Falquier, Nicolas, Marie
Biographie
Né le 1er novembre 1797 à Comblans (Savoie). Ancien sous-officier de hussards. Sans emploi en 1831, sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39, opticien en 1834, porcelainier vers 1840. Il reçut deux blessures, l’une à la tête et qui lui mit la cervelle à découvert, et l’autre à la cuisse droite (ou un coup de sabre à la main droite), pendant les combats. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans la cavalerie. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831. Il reçut, en tant que décoré non blessé et nécessiteux, un secours de vingt-cinq francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de cinq francs en 1834. En 1837, marié avec Carrette, Julie, Françoise, peintre sur porcelaine, sans travail, il sollicita un secours. Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de cinq francs et trente centimes en 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1839, le préfet de police rapportait sur son compte : « […] Marié, sans enfant. Il est depuis trois ans concierge avec cent cinquante francs de gages dans la maison qu’il habite rue de la Fontaine-au-Roi n° 1. Il est en outre ouvrier en porcelaine mais il y a six mois il a eu les pieds brûlés par l’effet d’une bouteille d’eau forte qui s’était cassée dans ses mains et il n’a pu durant trois mois se livrer à aucun travail. Sa femme aussi ayant été malade pendant longtemps il se trouve assure-t-on dans une position très gênée. Sa conduite est régulière et il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839. En 1840, « se trouvant depuis plusieurs années dans une position malheureuse […] son épouse continuellement malade, sans pouvoir travailler vu qu’il a manqué d’ouvrage pendant tout l’hiver dernier […] ayant été obligé d’engager tous ses effets et linge », devant deux termes de son loyer, « le suppliant étant toujours tout dévoué au roi et à son gouvernement, n’ayant jamais dévié d’une parfaite conduite et moralité », il sollicita un secours et reçut vingt-cinq francs. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, la police rapportait sur son compte : « […] A des infirmités qui l’empêchent de travailler. Il occupe avec sa femme, qui relève de maladie, une petite boutique d’épicerie et de mercerie. Il se trouve dans un état de gêne tel que le propriétaire est sur le point de le renvoyer faute de paiement de loyer. Cet individu jouit d’une assez bonne réputation. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844. En 1845, souffrant de maux de tête chroniques, du fait de sa blessure, l’odeur de l’essence de térébenthine lui étant insupportable, il était obligé de travailler comme homme de peine et était dans une situation très malheureuse ; il sollicita un secours et reçut vingt-cinq francs. Il reçut un secours de quarante francs en 1846. En 1847, journalier, gagnant deux francs ou deux francs cinquante par jour, manquant souvent d’ouvrage, sa femme toujours malade, il sollicita un secours. En janvier 1848, homme de peine mais souvent sans ouvrage, sa femme continuellement alitée, « ayant été forcé de tout vendre pour vivre, et ne possédant plus rien, sans bois et souvent sans pain dans cette saison rigoureuse », il sollicita un secours et reçut quarante francs. Il fut arrêté le 1er juillet 1848 suite à l’émeute de juin. En décembre 1848, il adressa une demande de secours, donnant les explications suivantes : « […] En février dernier, je n’ai pas été un des derniers à construire des barricades et faire le coup de feu [dans une demande de secours adressée en 1849, il écrivait ; “Moi depuis la révolution de 1830 j’ai jamais pris les armes contre les lois régnantes”, N.D.A]. Hélas ! j’ai attrapé une hernie en faisant au-dessus de mes forces. Cette hernie me gêne beaucoup. J’aimerais mieux avoir perdu un bras. J’aurais peut-être des secours au lieu que j’ai point fait des réclamations, j’ai le mal pour moi. Monsieur le ministre, comme moi je crois que vous avez vu arriver l’insurrection de juin avec peine, car sans doute, vous comme moi, vous déplorez les sort des nombreuses victimes qui ont succombé dans cette terrible affaire et celui des malheureux qui ont été arrêtés à ce sujet et qui gémissent dans les prisons. Eh bien ! Je me trouve du nombre des malheureux qui ont été arrêtés à ce sujet. Des misérables délateurs m’ont dénoncé comme ayant pris part dans cette terrible lutte. Moi je désire de tout mon cœur être appelé au conseil de guerre. Je n’aurai pas de peine à prouver mon innocence. Mais hélas il n’est pas moins vrai que voilà six mois que je suis en prévention et traîné de prison en prison […] et moi innocent de tout ce que l’on peut m’accuser, sans le secours de mon épouse je serais mort dans une affreuse prison. Ma pauvre femme a tout sacrifié pour me soulager dans ma triste position dans laquelle je me suis trouvé depuis le 1er juillet dernier. Monsieur le ministre, il est bien pénible pour moi d’être obligé de demander des secours, moi qui n’ai jamais rien demandé à personne, moi en juillet 1830 qui ai refusé cinq cents francs pour récompense nationale. J’ai répondu à M. Guinard, président de la Commission des récompenses nationales de la VIe légion de Paris, que j’avais pas besoin d’argent, que ce que j’avais fait pour mon pays c’était pour le bien de la patrie et non pour en retirer un tribut. Hélas ! monsieur le ministre, depuis dix-huit années les choses ont bien changé. J’ai tout perdu mon petit patrimoine dans le commerce. Il ne me reste plus rien que mon travail pour vivre moi et mon épouse. Vu la stagnation du commerce depuis le 1er janvier 1848, j’ai pas gagné cinq francs. La Révolution de Février a mis le comble à la misère de l’ouvrier. Du fait de ma position, monsieur le ministre, sous le règne déchu, j’ai souvent reçu un petit secours au commencement du mois de janvier. J’ose donc solliciter, monsieur le ministre, de vouloir bien poser la main sur votre cœur. J’espère qu’il battra aux justes plaintes d’un malheureux détenu innocent. Mon épouse n’a plus rien du tout, ni drap dans son lit ni couverture pour se garantir du froid. Les propriétaires sont inexorables envers les malheureux. Il a donné congé à mon épouse parce qu’elle doit deux termes. Si elle ne lui donne pas d’argent le 1er janvier, le 8 elle sera mise à la porte avec rien et où aller dans cette saison ? Enfin je la vois réduite cette pauvre femme malheureuse dans la plus affreuse misère. J’ose donc vous prier, monsieur le ministre, que votre grande bonté daignera prendre en considération une malheureuse femme qui a tout sacrifié pour soulager son mari. Ce n’est pas pour moi que je parle, j’ai toujours du pain ; mais ma femme manque de tout, point d’habillement, point de chaussures […]. » Il fut condamné, le 23 février 1849, à cinq ans de prison par le conseil de guerre. En 1849, il renouvelait la demande de secours en faveur de son épouse, depuis le Val-de-Grâce (mais la police le dit inconnu dans cet hôpital). En 1850, la police le dit emprisonné à Sainte-Pélagie, sa femme « dans une position très précaire », venant de recevoir son congé par son propriétaire parce que devant plusieurs termes et tenant une « bonne conduite ». Il demeurait 102, rue Saint-Martin (mais 101, rue Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives nationales F/1dIII/33) en 1831 ; 12, rue du Temple en 1834 ; 1, rue de la Fontaine-au-Roi, où il était concierge, en 1836-1839 ; 6, rue de Chartres au hameau Saint-Ange à La Chapelle-Saint-Denis en 1840 ; 17, rue de Chabrol à La Chapelle en 1843 ; 49, Maison-Blanche à Gentilly en 1845 ; 45, rue des Amandiers à Belleville en 1847-1848 ; son épouse 3, rue Maison-Neuve ou 3, passage des Rosiers maison neuve à Ménilmontant ou à Belleville en 1849 ; 22, bd des Amandiers en 1849-1850. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Noms des décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, Année 1837, Etat des décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui sont venus se faire inscrire pour participer s’il y a lieu à la gratification qui pourrait être accordée à l’occasion des fêtes de Juillet, Etat émargé (1837) par les décorés de Juillet du (ancien) VIe arrondissement qui ont participé à la gratification accordée par M. le ministre de l’Intérieur à l’occasion des fêtes anniversaires de 1830 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, I correspondance du préfet, enquêtes, liste nominative de MM. les décorés de Juillet non pensionnés entre lesquels ont été répartis les trois cent soixante-quatorze francs et quatre-vingt-dix centimes attribués au (ancien) VIe arrondissement par la lettre de M. le préfet de la Seine du 30 juillet 1834, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, idem Souscription nationale, secours accordés à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet aux décorés de la croix ou de la médaille, non blessés et nécessiteux, lettre de M. le préfet du 25 juillet 1831 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Falquier, Nicolas) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104 ; Base de données des inculpés de l’insurrection de juin 1848 par l’université de Bourgogne.