Ermenault, Louis, Auguste
Biographie
Né le 11 juillet 1771 à Corbigny (Nièvre). Ancien capitaine d’artillerie (capitaine des volontaires du 1er bataillon de l’Yonne in Le Constitutionnel, 12 août 1830), devenu rentier. Il participa à l’attaque du Louvre et, entré un des premiers dans la cour, vint au secours de Chignard, qui luttait seul contre six Suisses qui voulaient le saisir et le faire fusiller. Il reçut, après la révolution, un total de soixante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom d’Ermault sur les listes du Bulletin des lois, et sous celui d’Ermenauld sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39, faire le changement). Il signa, le 3 août 1830, le certificat suivant en faveur de Chignard, Louis, David : « Nous, soussignés, attestons que dans la journée du 29 juillet M. Louis, David Chignard, ancien officier, né à Demarary dans l’Amérique du Sud, sorti la veille de la prison de Sainte-Pélagie, dans laquelle il était détenu pour dette, demeurant actuellement passage du Commerce-Saint-Germain n° 6, s’est présenté au café du passage Dauphine, au moment où nous nous proposions de marcher sur le Louvre. Qu’étant possesseurs d’un bon pour la délivrance d’un fusil, nous n’avons point hésité, malgré notre ardent désir d’être armés nous-mêmes pour contribuer activement au triomphe de la liberté, de lui céder cet honneur, comme étant par son expérience militaire plus capable que nous d’en faire un usage vraiment utile. Que, parti avec nous, il a marché avec nous et toujours à notre tête sur le palais du Louvre. Que malgré le feu meurtrier des Suisses, un des premiers il s’est précipité sur les grilles du Louvre, en nous adjurant de le suivre et de faire feu sur lui s’il venait à faire un pas en arrière. Qu’après avoir escaladé sous nos yeux les grilles du palais, il a reçu à la tête une blessure qui, malgré sa gravité ne l’a point empêché de marcher en avant et de se battre avec intrépidité jusqu’au moment où nous fûmes maîtres du Louvre. Que le même 29 juillet dans la soirée M. Chignard, que nous croyions mort ou couché sur le champ d’honneur du Louvre, fut amené au poste du même passage Dauphine, couvert de sang et de poussière et frappé au côté gauche d’une seconde blessure, qui l’avait mis hors de combat. En outre et pour acquitter tout à la fois la dette de l’estime et de la justice, nous attestons que M. Chignard est une des vrais braves à l’intrépidité desquels nous devons la prise et le triomphe du Louvre. » De la même manière, il comparut, le 8 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, pour attester très bien connaître Chignard et certifier « avoir parfaite connaissance que malgré toutes les démarches et demandes faites par ledit sieur Chignard il n’a jusqu’à ce jour pu recevoir son acte de naissance ni recevoir de réponses à ses diverses lettres, vu l’éloignement des lieux et l’anarchie qui y existe ». Sa médaille lui fut délivrée le 4 août 1831 et son brevet le 31 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En juillet 1834, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de quinze francs à titre de décoré non pensionné. Il reçut, comme ancien condamné politique, un secours de trente francs en décembre 1833, et il s’agissait sans doute d’un secours mensuel, de la part de la commission de distribution des secours de la préfecture de police. En juillet 1835, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de sept francs et cinquante centimes à titre de décoré non pensionné. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. Le 1er juillet 1845, il toucha un secours exceptionnel de cent francs de la part de la commission de distribution des secours de la préfecture de police. Le 3 avril 1846, sa veuve demanda la réversibilité des cinq cent quarante francs de secours annuels que recevait habituellement son mari ; en 1845, elle toucha un secours de deux cents francs, une fois payé, au moins un secours de soixante-quinze francs en 1851 et chaque trimestre en 1852, ainsi qu’au 1er trimestre de 1853. Il demeurait 23, rue Mazarine en 1830-1831 ; 4, grande rue de Taranne en 1834 ; 66, rue du Four en 1835 ; 1, rue de l’Abbaye en 1836-1837 ; sa veuve, 43, rue Sainte-Marguerite-Saint-Germain en 1851 ; 13, rue des cannettes en 1852-1853. Le Constitutionnel, 7, 12 août 1830 (sous le nom de Emenauld Amie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1834, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1835, état de répartition entre MM. les décorés de Juillet du (ancien) Xe arrondissement non pensionnés, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, année 1837 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chignard, Louis, David ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de décembre 1833, et janvier 1834 (sous le nom d’Ermenault, Auguste) ; Archives de la préfecture de police AA 366, séance 1er juillet 1845, séance du 3 avril 1846 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations une fois payées accordées sur le chapitre 24 du budget de 1845 à des victimes de condamnations politiques sous la Restauration, qui résident à Paris ; Archives de la préfecture de police AA 368, Etat de répartition des secours, budget de 1851, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852 (secours à divers titres), minute 209, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852 (secours à divers titres), et afférents aux 3e et 4e trimestres de 1852, minute 263, idem Etat de répartition de secours entre quatre-vingt-sept personnes qui recevaient des allocations sur les crédits spéciaux que les anciens budgets consacraient aux condamnés politiques, 3e et 4e trimestres réunis, minute 265, idem Etat de répartition de secours entre vingt-cinq personnes qui recevaient des allocations sur les crédits spéciaux que les anciens budgets consacraient aux condamnés politiques, 1er trimestre 1853, minute 275.