Exelmans, Charles, Joachim

Biographie


Né le 25 mai 1812 à Paris. Etudiant Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il présenta le certificat suivant, ainsi rédigé : « Je soussigné D’Acosta, chevalier de la Légion d’honneur, capitaine d’infanterie de la Vieille Armée, certifie que monsieur Charles, Joachim, Excelmans (sic), demeurant à Paris, place Beauvau, n° 94, est venu le 28 juillet dernier dans la matinée prendre place comme simple citoyen parmi les combattants qui étaient réunis sous mes ordres afin de repousser l’attaque des troupes de la tyrannie, qu’il a participé avec un courage étonnant à la prise du poste de la gendarmerie de la place du Châtelet et au désarmement d’un peloton de l’ex-garde royale venant par le quai de la Ferraille et que, durant la journée entière il est constamment resté sous mes ordres, a partagé avec moi tous les périls de la place de Grève et qu’enfin il a tenu pendant l’action la plus belle conduite et bravoure. Il a fait preuve d’un noble dévouement patriotique. Je certifie en outre que je l’ai trouvé à Versailles le jour de l’expédition de Rambouillet et qu’il s’est mis sous mes ordres avec ses camarades, dans la seconde division et que je n’ai qu’à me louer de sa conduite. » Ce certificat était confirmé par une attestation signée d’autres combattants, qui reprenaient les termes de D’Acosta, sous les ordres duquel ils s’étaient eux aussi placés : Rose Alexis (voir ce nom), demeurant 10, rue de l’Egout-Saint-Germain ; Millat Alexandre (voir ce nom), demeurant 7, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; Larivey (voir Larivé, Claude, Alexandre, Vincent), demeurant 4, rue de la Vieille-Draperie ; Rebourseau (voir ce nom), demeurant 15, rue des Marmousets ; Barat (voir ce nom), demeurant, rue de la Licorne ; Durand Achille (voir Durand, Achille, Fructidor), demeurant 14, rue de La Reynie ; Davizé (voir ce nom), demeurant 17, rue de la Juiverie. Le colonel Marchal (voir ce nom) laissa le témoignage suivant sur la conduite de Charles Exelmans, qui accompagnait son père pendant cette tentative de médiation : « [Le 29 juillet sans doute sur le boulevard des Italiens] Je profitai de cette circonstance pour diriger ma colonne vers la place Vendôme, en longeant la rue de la Paix. Le patriotisme et le dévouement du général Exelmans faillirent lui être funestes à lui ainsi qu’à son fils Charles, dont il était accompagné. Ce général, en marchant le long du boulevard, faisait signe avec son mouchoir blanc, qu’il ne fallait pas tirer, voulant annoncer ainsi qu’il y avait trêve et suspension d’armes ; la plupart de mes combattants, qui n’avaient aucune connaissance des usages de la guerre, prirent ce mouchoir blanc, emblème de la paix, pour un drapeau royaliste : on se disposait à tirer sur cet
illustre guerrier et son digne fils, lorsqu’heureusement les citoyens Lendormi, marchand de chevaux, rue du Mont-Blanc, Derniame père, etc., qui se trouvaient là parmi le peuple, ayant reconnu le général, arrêtèrent les funestes effets d’une méprise qui pouvait avoir un résultat si déplorable. A peine ces deux citoyens avaient-ils prononcé ce nom révéré de tous les amis de la patrie, que tous ces bras tendus pour donner la mort, tombèrent, et l’on entoura d’hommages, de respects, et de la plus entière confiance, ce guerrier citoyen qui, comme un ange de paix et de conciliation, venait d’arrêter l’effusion du sang français. Si l’on considère combien était imposante la réunion de troupes qui se trouvaient alors sur le boulevard de la Madeleine et sur tous les points environnants ; si l’on ne perd pas de vue qu’il y avait des corps de cavalerie et d’infanterie protégés par une artillerie formidable, on ne peut révoquer en doute que le combat que nous étions sur le point de livrer n’eût été des plus meurtriers et des plus sanglants ; je dois même l’avouer, malgré l’intrépidité à toute épreuve de mes braves combattants, j’avais de grandes inquiétudes sur les résultats de cette lutte terrible. Je dois donc, avec tous les amis de la liberté témoigner la reconnaissance la plus vive à ce général aussi sage qu’habile, qui vint si à propos et avec tant de succès interposer sa puissante médiation. Les palmes qu’a méritées le citoyen en cette circonstance, ne le cèdent en rien aux glorieux lauriers dont ce guerrier s’est couvert sur tous nos champs de bataille. » Exelmans reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il déposa un dossier devant la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la Croix de Juillet, en remplacement de sa simple médaille. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « M. Exelmans, Charles, Joachim. Son dossier contient deux certificats, l’un assuré par sept signatures recommandables, celles qui ne sont pas connues sont légalisées. Il dit entre autres que “dans la matinée du 28 juillet, sous le commandement du capitaine d’Acosta, il était à la prise du poste de la gendarmerie ci-devant Châtelet, au désarmement d’un peloton de l’ex-garde royale, à la place de Grève la journée entière, qu’il s’est comporté d’une manière digne d’éloges, etc.” L’autre, du capitaine Dacosta, écrit par ce capitaine, chevalier de la Légion [d’honneur], dont la signature est dûment légalisée qui, pour donner plus de poids à son attestation, rappelle qu’il est officier de la Vieille Armée, assure les faits annoncés de l’autre part. Il ajoute que le sieur Exelmans faisait partie de l’expédition de Rambouillet. La médaille. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Gros, Napoléon : « Je certifie que j’ai vu M. Napoléon Gros, le jeudi matin 29 juillet sur le boulevard des Italiens près la rue du Mont-Blanc, se battant, comme il était naturel au fils d’un brave général de le faire. » Alexandre Dumas, qui fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet, en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Exelmans et sa participation à l’expédition de Rambouillet, sous les ordres de son père, qui dirigeait l’arrière-garde de l’expédition ; quand Charras, aide de camp de Pajol qui dirigeait l’expédition, dut aller rejoindre Versailles pour se plaindre auprès du préfet de la ville qu’il n’avait pas fait livrer le pain qui lui avait été demandé pour ravitailler les troupes parisiennes, et qu’il fut arrêté par un poste d’arrière-garde : « – Qui vive ? cria la sentinelle.

– Ami.

– Ce n’est pas assez.

– Comment, ce n’est pas assez ?

– Non... Qui vive ?

– Charras, premier aide de camp du général Pajol, commandant en chef l’armée expéditionnaire de l’Ouest.

– Avancez à l’ordre.

La chose était tenue militairement, comme on voit.

– Qui commande ici ? demanda Charras.

– C’est le général Exelmans.

– Je lui en fais mon compliment... Conduisez-moi à lui.

On satisfit à ce désir, qui n’avait rien d’exorbitant.

Le général était couché dans son manteau, à gauche de la route, sous un prunier.

Son fils était couché près de lui.

Charras exposa l’objet de sa mission.

– Savez-vous, reprit Exelmans, que nous crevons tous de faim, ici ?

– Général, ce n’est pas la faute du général Pajol : il a envoyé, avant onze heures du matin, le colonel Jacqueminot à Versailles, pour commander dix mille rations de pain.

– A qui ?

– Au préfet.

– Et ce b... -là ne les a pas envoyées ?

– Vous voyez bien que non, puisque je vais les chercher.

– Et vous m’assurez qu’elles ont été commandées ?

– Devant moi le colonel Jacqueminot est parti.

– Eh bien, monsieur, moi, le général Exelmans, je vous ordonne de faire fusiller le préfet.

Charras tira de sa poche un portefeuille et un crayon.

– Un mot d’écrit, général, et ce sera fait dans une heure.

– Mais, monsieur...

– Au crayon, cela me suffira.

– Mais, monsieur...

– Allons, dit Charras, je vois que le préfet de Versailles ne sera pas encore fusillé cette nuit.

– Mais, monsieur, réfléchissez à ce que vous me demandez.

– Moi, général, je ne vous demande rien, que de me laisser passer.

– Laissez passer monsieur, dit le général Exelmans.

Et il se recoucha sous son prunier. » En 1831, il était candidat à l’Ecole polytechnique. Il reçut sa médaille et son brevet le 26 mars 1833 ; il était alors élève à l’Ecole Daby… illisible. Officier de hussards, receveur des finances, receveur particulier à Louviers en 1845, il épousa, le 14 mai 1839 à Paris, Campion ou Lecampion, Nathalie, Rose, dont il eut un fils, Edmond, le 15 mars 1840, qui deviendra sous-lieutenant de cavalerie. Exelmans, Charles, Joachim mourut le 20 avril 1845 à Louviers (Eure). Son fils, le 16 avril 1907, à Paris. Il demeurait 94, place Beauvau en 1830 mais 94, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main ; rue de la Charte in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe ; 94, place Beauvau in Archives de Paris VK3 25 liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; 3, rue d’Angoulême-Saint-Honoré en 1831 ; 5, rue Godot-de-Moroy en 1845. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Gros, Napoléon ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement (sous le nom d’Excelmans, Charles, Joachim), idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet (sous le nom d’Excelmans, Charles, Joachim) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement (sous le nom d’Excelmans, Charles, Joachim) ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives nationales F/15/4240 ; Histoire populaire de la révolution de juillet, récit des combats qui eurent lieu sous le commandement du colonel Marchal pendant les trois journées, Marchal, Colonel, impr. de Mme de Lacombe (Paris), 1834, p. 69-71. Il y a dans Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, un Exelmans, qui appuya la demande de l’orpheline, Rossignol, dans sa demande, en 1836, que son mariage soit doté par la Ville de Paris, et dont, écrivait-il, le père avait été blessé sous ses yeux pendant l’expédition de Rambouillet.

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