Duteil, Antoine

Biographie


Né en 1804 à Chantel (Allier). Garçon boulanger. Il fut blessé à la jambe gauche, le 29 juillet à la prise du Louvre. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie qu’Antoine Dutheil a reçu à la jambe gauche une blessure par un coup de feu, qui exige dix jours de repos mais ne présente aucun danger. » Signé, le 9 août 1830 : Gendrin (voir Gendrin, Augustin, Nicolas). Suivaient les signatures de Gaucher, et de Mutel, D., qui attestaient que Duteille (sic) ou Dutheuil (sic) avait été au Louvre le 29 juillet. Il était signataire, le 22 septembre 1830, avec Yves, Georges (voir ce nom), demeurant 23, rue du Four-Saint-Honoré, Chaudier, Louis (voir ce nom), demeurant 1, rue Mercière, Charton, Jules (voir ce nom), demeurant 1, rue Mercière, Rousseau, François, demeurant 7, rue Saint-Joseph, Cabanne, Henry, demeurant 10, rue de la Cossonnerie, Ceheux illisible, demeurant 7, illisible, d’une demande afin d’obtenir la médaille de Juillet, en récompense d’avoir « pendant les glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, […] couru à la défense de la patrie et assuré le triomphe de la liberté. […] Par plusieurs faits d’armes remarquables et détaillés dans la déclaration ci-jointe, attestée par d’honorables signatures, ils ont prouvé leur bravoure, leur intrépidité et leur attachement inviolable à la cause sacrée qui vient de placer les Français sous l’égide de Louis-Philippe Ier, le meilleur des rois ». Leur déclaration était ainsi rédigée : « Les soussignés déclarent que le mardi ils ont attaqué le poste de la halle à 11 heures et presque sans armes, qu’ils se sont battus près d’une heure ; que le mercredi ils ont forcé les gendarmes à fuir, que le même jour, ils étaient trente-cinq à 1 heure du soir contre trois cents gardes royaux, Suisses et 15e de ligne, qu’ils se sont battus deux heures et demie et ont forcé à fuir ces soldats ; qu’ils se sont rendus au Palais-Royal le jeudi et se sont constamment battus ; qu’ils ont fait les barricades des rues de Vannes (pas sûr c’est illisible), rue des Deux-Ecus, rue des Prouvaires, le jeudi à 4 heures du matin, les outils ont été donnés par M. Gibert, quincaillier, rue du Four (mais lui-même signe comme demeurant 11, rue des Deux-Ecus), M. Cheux (illisible) leur a donné de la poudre. » Cette déclaration était apostillée par Lambrun, marchand de vins, demeurant 8, rue de Vannes ; Huard, marchand d’eau-de-vie, demeurant 4, rue de Vannes ou de Varmes ; Gibert, marchand quincaillier, demeurant 11, rue des Deux-Ecus ; Husson, marchand de vins, demeurant rue des… ; Legris, marchand boucher, « présent près de l’église Saint-Eustache » ; Natter, limonadier, demeurant 9, rue des Deux-Ecus. Il reçut (sous le nom de Dutheil, Antoine) un secours de quarante francs en août et un autre de vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme combattant, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 5 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure superficielle par arme à feu et par balle morte ou oblique à la partie antérieure, inférieure et un peu externe de la jambe gauche, cicatrisée sans difficultés et sans douleurs dans les mouvements et qui ne saurait motiver aucune récompense. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il retira, sans précision de date, un certificat médical qu’il avait confié à cette Commission. En 1830, il était célibataire. Il demeurait 1, rue Mercière en 1830-1831 (mais 24, rue Tirechappe vers 1830 in Archives de Paris VD6 288 n° 7 et in Archives nationales F/1dIII/35 A et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 A mais une autre fois dans la même référence Archives nationales F/1dIII/38 A 1, rue Mercière) ; 1, rue Mercière en juillet 1830 puis 3, rue de Viarmes en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 387. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 19 (sous le nom de Duthei, Antoine) ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 21 (sous le nom de Duthei, Antoine) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 71 ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Cabanne, Henri ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 387.

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