Faglin, François

Biographie


Né vers 1804 à Crépy-en-Laonnois (Aisne), fils de Faglin, Pierre et de Oran, Jeanne son épouse. Serrurier-mécanicien chez M. Blot rue Mazarine. Il fut rencontré sortant, le 28 juillet vers midi, de la cour Batave, rue Saint-Denis, armé d’un fusil de munition, par Briand (voir Briand, Pierre), Ducis (voir Ducis, Maxime) et Coutin (voir Coutin, Henry). Il se réunit à eux et tous quatre prirent ensemble la rue Saint-Honoré puis se dirigèrent vers la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, où ils combattirent assez longuement contre les troupes royales. Ils allèrent ensuite, toujours réunis, sur la place des Victoires. Là, une fusillade s’engagea avec la troupe et ils furent dispersés les uns d’avec les autres et se perdirent de vue. Faglin fut sans doute tué dans cette fusillade et, en tout cas, ne fut jamais revu ni ne reparut à son domicile. Sa mère reçut, par l’intermédiaire d’un autre de ses fils, un secours de cent francs, le 3 novembre 1830, un secours de cent francs, le 14 mars 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (et pourtant un total de trois cents francs, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI etc.). Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Ce premier certificat permit d’établir sa disparition : « Nous, soussignés, certifions avoir fait rencontre de notre ami François Faglin, le 28 juillet vers mdi, sortant de la cour Batave, armé d’un fusil de munition, qui nous a accompagnés rue Saint-Honoré. Ayant dirigé nos pas rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, après un assez long combat, nous avons été forcés de nous retirer. Etant poursuivis nous avons été place des Victoires. Une fusillade s’étant engagée nous nous sommes dispersés les uns et les autres et ne nous sommes plus revus. » Signé, le 7 septembre 1830 : Briand (voir Briand, Pierre), demeurant 30, rue de la Vieille-Monnaie ; Ducis (voir Ducis, Maxime), demeurant 11, rue de la Savonnerie ; Coutin (voir Coutin, Henry), demeurant 27, rue de la Vieille-Monnaie. Le 15 septembre 1830, devant le commissaire de police du quartier des Lombards, comparurent : Couvin, épicier, demeurant 27, rue de la Vieille-Monnaie ; Canut, marchand de vin, demeurant 32, rue de la Vieille-Monnaie ; Guinée, marchand de beurre, demeurant 30, rue de la Vieille-Monnaie. Ils attestèrent avec Faglin, Isidore, que Faglin, François n’avait pas reparu à son domicile depuis le 28 juillet dernier. Le 20 septembre 1830, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Briand, Pierre (voir ce nom), épicier, demeurant 30, rue de la Vieille-Monnaie ; Ducis, Maxime (voir ce nom), plombier, demeurant 11, rue de la Savonnerie ; Coutin, Henry (voir ce nom), cordonnier, demeurant 27, rue de la Vieille-Monnaie. Ils attestèrent connaître parfaitement Faglin, François et « que le 28 juillet vers midi ils ont rencontré ledit François Faglin sortant de la cour Batave, rue Saint-Denis, qu’il était armé d’un fusil de munition et se réunit à eux pour s’opposer au massacre de ses concitoyens par la troupe qui faisait feu sur le peuple ; qu’ils prirent d’abord la rue Saint-Honoré et se dirigeant rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois après un assez long combat et poursuivis, ils se sont portés place des Victoires, toujours réunis. Mais, là, une fusillade s’étant engagée avec la troupe, ils se trouvèrent dispersés les uns des autres et ne se sont pas revus avec lui. Qu’il y a tout lieu de croire que ledit Faglin a été tué dans ce combat puisque depuis le 28 juillet il n’a pas reparu chez son frère, malgré leurs démarches et recherches. Ajoutent les déclarants qu’ils viennent d’apprendre que le frère dudit Faglin a reçu par la poste différents papiers dont son frère était porteur et qui lui ont été envoyés sans savoir par qui ». La Commission des récompenses nationales ayant perdu les pièces fournies par la famille de Faglin, le tribunal, le 27 octobre 1831, refusa de déclarer le décès de Faglin. La mère, Oran, Jeanne, né le 8 août 1768 à Ploërmel (Morbihan) (elle-même fille de Oran, Jean et de Guehené, Mathurine), veuve Faglin, ne put en conséquence faire valoir ses droits à une pension. La mairie de Ploërmel, en date du 1er mars 1831, lui avait délivré un certificat comme quoi son fils était son soutien, qu’elle était elle-même sans fortune et qu’elle avait « besoin de secours pour sa subsistance ». En novembre 1831, les pièces furent retrouvées par l’administration, sans que l’on sache quelle suite y fut donnée. Faglin, François était le frère de Faglin, Isidore, avec lequel il combattit. Il demeurait avec lui, 27, rue de la Vieille-Monnaie en 1830 ; sa mère, à Ploërmel en 1830-1831. Le nom de Faglin (F. Faglin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives de Paris VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessus de soixante ans, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831) ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (décès à constater est-il précisé) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/55 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 81, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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