Eloy, François, Jacques

Biographie


Né le 5e jour complémentaire an XI (22 septembre 1802 ou 1803 ou même 1804 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; mais 22 septembre 1802 in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) à Paris. Potier en terre. Il combattit, le 28 juillet, au pont d’Austerlitz puis au pont d’Arcole, où, vers 20 h 30, son fusil, en éclatant, le blessa gravement à la main gauche. Il eut le pouce amputé. Dans la relation que Rocmort fit de sa propre participation aux combats, il donnait les renseignements suivants sur la participation d’ Eloy : « [… Le mercredi 28] C’est où je rencontrais le faubourg Saint-Marceau qui descendait. Alors je marchais avec eux, et celui qui nous commandait avait un casque sur la tête et habillé en garde national à cheval. Nous nous en allâmes à la poudrière, que nous prîmes. C’est là où, avec un nommé Eloy, un blessé du (ancien) douzième arrondissement, que nous prîmes une voiture de campagne. Alors on y mit dedans des barils de poudre, dont le même Eloy les conduisit à la Grève […]. » II reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il produisit un certificat d’indigence. Il reçut un secours de seize francs, le 4 février 1831, un secours de seize francs, le 11 février 1831, un secours de seize francs, le 18 février 1831, un secours de seize francs, le 25 février 1831, un secours de seize francs, le 4 mars 1831, un secours de quarante-six francs, le 11 mars 1831, un secours de quarante-six francs, le 6 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 30 avril 1831, un secours de dix francs, le 14 mai 1831, un secours de quarante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 2 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : illisible, Henri, Joseph, né vers 1801, journalier, demeurant 24, rue du Chemin-de-Pantin ; Bildé, Antoine (voir ce nom), né vers 1787, potier en terre demeurant 28, rue de la Cossonnerie ; Goujon, Pierre, Joseph, Eugène (voir ce nom), né vers 1809, ciseleur, demeurant 5, rue Saint-Jean-de-Latran ; Cottin, Claude (voir Cottin, Claude, Santo), né vers 1782, camionneur, demeurant 51, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Ils attestèrent bien connaître Eloy, François, Jacques et « bien savoir qu’il a combattu le 28 juillet au pont d’Austerlitz et au pont d’Arcole et que le soir sur les 8 heures et demie il y a été blessé par son fusil, qui, en crevant, lui a emporté le pouce de la main gauche ». Le 4 avril 1831, devant le maire du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Royer, Etienne, propriétaire, demeurant 6, rue Neuve-Saint-Médard ; Charpentier, Georges, propriétaire, demeurant 4, rue Neuve-Saint-Médard ; Mathieu, Jean, Etienne, marchand de vin, demeurant 29, rue Mouffetard. Ils attestèrent que Eloy, François, Jacques « en combattant au mois de juillet pour la défense de la liberté et ayant perdu le pouce de la main gauche, est dans l’impossibilité de continuer à exercer sa profession qui seule lui procurait les moyens de subvenir à ses nombreux besoins, que sa femme, étant d’une faible santé, retombe à sa charge, qu’enfin sa position réclame des secours qui peuvent être jugés comme indispensables à son existence ». Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 décembre 1830, à trois voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut admis dans la 5e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales (sous le nom d’Eloi, François, Jacques), en date du 10 mars 1831, et fut pensionné de cinq cents francs. Il lui fut accordé, en tant que blessé de la 5e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il signa un certificat de notoriété en faveur de Vignon, pour avoir combattu à ses côtés. Il signa aussi un certificat de notoriété en faveur de Goujon, Pierre, Joseph, Eugène, attestant connaître ce dernier et savoir qu’il avait combattu le 28 juillet sur la place de Grève et y avait été blessé d’un coup de feu reçu au mollet de la jambe droite. Son uniforme de garde national lui fut fourni gratuitement. En 1832, il sollicita son entrée aux Invalides. En 1837, une note du préfet de police le présentait comme autrefois carreleur maintenant chiffonnier, et précisait : « Sa femme est constamment malade, ce qui augmente la gêne dans laquelle il se trouve. Sa conduite et sa moralité sont bonnes. » Il reçut quarante francs de secours en 1838 et en 1839. En 1840, sans travail, père de famille, et sa femme en couches, il sollicita de nouveau des secours. En 1850, il reçut un secours de cinquante francs de la part de la présidence de la république. En 1852, père de cinq enfants, il fit une nouvelle demande, se disant fils d’un ancien militaire de l’Empire et attaché à un « prince honoré et estimé des ouvriers qui, comme l’exposant, sont dévoués à l’ordre, aux lois qui nous régissent et à la personne du prince qui par sa haute position devient le sauveur de la France, parce qu’il en comprend tous les intérêts ». En 1854, nouvelle demande, dans laquelle il expliquait : « [Me] trouvant dans la plus grande misère par le manque de travaux et le nombre d’enfants qui m’accablent […]. Je ne me suis jamais mêlé d’aucune chose contre le gouvernement, qu’au contraire, j’ai toujours été dans les rangs de l’ordre contre le désordre […]. » Il mourut en 1863. En 1864, sa veuve, Lauvergne, Hermandine, née à Maintenon (Eure-et-Loir) vers 1810, confectionneuse de chaussons, gagnant un franc par jour, ses économies épuisées par la maladie de son mari, mère de quatre enfants dont trois à sa charge, sollicita que la pension que son mari touchait lui soit versée ; mais celle-ci n’étant pas réversible, elle n’obtint que des secours, cinquante francs chaque année entre 1864 et 1870. Les renseignements indiquèrent à son sujet : « La position de la pétitionnaire est véritablement précaire et les renseignements recueillis sur sa conduite et sa moralité la rendent digne de la bienveillance de l’administration. » Il demeurait 8, rue Neuve-Saint-Médard en 1830 sur les listes du Constitutionnel et in Archives de Paris VK3 35 ; 7, rue Neuve-Saint-Médard en 1831 (par exemple in Archives de Paris VK3 22, in Archives de Paris VK3 33 et in Archives de Paris VK3 34) ; 4, rue Tripré dans le quartier du Jardin-du-Roi en 1832 ; 9, rue des Charbonniers en 1837 ; 36 bis, bd Montparnasse en 1840 ; 39, rue Neuve à Versailles (Seine-et-Oise) en 1850 ; 45, rue de Lourcine en 1852 ; 45, rue Croulebarbe en 1854 ; sa veuve 23, avenue de Saint-Ouen (Batignolles) en 1864 ; 16, rue des Epinettes (Batignolles) en 1865 ; 9, rue du Moulinet en garni puis 53, route d’Italie en 1866 ; 198, bd de la Gare-d’Ivry en 1867 ; 44, rue du Moulinet en garni en 1868 ; 25, passage Dubois, barrière de Fontainebleau en 1869 ; 4, rue Barrault en 1869 ; 124, rue de la Tombe-Issoire en 1870. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 53 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ve classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom d’Eloy, Jacques, François ; cité quatre fois dont la deuxième sous le numéro 252, la troisième sous le nom d’Eloi et le numéro 382, la quatrième sous le nom d’Eloy, Jacques, François et le numéro 888) ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VK3 12, un feuillet intitulé Noms des blessés présents à la ville ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK33 (ancien) XIIe arrondissement, liste supplémentaires de décorations, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom d’Eloy, Jacques, François) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des décorés des 27, 28 et 29 juillet, qui ont été habillés en exécution de l’arrêté de M. le préfet de la Seine, idem une liste Blessés de Juillet hommes habillés ; Archives de Paris VK3 51 in dossier Rocmort, Jean, Victor ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 13 novembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom d’Eloi, Jacques, François) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives de Paris F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives de Paris F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/54 ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Goujon, Pierre, Joseph, Eugène ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vignon ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 5e classe ; Archives de Paris F/9/1155.

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