Dutraigneau, François
Biographie
Né le 8 octobre 1784 à Philippeville (Belgique). Inspecteur des octrois. On trouve dans le récit que fit Mercier, Célestin, Joseph, Valentin de sa propre participation aux combats des indications sur la conduite de Dutraigneau (à pondérer de la note plus bas, Dutraigneau, Mercier et Tisserand étant sans doute liés par la même communauté d’intérêts) : « […Le 28 juillet] Les deux gardes nationaux dont je viens de parler se portèrent de suite à la caserne de la gendarmerie de la barrière d’Enfer et désarmèrent ceux des gendarmes qui y étaient restés sans qu’ils aient fait aucune résistance. Le sieur Tisserand s’était revêtu de ses habits d’uniforme et était accouru pour rejoindre ses camarades. Il fut présent et participa même à la distribution des armes. Un poste se forma de suite sur la demande de M. Dutraignaux (voir Dutraigneau, François), et fit à cette entrée de Paris un service militaire. Tisserand en fut le chef. […] Jeudi 29 juillet. A peine le jour a-t-il paru que nous voyons arriver de tous côtés des personnes qui venaient s’informer du résultat de la résistance de la veille. Nous apprîmes alors avec une bien grande joie que les patriotes étaient à la place de Grève et que l’on se disposait à aller attaquer les châteaux royaux et les casernes qui n’étaient point encore en notre pouvoir. Les dragons de la garde arrivèrent à la barrière d’Enfer par le boulevard extérieur. Ils ne montraient point de dispositions hostiles. Ils passèrent tranquillement mais n’entrèrent point dans Paris. On voyait dans le même moment arriver de tous côtés des hameaux voisins une foule de personnes armées de toutes sortes d’instruments et se dirigeant sur l’intérieur de Paris. Pour exciter leur patriotisme et les soutenir dans leurs bonnes intentions nous crûmes MM. Dutraignaux, Legendre et moi de faire quelques distributions de boissons. Elles eurent lieu et plusieurs pelotons entrèrent dans Paris aux cris de Vive la charte ! vive la liberté ! […Le 29 juillet] Entre 3 et 4 heures, un particulier y fut arrêté par le public et signalé comme étant un jésuite. Il fut conduit au corps de garde et relâché peu d’instants après. On l’arrêta de nouveau dans le petit Montrouge. Il fut fouillé et l’on trouva sur lui un poignard ; ramené à la barrière d’Enfer, il allait être fusillé lorsque nous nous élançâmes M. Dutraigneau et moi pour chercher à calmer l’effervescence publique. On venait de me donner l’assurance que c’était le parent d’une personne connue à Montrouge. Je fis la proposition de conduire cet homme au gouvernement provisoire parce qu’il pourrait peut-être en sa qualité de jésuite faire des révélations qui pourraient être d’une grande utilité à la cause nationale. Je parvins à me faire entendre. M. Dutraigneau appuya fortement ma proposition et le prétendu jésuite se dirigea sur Paris avec bonne escorte. Bien certainement c’est à M. Dutraigneau et à moi que cet homme doit la vie. A 5 heures environ le bâtiment des Missions étrangères situé rue d’Enfer contigu à l’hospice des Enfants-trouvés fut envahi par une troupe armée et livré au pillage. J’y courus de suite et parvins à faire transporter à l’hospice Cochin un assez grand nombre d’objets. D’autres brûlaient sur la voie publique. Le feu qui s’était communiqué dans une cheminée attenante à l’hospice des Enfants-trouvés menaçait fortement ce dernier établissement. Il (Dutraigneau ?) courut à la barrière d’Enfer pour y prendre les seaux à incendie et aidé de plusieurs personnes, nous parvînmes à empêcher tout dégât. De retour à la barrière d’Enfer, MM. Dutraigneau, Tisserand, Mignot (voir Mignot, Nicolas) et moi nous arrêtâmes un grand nombre d’objets volés, que je disposai moi-même à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement de Paris, procès-verbal de ce fait a été rédigé à cette mairie. […] J’ai omis de dire que, le jeudi, nous établîmes un drapeau tricolore et que de concert avec M. Dutraigneaux nous l’arborâmes au pavillon de droite, au même moment que Tisserand arborait le sien dans le pavillon de gauche. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Sa qualité d’inspecteur de l’octroi ne l’empêcha pas de prendre une part très active aux événements. Le 28, il coopéra au désarmement du poste de gendarmerie à la barrière d’Enfer. Il mit à la disposition du peuple tous les sabres de ses employés et distribua cinq fusils lui appartenant. Il fit fermer la grille au moment où les lanciers arrivaient pour y passer. Pistolet au poing, sur la sommation d’ouvrir faite par un général un fort de la halle voulut ouvrir, et il s’y opposa. Des gardes royaux voulant entrer à Paris, il les a détournés de leur projet. Le soir, il a empêché le pillage et a sauvé la vie à un nommé Mignot (ou Minot in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VK3 34) qui l’empêchait aussi. Le 29, il a empêché de fusiller un individu arrêté par le peuple, soupçonné d’être un jésuite et armé d’un poignard. Il a fait distribuer aux paysans qui arrivaient pour se joindre au peuple de Paris l’eau-de-vie appartenant à l’administration et du vin lui appartenant. On doit à son zèle et à son activité d’avoir conservé intactes les caisses de sa division et empêché l’incendie des postes. » Lui-même adressa à la Commission des récompenses nationales le récit suivant, de la conduite qu’il avait tenue pendant les journées de Juillet ; ce récit était intitulé Quelques notes sur la conduite de M. Jacques Dutraigneaux (sic, faire le changement ?), inspecteur de l’octroi de Paris, division du sud, pendant la grande semaine et ainsi rédigé : « Mardi 27 juillet 1830. Il parcourut, le jour et la nuit, toute sa division pour veiller au maintien de l’ordre aux barrières ; il savait d’avance qu’il serait bien secondé par ses subordonnés, dont il connaissait l’opinion. Mercredi 28. La lutte qui s’était engagée, la veille, pouvant donner des inquiétudes sur les sommes assez considérables que renfermaient les caisses des comptables sous ses ordres, il les a fait mettre en lieu de sûreté ainsi que les pièces de comptabilité. Pendant qu’il s’occupait de ce travail à la barrière du Maine, vers 11 onze heures du matin, l’officier commandant le poste l’aborde et le questionne sur les événements de l’intérieur. “Vous serez nécessairement attaqué, lui répondit-il, mais il faut réserver le sang de vos soldats pour une meilleure occasion.” Le désarmement de ce poste eut lieu deux heures plus tard, sans opposition. Vers 3 heures et demie, il voit désarmer à la barrière d’Enfer, les gendarmes restés à la caserne. Le peuple se plaignait de ne point trouver là les armes sur lesquelles il comptait. Il lui fait distribuer les sabres des préposés sous ses ordres. Plusieurs fois la caserne de gendarmerie est menacée du pillage ; il y ramène constamment une garde qui la préserve de ce désastre. Il assure en même temps, par ses communications fréquentes avec tous les employés, dont il exigea impérieusement la présence sur les lignes, l’ordre à toutes les barrières de sa division. Le soir, entre 7 et 8 heures, arrivent à la barrière d’Enfer par les boulevards intérieurs de la Santé, les débris de plusieurs corps de la garde royale ; ils s’y arrêtent et se rangent en bataille. En même temps, le peuple, qui fuyait devant eux, répand le bruit qu’ils venaient de faire une charge dans la Maison-Blanche, où ils avaient massacré un grand nombre de personnes sans arme. M. Dutraigneaux avait fait fermer les portes de la barrière à leur approche. Des gendarmes qui faisaient partie de ces détachements en demandent l’ouverture ; il refuse. Un officier supérieur s’avance, renouvelle cette demande, avec menaces. Un charbonnier, qui était alors près la grille, s’élance pour obéir à cette sommation mais sur son ordre, deux employés s’avancent entre les hommes et la grille et il est obligé de se retirer. “Vous insisterez vainement” dit M. Dutraigneaux à l’officier et à d’autres qui, comme lui, s’étaient détachés de l’état-major. Nous craignions de voir se renouveler les horreurs qui venaient d’être commises à la Maison-Blanche. Cette troupe continua sa retraite vers l’Ecole-Militaire et le poste de sept à huit hommes armés qui avait remplacé la gendarmerie n’eut point à souffrir de l’attaque qu’avaient nécessairement pour but les sommations faites à M. Dutraigneaux. Il réunit à la barrière un certain nombre d’employés et donne des ordres pour que désormais les barrières soient fermées principalement aux troupes qui arriveraient à Paris. A ce moyen, les forces des volontaires nationaux sont augmentées. Pendant la nuit, ils décident, par leurs menaces, un régiment de cavalerie à prendre au galop le chemin du Luxembourg et, le matin, il peint à l’un des officiers des dragons qui circulaient sur les boulevards extérieurs le tableau des événements de Paris, il répond qu’ils n’entreront pas dans la ville. Dans la même nuit, il prend des mesures pour prévenir les accidents que pourrait occasionner à la barrière d’Ivry des poudres enlevées de la poudrerie et pressait de faire en sorte qu’il n’en soit fait usage que dans l’intérêt national. Jeudi 29 juillet. Arrivée des habitants des communes rurales voisines. Il leur fait distribuer de l’eau-de-vie ; il arme les sieurs Normand et Armand de Montrouge et remet également un fusil à l’un des employés sous ses ordres. Il réclame de ce peuple armé un poste important pour la barrière d’Enfer et l’obtient. Il fait définitivement fermer les grilles et elles ne sont plus ouvertes que sur son ordre et celui du chef de ce poste. Formation des barricades : il y travaille et encourage les travailleurs en leur distribuant des boissons. L’estafette de M. de Foresta est arrêtée à la barrière : il entend la lecture des dépêches, il invite à les communiquer promptement à la mairie. Des malveillants qui s’étaient glissés parmi le peuple qui encombrait alors la barrière assiègent les bureaux de l’octroi et en pillent le mobilier. Il se lance au milieu des pillards et obtient que tout sera rendu ; pour vingt habits d’uniforme, un seul a été perdu. Dans la matinée, un homme fuyait Paris ; le peuple, sans le connaître, le signala comme jésuite ; il est arrêté, conduit au corps de garde et relâché. Il est de nouveau rencontré dans Montrouge. On trouve sur lui un poignard. La fureur est à son comble ; sa mort est décidée ; une question seule était agitée, celle du lieu de son supplice ; les uns voulaient le fusiller dans le parc aux Bœufs, où l’entourait la foule qui le frappait ; les autres opinaient que l’exécution se fît derrière le bâtiment de la douane. M. Dutraigneaux, qui voyait dans le particulier arrêté un homme massacré sans jugement, se place parmi les assaillants et obtient qu’il sera conduit au poste de la place Saint-Michel. Bientôt après, des incendiaires, dont faisaient sans doute parmi les mêmes hommes, coururent à la maison des missionnaires, rue d’Enfer, en pillant et brûlant le mobilier. Le feu menaçait même le bâtiment de l’hospice des Enfants-Trouvés contigu. Il distribue les seaux à incendie et charge plusieurs employés d’aller là porter des secours. Pendant le même temps, on avait arrêté à la barrière un voleur chargé de deux ou trois objets provenant de cette maison ; on en rend M. Dutraigneaux dépositaire. Ces vols se multipliant, il appelle près de lui trois hommes du poste, les place à la sortie de Paris et de concert avec eux et quelques employés, il recouvre cette quantité d’objets qu’après il a envoyés à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Pendant ces arrestations, l’un des pillards couche en joue un factionnaire. M. Dutraigneaux s’élance sur lui, lève le bassinet du fusil et, par-là, prévient l’explosion. Cet homme est ensuite désarmé. On menace du même pillage l’infirmerie de Marie-Thérèse ; il détourne par ses conseils la malveillance de ce projet. Le soir, il obtient de M. le maire de Montrouge un poste de soixante hommes et empêche avec ses employés les faits des menaces d’incendie que l’on avait souvent entendues dans la journée. A 9 heures, arrivée d’un détachement de quarante à cinquante hommes armés, qui vient pour prendre possession du bâtiment occupé par les bureaux de l’octroi ; il leur en refuse l’entrée parce que parmi ces hommes il reconnaît des malveillants. Il entend comploter l’attaque des postes gardés par les habitants de Montrouge ; il fait mettre ces derniers sur leurs gardes et fait abandonner ce projet. Au bout de quelque temps, cette troupe rentre dans Paris, tambour battant et torche allumée ; elle ne quitte pas toutefois sans s’être fait distribuer gratis des vivres dans quelques maisons voisines. Vendredi 30 juillet. Il rouvre la perception sur toute la division et pour faciliter l’approvisionnement de Paris, il suspend toute mesure de police. Le soir, il se joint aux volontaires arrivés à la barrière d’Enfer pour s’opposer à l’entrée du régiment suisse que l’on attendait d’Orléans. Il commande une patrouille de vingt-cinq hommes, qui étend sa surveillance jusqu’à Montrouge ; il concourt à la fonte des balles. Samedi 31 juillet. Des provisions de toute nature étaient amenées à quelque distance de Paris ; mais des mal intentionnés répandant le bruit qu’elles seraient pillées si elles y étaient introduites, il assura partout le contraire et fit établir un marché à la porte de Paris, dont il confia la police à un employé intelligent. Depuis cette époque, le service de sa division a repris son assiette ; il est resté convaincu que si elle n’a pas été la proie du vol et de l’incendie, on le doit à ses soins, à la soumission de ses subordonnés à ses ordres et à la protection qu’il a su s’assurer de la part des communes et des ouvriers avec lesquels il était en relations journalières. Il reste également persuadé que si dans ces circonstances il a conservé les intérêts de la Ville de Paris, il a aussi rendu un grand service à la cause nationale en maintenant la perception lorsqu’il était si difficile de trouver le moindre appui dans la force armée ; il n’oublie pas un seul instant que si les lois étaient violées aux entrées de Paris, elles seraient bientôt renversées dans les départements. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 11 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 11 janvier 1831, à deux voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et trois voix pour une mention puis par révision en date du 12 février 1831, il se prononça à cinq voix pour la croix, deux voix pour la médaille et trois voix pour une mention (sa mention est rayée au crayon à papier avec la notion ajournement, mais cela ne semble par être le cas par la suite…). Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur l’initiative de Bixio (voir Bixio, Giacomo, Alexandro) l’ajournement de toute décision à son égard « pour faits faux ». Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. La séance du 23 février 1831 du jury fut consacré au différent amorcé par plusieurs personnes qui s’opposaient à ce que fussent décorés Dutraigneau, Tisserand et Mercier. En effet, une pétition, ainsi rédigée, avait été adressée au président du jury : « Parler contre des voisins est une action hardie mais quand il s’agit d’honneurs et de récompenses que l’on doit distribuer au nom de la nation, il importe à de vrais citoyens de venir déclarer la vérité à celui qui a mérité la confiance des distributions de ces récompenses. Un mot vous suffira, monsieur le président, pour vous démontrer que ceux qui ont l’audace de les réclamer en sont indignes et, pour vous en parler avec franchise, les soussignés ne peuvent croire que les sieurs Tisserand, Dutraigeau et Mercier aient eu la hardiesse de se présenter devant la Commission. Daignez, nous vous en supplions Monsieur le président, écouter les faits et ensuite vous jugerez ces messieurs et les soussignés. Le 28 juillet, le sieur Tisserand s’empara du poste de la barrière d’Enfer. Les gendarmes ayant rendu les armes au sieur Baptiste, marchand de vin rue de la Harpe et un autre individu dont on ignore le nom arrivant audit poste avec un grenadier de la garde royale qu’ils disaient vouloir sauver de la fureur de la populace. Le sieur Tisserand garde le poste jusqu’à 11 heures du matin le 29 juillet. Dans cet intervalle, il arrive un détachement de grenadiers à cheval de la garde, qui demanda à passer au sieur Allère, présentement tambour de la compagnie de la garde nationale du petit Montrouge, alors en faction, qui leur dit qu’ils ne passeraient pas avant d’avoir crié Vive la charte ! sur cette demande, un des grenadiers tire sur Allère un coup de pistolet. Le sieur Tisserand se sauve à toute hâte dans l’allée de sa maison, en face du corps de garde. Le sieur Allère va l’appeler et il ne peut le ramener au poste, qu’en le menaçant de tirer son fusil sur lui parce qu’il exposait le poste au plus grand danger. Nous vous le demandons, Monsieur le président, une telle conduite mérite-t-elle une récompense nationale ? Les sieurs Dutraigneau et Mercier se flattent d’avoir sauvé la vie à un prêtre. Cela fait pitié. Voici la vérité. Un prêtre a été en effet arrêté par la populace, qui demanda à grands cris qu’il fût fouillé. Le sieur Lecoq, propriétaire à ladite barrière, voulant faire cesser ces cris, fouille le prêtre et lui retire un poignard. A l’aspect de cette arme, la populace conduit le prêtre au corps de garde et le sieur Tisserand le fait accompagner par un homme dans Paris. Est-ce là un fait qui mérite la croix ? Peut-on se flatter d’avoir sauvé la vie à son semblable ? Quel Français n’aurait pas agi comme le sieur Tisserand ? Comment se fait-il que le sieur Dutraigneau, inspecteur des octrois de Paris, ose réclamer une récompense nationale. Il se vante d’avoir sauvé la vie du prêtre ci-dessus parlé et d’avoir sauvé la barrière de l’incendie. Ces faits sont faux et le sieur Dutraigneau n’a fait d’autre exploit que de déménager ses meubles qu’il avait à la barrière. Est-ce une pareille conduite qui peut lui valoir sa croix ? Le sieur Mercier, son commis, n’a pas fait d’autres exploits que lui. Avouez avec nous, monsieur le président, qu’il faut avoir de la hardiesse pour oser réclamer des récompenses nationales. Les soussignés, sans autre intérêt que d’éclairer la Commission, protestent de tout leur pouvoir contre tout ce qu’avance les sieurs Tisserand, Dutraigneau et Mercier. Ils ont l’honneur d’assurer messieurs les membres de la Commission qu’ils peuvent prouver que les susnommés n’ont rien fait pour mériter les récompenses qu’ils ne rougissent pas de réclamer. Ils osent donc venir supplier la Commission de faire une enquête et elle s’assurera que les trois dénommés veulent tromper sa bonne foi. Ils ont l’honneur de se dire avec respect etc. » Signé : Lecoq ; Chastelain ; Fouré ; Marais ; Normand ; Henrÿ ; Malauze, commandant le poste de la barrière d’Enfer le 29 juillet ; Frerot ; Hellwies ; Ozenne ; Armant ; Cavelle illisible. D’autre part, et dans le sens contraire, Panaé illisible avait adressé, le 23 février 1831, cette lettre au président du jury : « Une affaire indispensable m’empêche de me rendre à l’invitation que vous avez bien voulu me faire donner ; mais, dans l’intérêt de la vérité, je crois devoir vous faire connaître ce qui s’est passé en ma présence. Le mercredi à 4 heures du soir, M. Tisserand se présenta avec deux autres personnes à la caserne de la gendarmerie pour désarmer ceux des gendarmes qui s’y trouvaient encore. Il prit le commandement du poste, qu’il conserva jusqu’au lendemain. Le même jour, mercredi, à 5 heures après-midi, une colonne de garde royale arriva devant la barrière d’Enfer ; les grilles furent aussitôt fermées par M. Mercier, que je secondais dans cette opération, sur l’invitation de M. Dutraigneau. Le jeudi matin, je vis M. Mercier travailler aux barricades ; j’étais aussi avec lui lorsqu’il attira l’attention publique sur une estafette, qui fut à l’instant arrêtée ; le portefeuille dont ce particulier était porteur fut ouvert, une personne voulut donner lecture de son contenu mais elle lisait difficilement l’écriture de M. Foresta, préfet du Loiret, lorsque je m’offris pour terminer cette lecture, ce qui eut lieu. Je dois dire aussi que j’ai vu M. Dutraigneau délivrer des armes à différents particuliers et que plusieurs distributions de liquides ont été faites aussi par lui aux volontaires qui se présentaient à la barrière. Je quittai la barrière d’Enfer le jeudi à 2 heures après-midi. Jusqu’à ce moment, je n’ai vu paraître armé aucun des signataires d’une protestation que l’un d’eux, le sieur Normand, m’a dit avoir été faite. Je puis affirmer, sur l’honneur que les auteurs de cette protestation, ceux du moins qui m’ont été désignés, n’ont pris à la barrière d’Enfer jusqu’au moment de mon départ la moindre part aux affaires. Voilà, M. le président, la vérité. Je regrette de ne pouvoir aller vous donner ces détails de vive voix mais, ainsi que j’ai eu l’honneur de vous le dire, une affaire indispensable m’appelle hors de Paris ce soir-même. Je suis, etc. » Le procès-verbal de la séance du 23 février 1831, qui devait régler le différend, fut ainsi rédigé : « Des plaintes étant parvenues au jury sur les droits de MM. Dutraigneau, Tisserand et Mercier aux récompenses honorifiques, deux membres du jury, MM. Grün (voir Grün, Sébastien, Jacques) et Leuillier (voir Leullier Armand) furent chargés de prendre des informations : leur rapport fut que les droits contestés étaient de notoriété publique. De nouvelles plaintes ayant été faites verbalement à M. le président, il déclara ne pouvoir en recevoir que par écrit ; le jury, dans sa séance d’hier, a décidé que les plaignants seraient entendus aujourd’hui, contradictoirement avec MM. Dutraigneau, Mercier et Tisserand et qu’ensuite il serait décidé si le jury devrait maintenir ou modifier ses décisions précédentes. Furent entendus : 1°) Lecoq, Joseph, Henri, âgé de trente-deux ans, pâtissier-traiteur, demeurant au petit Montrouge n° 6, a dit que le 28 un nommé Baptiste amenait un grenadier hors de Paris vers 10 à 11 heures, que ce Baptiste s’est emparé du poste ; que le 29 le peuple a arrêté un prêtre, que c’est Lecoq qui l’a fouillé et que les carriers l’ont conduit au poste que commandait M. Tisserand. Sur la demande de M. le président s’il sait ce qu’est devenu le prêtre, après avoir été conduit au poste, il dit qu’on lui a dit que M. Tisserand l’avait fait conduire dans Paris par un homme de garde. Il dit avoir combattu à Babylone et que c’est à son retour que l’arrestation avait eu lieu, vers 2 heures. Interpellé de dire qui le 28 avait fait fermer la barrière à deux mille hommes de la garde royale ? Ne sait pas qui l’a fait fermer et soutient qu’il n’y a eu aucun débat. Sur l’imputation que M. Tisserand se serait sauvé et que le sieur Allaire le serait allé chercher chez lui, en le menaçant d’un coup de fusil s’il ne revenait pas, dit l’avoir entendu dire. 2°) Heban père, appelé par M. Tisserand. N’a aucune connaissance des faits énoncés dans la protestation. A vu M. Tisserand commandant le poste le 28 juillet, habillé en garde national ; ajoute qu’un drapeau tricolore a été fait chez M. Tisserand, l’a arboré. 3°) Heban fils. A vu M. Tisserand commandant le poste le 28, où il est arrivé le premier et n’a été relevé que le 29 soir par les gens de la banlieue. Lorsque la troupe s’est présentée à la barrière, il était à la maison n° 103 au rez-de-chaussée. 4°) Lemaire (aussi témoin à décharge appelé par Tisserand, N.D.A.). Le 28, ayant entendu M. Tisserand qui criait Aux armes ! s’arma de son fusil et fit partie du poste commandé par M. Tisserand. Ils furent relevés à 9 ou 10 heures du soir le lendemain. Le fait de Baptiste et du grenadier s’est passé vers 5 heures du soir. 5°) Leuillier. N’était pas à la barrière le 28 et le 29, étant de poste à la place Saint-Michel ; c’est lui qui est surnommé Baptiste. Il a accompagné un grenadier, qui désirait sortir de Paris, jusqu’à la barrière d’Enfer ; il était vers 4 heures. N’a rien vu à la barrière que le désarmement du poste de gendarmes, auquel il a coopéré. 6°) Le ci-devant brigadier des gendarmes de poste à la barrière le 28. Lorsque Baptiste est arrivé, qui lui a dit : “Je viens vous conduire un courrier et non pour vous désarmer” à quoi les gendarmes lui répondirent qu’ils se mettaient sous sa protection. M. Leuiller a mis le banc en travers la porte, a annoncé au peuple que les armes allaient être rendues, que M. Tisserand était arrivé au même moment pour sommer le poste, qui lui fut fait réponse que le poste était rendu. 7°) Chatelain. Etait en face de chez M. Lecoq lorsqu’on a arrêté le prêtre, l’a vu fouiller par Lecoq et conduire au poste ; ne sait rien de plus. Le 29, il était de garde à la barrière, dit avoir entendu tirer un coup de pistolet sur Allaire par la garde royale, sans l’avoir vu ; n’a pas vu Allaire poursuivre Tisserand ; dit qu’on lui a lu la protestation avant de la signer ; qu’il n’a signé qu’une chose c’est qu’il ne croit pas que M. Tisserand ait mérité la croix ; qu’il ne connaît ni M. Dutraigneau ni M. Mercier mais qu’ils n’ont mérité la croix ni l’un ni l’autre. Il a seulement monté la garde le 29 à 5 heures du soir. 8°) Maret n’était pas à la barrière le 28 ; le 29 soir, a fait partie du poste qui fut relever celui commandé par M. Tisserand ; il était 9 heures du soir, et fit sa faction de suite : ne peut expliquer la contradiction qui existe entre sa déposition et la protestation. N’a rien vu du prétendu coup de fusil ou de pistolet tiré sur Allaire ni de la fuite de M. Tisserand. A vu conduire le prêtre au poste ; on voulait le fusiller et on l’a conduit deux fois derrière le corps de garde pour le fusiller et c’est lui avec d’autres qui l’ont empêché. C’est vers midi que ce prêtre fut arrêté. Ce n’est pas lui qui s’est opposé à ce qu’on tuât ce prêtre ; dans ce moment, il était sur la porte de sa maison et le prêtre était entouré de beaucoup de monde. Sa maison est située à cinquante toises du lieu où ça se passait. Il ne connaît ni M. Dutraigneau ni M. Mercier. 9°) Normand. Le 28, était près de la barrière, sans être de service ; le 29, a fait partie du poste qui a relevé celui commandé par M. Tisserand, à 5 heures. Le prêtre fut arrêté en face la porte de M. Gravelle ; il a ordonné qu’on le fouillât. C’est Lecoq qui l’a fouillé et lui a trouvé un poignard. Il ne connaît rien de plus sur ce fait et rien du tout du coup de pistolet tiré sur Allaire ni de la fuite de M. Tisserand. Le 28, il a vu Baptiste le premier au poste de gendarmes et M. Tisserand le second. Il était sur la porte de sa maison lorsque les lanciers sont arrivés à la grille. Sa maison est à deux cents pas de la barrière, au numéro 6. Il déclare que si on ne lui eût demandé sa signature que contre MM. Dutraigneau et Mercier il ne l’eût pas donnée. 10°) Armand. N’a rien vu du prétendu coup de pistolet contre Allaire ni de la prétendue fuite de M. Tisserand. Ne connaît rien de l’arrestation du prêtre. Prétend avoir monté la garde au poste le 29 à 11 heures du matin et cependant dit avoir été armé par M. Dutraigneau à 5 heures du soir d’un fusil, qu’il ne lui a pas encore rendu. Il était sur le pas de sa porte au moment où les lanciers arrivèrent à la grille. 11°) Allaire. Etait le 28 en faction à la barrière lorsque les grenadiers de la garde sont arrivés. Il a crié Qui vive ! Il leur a dit qu’il fallait crier Vive la charte ! Ils ont tiré un coup de pistolet sur lui. M. Tisserand s’est sauvé et le poste s’est dispersé : il était vers minuit. Lui déposant s’est embusqué au coin du mur à droite en sortant de Paris. Déclare ne pas avoir couru après M. Tisserand pour le ramener au poste ni de l’avoir menacé de coups de fusil à cette fin. Il dit que M. Tisserand était à portée de lui lorsque l’on a tiré le coup de pistolet. Il faisait très noir à ce moment. M. Tisserand n’a quitté qu’après que la troupe eut fait demi-tour. 12°) Henry. Le 28, n’était pas de service. Le 29, fut armé par M. Dutraigneau et cependant dit avoir monté la garde à 11 heures, après la prise de Babylone, c’est-à-dire après le retour de Lecoq. N’a rien vu du prétendu coup de pistolet contre Allaire ni de la fuite de M. Tisserand. Il était chez lui quand on a arrêté le prêtre. Dit que dans la nuit du 28 au 29 il a donné un verre d’eau à M. Tisserand et qu’il lui avait vendu de la poudre, le 28. 13°) Malhause. Le 29 à 11 heures ou midi, prétend avoir relevé le poste, sans pouvoir préciser l’heure. N’était pas sur les lieux pendant la nuit et ne connaît aucun fait. Il était sur le pas de sa porte au moment où on a arrêté le prêtre. Ce prêtre fut conduit au poste que commandait M. Tisserand, qui s’en est emparé et l’a fait conduire dans Paris. Il ne connaît ni M. Dutraigneau ni M. Mercier, qu’il était chef de poste le 29 et ne les a pas vus. C’est après l’arrestation du prêtre qu’il a pris possession du poste. 14°) Hausenne (lire Ozenne). Ne connaît rien du coup de pistolet contre Allaire et de la fuite de M. Tisserand ; il déclare que c’est une légèreté de sa part d’avoir signé ce fait, il n’a rien vu ni entendu. N’a pas lu la protestation avant de la signer. 15°) Frerot. N’était pas à la barrière le 28, n’a pas vu la prétendue fuite de M. Tisserand. Le prêtre fut arrêté vis-à-vis de chez lui ; M. Lecoq fut lui présenter la protestation à signer, en lui disant Voici une protestation que nous faisons contre Tisserand. Signez que vous étiez de garde le 29. Ce qu’il a fait, de confiance et sans lire la pièce. Déclare ne connaître aucun des faits qu’elle contient et de ne pas connaître MM. Dutraigneau et Mercier. 16°) Hellevix. N’était pas à la barrière le 28 ; a monté la garde le 29 vers 5 heures du soir. Ne connaît pas les faits contenus en la déclaration. Dit qu’il a vu M. Tisserand se sauver dans le jour. Il a signé sans lire une protestation que Lecoq lui a présenté. 17°) Lapalu (aussi témoin à décharge appelé par Tisserand, N.D.A.). N’a pris aucune part aux événements. A vu M. Tisserand au poste pendant trois jours. Lecoq lui a présenté à signer une protestation ; il s’y est refusé. » Le procès-verbal ajoutait les précisions suivantes : « MM. Dutraigneau et Mercier, forts de leurs consciences et certains que la vérité tout entière sortirait des débats qui allaient s’ouvrir devant le jury, n’ont fait paraître aucun témoin à décharge. Ils ont pensé que la Commission n’accueillerait point un acte qui ne peut être qualifié autrement que de diffamatoire, attendu que la plupart des signataires de la protestation ne les connaissent point et qu’une partie de ceux ce qui ils sont connus ont déclaré n’avoir rien à dire sur leur compte. » A la suite de ces auditions, le jury revota et maintint ses votes par sept voix contre une. Il fut décoré de la croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Dutraigneaux, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Mais sa nomination à la croix de Juillet fut l’objet de réclamations. Une lettre fut adressée à la rédaction du Constitutionnel par plusieurs lecteurs et abonnés à ce journal, tous gardes nationaux et habitants de la ville de Montrouge, et qui se plaignaient : « […] Viennent vous prier d’insérer dans votre estimable journal que des réclamations pour des décorations ont été faites par trois de leurs cohabitants, les sieurs Dutregneau (sic), inspecteur de l’octroi de Paris, barrière d’Enfer, Mercier (voir Mercier, Célestin, Joseph, Valentin), employé et son secrétaire, et enfin Tisserand (voir Tisserand, Charles, Julien), marchand de vin au Petit-Montrouge. Ces trois individus ont peut-être rendu des services, les deux premiers le devaient comme salariés par le gouvernement et le sieur Tisserand n’a agi que conjointement avec ses camarades et n’a pas fait plus qu’eux pour maintenir le bon ordre et la tranquillité dans le Petit-Montrouge à la barrière d’Enfer, dont les signataires sont tous habitants. Cette réclamation n’est faite que pour empêcher que la Commission des récompenses nationales soit induite en erreur et n’accorde à un seul ce que tous ont mérité. » Signé : Herman ; Marais illisible ; Chastelain ; Guy illisible ; Malauze illisible ; Viomard illisible ; Ozonne. Retrouver l’article du Constitutionnel ? On trouve dans le dossier la note suivante : « Je vous prie mon cher Saint-Firmin (un des membres de la Commission des récompenses nationales, N.D.A.) de prendre note illisible de cela pour que ces individus ne soient pas nommés ; toute la commune de Montrouge est contre eux. » Dans le dossier, une note rédigée par Prost illisible et adressée, le 19 mars 1831, à Delaitre, président du jury du (ancien) XIIe arrondissement, est ainsi rédigée : « Pour répondre à l’invitation que vous avez eu la bonté de me faire relativement à MM. Dutraigneau et Mercier, de la barrière d’Enfer, j’ai l’honneur de vous dire qu’après avoir à plusieurs reprises, en détails et en masse, consulté l’opinion de toute la commune, il en est résulté pour ma conviction que ces messieurs sont loin et bien loin de mériter la décoration. Je dis même que ce serait un malheur en ce sens que cela ferait tourner en ridicule auprès de ceux qui l’a prononcé. M. Dutraigneau et Mercier ont mérité que l’administration de l’octroi eût pour eux quelques égards, voilà tout. Quant à la grande question de savoir s’ils eussent perdu leur état en cas ce chances contraires aux libertés, je dis qu’ils n’avaient rien à craindre car leur conduite a été telle qu’ils ont conservé la barrière [par des fraudes ou des frondes illisible, N.D.A.] voilà tout ce qu’ils ont fait pour la liberté. A première vue, j’aurai l’occasion de m’expliquer plus au long. Mon témoignage, vous pouvez le faire connaître hautement. J’ajouterai, ce que j’oubliais, c’est que M. Dutraigneau, sachant qu’il n’a pas mérité la décoration ne l’a pas demandée et ne persisterait pas à la demander. » Il signa un certificat en faveur de Dumas, Jean-Louis, Antoine pour attester que ce dernier avait rendu les plus grands services à la douane en aidant à maintenir les droits du Trésor et de la Ville. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Dutraignaux, François, Mathias), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait à la barrière d’Enfer en 1820-1835. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Du Traigneau, François) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (sous le nom de Dutraignaux, François) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Dutraignaux, François) ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831, séance du 15 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 11 janvier 1831, le 12 février 1831 et le 23 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants et aussi en date du 12 février 1831 ; Archives de Paris VK3 43, idem in dossier Dumas, Jean-Louis, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Almanach des 25 000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1820, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 6e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs, p. 249 ; Almanach des 25 000 adresses des principaux habitants de Paris pour l’année 1835, contenant les noms et demeures de tout ce que Paris renferme de personnes distinguées par leur rang ou par leurs fonctions… 21e édition, Dulac, Paris, chez Panckoucke éditeurs, p. 204.