Dutour, Maximilien

Biographie


Né le 1er vendémiaire an III (mais vers 1793 in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste dincapacité de travail et VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales ; bien le 1er vendémiaire an III in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.) à Paris. Arquebusier en 1818, armurier en 1830, mécanicien en 1831. Il sortit de chez lui le 28 juillet, armé d’un sabre et d’un fusil, et partit se battre avec Margaine, son voisin, sur le quai du Louvre, la place du Carrousel et la place du Palais. Le 29, ils étaient dans la rue Saint-Merri, quand ils rencontrèrent le frère de Margaine, accompagné de Prudhomme, Louis. Dutour les quitta pour rejoindre une compagnie de gardes nationaux qui se rendait au palais. Peu après il rejoignait les frères Margaine et Prudhomme, rue de Ménilmontant, à la construction des barricades. En manipulant des pavés, il se blessa très gravement à la main et fut forcé d’appeler un médecin pour recevoir des soins. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. La mairie indiquait ainsi la nature de ses blessures : « Contusion de la main gauche par la chute des pavés, en élevant des barricades. Cette contusion a été suivie de l’inflammation des capsules articulaires et des coulisses des tendons de plusieurs doigts. Il en est résulté l’ankilose et l’immobilité du plus grand nombre des articulations de cette main. Estropié. » Le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Margaine aîné (voir ce nom), commis marchand, demeurant 63, rue de Ménilmontant ; Margaine, Victor (voir ce nom), ébéniste, demeurant 63, rue de Ménilmontant ; Prodhomme, Louis (voir ce nom), graveur, demeurant 63, rue de Ménilmontant. Ils attestèrent « ledit Margaine aîné a dit que le 28 juillet dernier sur les midi 1 heure, il est sorti de chez lui avec le sieur Dutour, demeurant même maison, tous deux avec balles et fusils, qu’ils ont été ensemble sur le quai du Louvre, place du Carrousel et place du Palais, où ils se sont quittés. Que le 29 dudit mois à midi à 1 heure le sieur Prudhomme (sic) est sorti de chez lui non armé avec le sieur Margaine, Victor, pour se procurer des armes et que rue Saint-Merri ils ont rencontré le sieur Margaine aîné et le sieur Dutour, tous les deux armés. Que là le sieur Dutour les a quittés pour se joindre à une compagnie de garde nationale qui allait au palais et que les trois témoins déclarants ont retourné rue de Ménilmontant et ont travaillé aux barricades et qu’à peine ils étaient à travailler que le sieur Dutour vint se joindre à eux et qu’après trois heures environ de travail en enlevant les pavés sa main gauche fut prise entre les pavés et qu’il lui tomba également un poteau sur la même main et qu’ils savent que ledit sieur Dutour avait été blessé grièvement à cette main et forcé d’appeler un médecin ». Le 8 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Lafon, Paul, Bernard, estampeur, demeurant 63 bis, rue de Ménilmontant ; Potet, Jean-Pierre, cordonnier-bottier, demeurant 17 bis, rue Saint-Maur. Ils attestèrent que Dutour, Maximilien « n’a aucune fortune particulière et qu’avant les journées de Juillet il n’existait et ne soutenait sa famille que par le produit de son travail ». Il reçut un secours de cinquante francs, le 14 août, un secours de cinquante francs, le 24 août, un secours de cinquante francs, le 2 septembre, un secours de trente francs, le 14 septembre, un secours de vingt francs, le 28 septembre, un secours de cinquante francs, le 5 octobre, un secours de cinquante francs, le 3 novembre 1830, un secours de cent francs, le 6 décembre 1830, un secours de quarante francs, le 10 janvier 1831, un secours de cinquante francs, le 31 janvier 1831, un secours de quarante francs, le 14 février 1831, un secours de quarante francs, le 28 février 1831, un secours de quarante francs, le 16 mars 1831, un secours de quarante francs, le 28 mars 1831, un secours de quarante francs, le 11 avril 1831, un secours de quarante francs, le 25 avril 1831, un secours de quarante francs, le 9 mai 1831, un secours de quarante francs, le 2 juin 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er juillet 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er août 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er septembre 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 1er octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le jury médical, chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint de contusions à la main gauche, suivies d’abcès à la paume de la main, d’atteintes profondes aux tendons et aux articulations de plusieurs doigts ; guéri mais avec difficultés, roideur dans les articulations de ces doigts et d’ankylose de celle du doigt du milieu. En conséquence, nous estimons qu’il a été atteint d’une blessure qui a entraîné une incapacité durable et complète d’un membre et qu’il doit être rangé dans la quatrième classe des blessés. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cent francs. Il fut soupçonné de recevoir de la part de la Commission de la souscription nationale à la fois au (ancien) VIIIe arrondissement et au (ancien) VIe arrondissement, ce qui n’était pas le cas, étant pensionné de la 4e classe. Il reçut, en tant que blessé mais non décoré, un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il avait épousé Chaulay, Marguerite, Augustine, le 15 juin 1818 à Fontenay-lès-Louvre (Seine-et-Oise). Sur l’acte de mariage, Dutour, Maximilien est indiqué comme le fils de feu Dutour Lucien, maître serrurier, et de Vassart, Marie, Hélène épouse en secondes noces de Vassart, Omer ; Chaulay, Marguerite, Augustine est indiquée comme la fille de Chaulay, Edme, Augustin (ou Chaulay, Edme, Auguste dans un certificat de la mairie), propriétaire et de Lecerf, Marie, Sophie, Eulalie. La mère, Vassart, Marie, Hélène, fournit un papier de la mairie de Chatenay, en date qui attestait qu’elle ne jouissait « que d’une modique fortune, qui ne peut subvenir à son strict nécessaire et qu’il est à notre connaissance qu’elle a été obligée d’engager une partie de son bien pour venir au secours de M. son fils, Maximilien Dutour […] qui, ayant été établi, a éprouvé de grands malheurs, ce qui mit depuis madame sa mère dans une grande gêne. Comme de même nous certifions que M. Maximilien Dutour a toujours joui d’une très bonne réputation, qu’il est père de trois enfants, dont l’aîné n’a que onze ans et que depuis les pertes qu’il a éprouvées il n’a vécu que du produit de son travail ». Le maire de la commune de Fontenay-lès-Louvre, en date du 5 avril 1831, lui délivra un certificat qui attestait que les parents de sa femme, Chaulay, Marguerite, Augustine, « jouissent d’un bien qui est réversible à trois de leurs enfants à la mort de Mme Chaulay, leur mère. Ce bien partagé entre trois de leurs enfants est médiocre. Une observation qui vient à l’appui de la triste position de M. Dutour c’est qu’ayant éprouvé des pertes considérables dans son commerce, il a été forcé de vendre par anticipation la portion de bien à laquelle il a droit par le fait de sa femme, ce qui rend sa position très pénible et le réduit pour ainsi dire dans un état de gêne voisin de l’indigence par suite du fâcheux accident qu’il a éprouvé dans les troubles de juillet dernier ; que M. Dutour est père de trois enfants mâles dont le plus âgé n’a pas encore douze ans. Nous certifions en outre que la moralité de la conduite de M. Dutour a toujours été régulière et que nous n’avons entendu dire qu’il ait dévié des principes d’honneur et de probité ». Il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Guillier, Edme, Verin et « savoir qu’il a combattu le 28 juillet 1830 et qu’il a été blessé rue Neuve-des-Petits-Champs en face du passage Colbert, d’un coup de feu aux deux chevilles ». Il était père de trois garçons dont l’aîné avait douze ans en 1831. Il demeurait à Chatenay (Seine-et-Oise) en 1818 ; 63, rue de Ménilmontant (63 bis, rue de Ménilmontant deux fois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc., in Archives de Paris AP VD6 356 n° 5 au mois de janvier 1831, mais deux fois 63 en février, deux fois en mars deux fois en avril une fois en mai, une fois 53 ! en mai, de nouveau 63 au mois daoût, 63, bis en octobre ; 63, rue de Ménilmontant in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; 68 bis, rue de Ménilmontant in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Liste dincapacité de travail ; 63, rue de Ménilmontant deux fois in Archives de Paris VD6 360 n° 5, III, Enregistrement des bons délivrés etc. in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc. et VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales) en 1830-1831. Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 52 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IVe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, Etat nominatif des blessés qui paraissent avoir touché des secours depuis le mois de juillet dans plusieurs arrondissements, idem même référence II, Liste d’incapacité de travail, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence IV Etat nominatif des blessés qui paraissent avoir touché des secours depuis le mois de juillet dans plusieurs arrondissements, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés pensionnaires), idem même référence VI Extrait du registre contenant les décisions du jury médical à la Commission des récompenses nationales, idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des blessés, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Guillier, Edme, Verin ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, blessés de 4e classe.

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