacture ; Maillard, qui ajoutait que « Duruy, ami de la république, a été souvent en butte aux tracasseries de l’ancien gouvernement » ; Laforest, capitaine ; Buffet ; Sollier, sergent aux Gobelins ; illisible, marchand boucher, demeurant 291, rue Mouffetard le numéro est illisible ; Duru..., capitaine du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale ; Dufournel, lieutenant en 1er de la 1re compagnie du 4e bataillon ; Méry, Eugène (voir ce nom), qui attestait en outre « que le citoyen Duruy m’a accompagné comme escorte pour lire les proclamations du gouvernement provisoire alors qu’il y avait peut-être quelque danger à le faire » ; Gorne..., commissaire de la république au (ancien) XIIe arrondissement ; Bruère, lieutenant à la XIIe légion, qui attestait que Duruy « était présent aux Gobelins lorsque je suis allé désarmer la manufacture et qu’il s’est prêté à la circonstance, qu’il a bien voulu quelques jours après m’accompagner pour publier des proclamations de la république » ; Gobert, capitaine à la 4e compagnie du 1er bataillon, qui attestait « que le citoyen Duruy s’est trouvé avec moi dans les barricades, le jeudi matin, marchant avec les élèves de l’Ecole polytechnique et que partout il a fait preuve du plus grand patriotisme » ; Lévêque, sergent-major à la 4e compagnie du 2e bataillon de la XIIe légion, commandant de la caserne Sainte-Geneviève pendant les événements, qui attestait que Duruy y était venu chercher des renforts pour protéger de l’incendie la manufacture des Gobelins ; Davignan illisible, élève de l’Ecole polytechnique, qui attestait que Duruy avait considérablement aidé à organiser le service à l’intérieur de la manufacture. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Grazietti, élève au Val-de-Grâce, et Resol illisible, élève de l’Ecole polytechnique, déclarons avoir requis huit hommes dont quatre du poste de Fontainebleau et quatre de la Gare pour servir d’escorte au convoi de poudre destiné au fort d’Ivry. » Signé, le 29 février 1848 : Grazietti ; Res... Fleury ?. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 270, rue Mouffetard en 1848. Archives de la préfecture de police AA 387.