Ernaux, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 23 mars 1793 à Sainte-Cécile (Belgique). Ex-marchand de vins. Il reçut, après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il sollicita une place d’inspecteur des halles et marchés et fut nommé sergent de ville au traitement annuel de mille deux cents francs. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 24 mai 1831, la conclusion suivante : « A présenté une cicatrice à la partie interne et inférieure de la jambe du côté gauche, cicatrice qu’il attribue à un coup de feu mais qui paraît être le résultat d’un ulcère variqueux et qui, dans tous les cas, ne saurait lui donner droit à une récompense nationale. En conséquence nous estimons que le susnommé n’a aucun droit à une récompense nationale. » La demande de pension qu’il avait présentée fut, en conséquence, rejetée. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, sergent de ville, père de famille, il sollicita d’être compris dans la liste des décorés qui devaient recevoir une gratification à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution de Juillet. En 1836, il renouvela sa demande. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Ernaux est employé dans mon administration, en qualité de sergent de ville, aux appointements de mille deux cents francs. Sa femme est ouvreuse de loge au théâtre de l’Opéra-Comique ; néanmoins, leur position est des plus nécessiteuses par suite des malheurs qu’ils ont éprouvés en 1830. Ils ont un enfant à leur charge ; leur réputation est bonne. » En 1838, les mêmes sources renseignaient : « […] Fait partie de mon administration depuis 1831. D’abord comme sergent de ville ; ses infirmités ne lui ayant ensuite pas permis de continuer un service aussi pénible, sans danger grave pour sa santé, je l’ai nommé en juin dernier inspecteur du commissariat du quartier de la Monnaie, au traitement de mille deux cents francs. C’est un bon employé, plein de zèle et de dévouement, ayant une conduite fort régulière. Il a à sa charge un fils, qui annonce dit-on des dispositions pour les arts et pour l’éducation duquel il fait des sacrifices au-dessus de ses moyens. Cette circonstance, jointe aux malheurs qu’il paraît avoir éprouvés en 1830 et aux infirmités qu’avait aggravées son service rend sa position des plus nécessiteuses et ajoute à l’intérêt qu’il semble mériter. » En 1839, il renouvela sa demande d’être compris dans la liste des décorés qui devaient recevoir une gratification à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution de Juillet et reçut un secours de cinquante francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1840. En 1841, il renouvela sa demande d’être compris dans la liste des décorés qui devaient recevoir une gratification à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution de Juillet et reçut un secours de quarante francs. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, les renseignements de police précisaient sur son compte : « […] Attaché à la préfecture de police depuis 1831, en qualité d’inspecteur de police. C’est un employé exact et zélé, sur lequel on ne peut donner que des renseignements favorables. La femme occupe à l’Opéra-Comique l’emploi d’ouvreuse de loges, ce qui n’empêche pas ce ménage d’être très gêné par suite de dettes qu’ils ont beaucoup de peine à acquitter en raison de la modicité de leurs ressources. » Il reçut un secours de quarante francs en 1844. En 1846, sa femme toujours malade, lui-même blessé à la jambe, il reçut un secours de quarante francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1847, un secours de quarante francs en 1848. En 1849, dans une position très malheureuse depuis la révolution, il sollicita des secours, précisant : « […] Mon fils Henri Ernaux dit Déverrieres, artiste dramatique, qui depuis les journées de Février, a été presque continuellement sans emploi par suite de la crise qui a pesé plus particulièrement sur les théâtres, se trouve entièrement à ma charge. N’ayant point même profité de l’indemnité qui a été accordée aux artistes car la demande qu’il a formée à cet égard le 29 novembre dernier n’a eu aucun résultat. Forcé de venir à son aide dans les limites de mes moyens très insuffisants déjà aux besoins de ma famille, je me trouve dans une position très malheureuse et très obérée pour longtemps et qui me force à recourir à votre bonté. » En 1849, l’administration donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Inspecteur de police du quartier de la Monnaie […]. Il est marié et a à sa charge un fils âgé de vingt-cinq ans. Il a touché le 14 du courant un secours dont on ignore le chiffre. C’est un homme d’une conduite exemplaire et dont les opinions politiques sont modérées. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1849. Il demeurait 7, rue du Beaujolais, aussi 40, rue du Petit-Carreau en 1831 ; 10, rue des Vieux-Augustins en 1835-1836 ; 11, rue Neuve-Saint-Jean en 1838 ; 87, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1838-1841 ; 7, rue des Poulies-Saint-Honoré en 1846 ; 3 bis, rue des Beaux-Arts en 1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police et état des personnes désignées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dans l’administration ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72.