Fallotte, Simon, François

Biographie


Né le 28 juin 1789 à Paris. Cloutier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Fallote, Simon, François sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il était l’un des décorés de Juillet signataires (il signe bien Falotte) de la lettre, rédigée le 27 juillet 1831, afin de faire obtenir la décoration de Juillet pour Mannÿ François, et ainsi rédigée : « Dans les journées mémorables du mois de juillet 1830, au moment où tout bon Français se présenta pour requérir une liberté due à la grande nation (sic), nous avons reconnu le zèle, le courage du sieur Mannÿ, François, ex-militaire, qui constamment au milieu de nous, depuis le faubourg Saint-Antoine, où il demeurait alors, nous a constamment suivis et fait ses efforts pour réaliser le grand œuvre des Français ; soit dans la journée du 27 juillet sur la place de Saint-Antoine et l’Hôtel de ville, la prise du pont d’Arcole, comme le 28 au Palais-Royal (sic), et la rue Saint-Honoré (sic) et le 29 à l’investissement (sic) du Louvre et château des Tuileries […]. » Si le désintéressement seul de Mannÿ, François l’avait empêché, selon ces décorés, de faire les démarches nécessaires devant la Commission des récompenses nationales, ils demandaient pour lui cette décoration que eux-mêmes portaient et dont ils le jugeaient digne. Il apostilla la demande de secours présentée en juillet 1831 par Vautrin, François, Casimir, en certifiant qu’il y avait bien identité entre lui et le nom du médaillé Vautrin, Louis, François. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Le 7 septembre 1831, conjointement avec Thiellement, Pierre, Louis (voir ce nom), Kreuder (voir Krender, Henri, Louis), Audille (voir Audille, Louis), Simon, dit capitaine la Blouse (voir Simon, Marie, Auguste, Simon), Bonnin (voir Bonnin, Jean-Baptiste), Vicini (voir Vicini, Joseph, Albert), Petit, Armand (voir ce nom), il adressait la lettre suivante à Laborde, député de Paris : « Nous avons appris avec plaisir que vous étiez chargé près la Chambre des députés du rapport concernant les combattants de Juillet qui se sont rendus dignes de la récompense nationale en donnant des preuves de leur attachement pour le maintien de nos droits de citoyens, en s’opposant par la force des armes au parti contraire. Nous, décorés de la croix de ces trois mémorables journées, reconnus pour tels par la Commission chargée de recueillir les belles actions, nous soussignés, vous supplions de prendre pour agréable les observations qui nous paraissent mériter votre attention. Il est de fait, monsieur, que la Commission a été induite en erreur, qu’il y a eu beaucoup de décorés qui ont été blessés en combattant, d’autres qui l’ont été qui n’étaient que spectateurs, sans être munis d’armes. Enfin, on peut le dire et l’assurer il en est de ces décorés qui étaient absents de la capitale et d’autres chez eux, etc. Il serait bien dur, monsieur, de voir de ces individus profiter des dons patriotiques tandis que des braves en seraient privés, surtout après avoir encouru sans désemparer les plus grands dangers ; il en est parmi les soussignés qui ont reçu de légères blessures, qui ont commandé pendant ces mémorables journées, d’autres qui se sont fait remarquer par leur intrépidité. Il serait bien dur, dis-je, de ne pas participer à ces récompenses. Les blessés ne sont pas les seuls qui se sont rendus dignes de cette récompense nationale. Ceux qui ont tenu jusqu’à ce que la tranquillité soit rétablie ne doivent-ils pas être autant considérés (sic). Les soussignés, monsieur, ont l’espoir que vous prendrez en considération leur justes observations, qu’indistinctement ces récompenses seront partagées à tous les décorés qui les ont méritées en défendant la charte constitutionnelle et nos droits de citoyens, observant de plus que pour secours nous n’avons reçu que les vingt-cinq francs qui ont été donnés le 27 juillet dernier. Veuillez, etc. P.S. Les signataires observent qu’ils sont pères de famille et qu’ils ont un besoin extrême de secours. » En 1849, ayant subi des pertes considérables dans son commerce, veuf, « accablé d’infirmités et de misère […], paralysé et tombé à la charge de sa fille, mère de plusieurs enfants, dont le mari, honnête ouvrier mécanicien, manque de travail depuis dix-neuf mois », il sollicita des secours. Il joignait à sa demande un certificat médical, signé par le docteur Leger, demeurant 49, rue Rambuteau, qui attestait que Fallotte souffrait d’une paralysie incurable et de deux hernies, et un certificat d’indigence délivré par le bureau de bienfaisance du (ancien) VIIe arrondissement. En 1849, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] C’est un ancien ouvrier cloutier, qui ne fait plus rien depuis trois ans. Extrêmement impotent, il a été reçu il y a six semaines à l’hôpital de la Pitié. Ce vieillard mérite l’attention de l’administration. » Il fut nommé pour un secours de soixante francs en 1849 mais ne se présenta pas pour les toucher. Il reçut un secours de soixante francs en 1850. Il demeurait 48, rue de la Roquette en 1831-1848 ; 1, rue des Blancs-Manteaux en 1848 ; 5, passage des Singes, entre les rues des Singes et Vieille-du-Temple, en 1849 ; 14, rue Brise-Miche, chez sa fille Mme Prévost en 1850. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Fallotte, Simon, François) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Many ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vautrin, François, Casimir ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40 et suivantes, idem minute 45, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 72, idem 19 juin 1850, Emploi d’une somme de 705 francs provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de juillet 1830, minute 118, idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126 ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Thiellement, Pierre, Louis.

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